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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 16:15

Spéculer en bourse à l'aide du cycle électoral : jouer les milieux de mandats dontre les deux extrémités

 

 

 

Résumé : En limitant les investissements boursiers à certaines périodes,  notamment les milieux de mandats, nous pouvons obtenir une amélioration des performances boursières. Dans nos positions jouant la hausse en milieu de mandat , notre étude montre que de 1981 à 2008 (date de la fin de l'étude) un investissement en europe bloqué sur 5 ans ( type PEA ) aurait été systématiquement plus rentable au moment du débloquage que la performance des indices moyens. 

 

 

            La faillite d’un tiers des « hedges founds »(fonds spéculatifs) en 2008, un taux de faillite de 50% en  2009, a rappelé aux amateurs de la « bourse casino », à quel point les arbitrages sont choses risquées.

        Pourtant, il existe une possibilité d’anticipation encore assez méconnue basée sur l’existence d’un cycle électoral à l’oeuvre dans la plus part des économies : les places financières sont en général au plus haut en milieu de mandat, et au contraire au plus bas dans les mois qui entourent les échéances électorales.

        Attestée par une analyse portant sur plus de 50 années et étendue à 23 pays, cette étude pratique n’a d’autre ambition que d’ouvrir une perspective, perspective qui possède également ses limites, mais qui pourra donner lieu à de nombreux approfondissements dont nous évoquerons deux pistes.

 

 

 

             1. La méthode.

 

 

        Le graphique 1 en fin d'étude nous montre l’évolution des cours de la bourse en glissement sur un an pour 23 pays de l’OCDE de 1957 à 2008. Nous suivons les évolutions du premier trimestre qui suit les élections (noté 1-1) au quatrième trimestre de la quatrième année (noté 4-4). Ce trimestre correspondra, dans nombre de pays, à la tenue de nouvelles élections. Nous observons que les cours de la bourse sont au plus haut en milieu de mandat, alors qu’est anticipée la reprise préélectorale du PIB qui aura lieu traditionnellement en fin de mandat. Par contre à proximité directe des élections, les anticipations sont assez négatives, les marchés anticipant déjà le fréquent déclin de la croissance économique en début de mandat suivant. C’est en effet après les élections que les gouvernements choisissent généralement de mettre en œuvre des politiques de lutte contre l’inflation ce qui dégradent à court terme la conjoncture.

Nous décidons à partir de ce graphique de prendre trois positions spéculatives :

-    La position « hausse milieu » consiste à anticiper une hausse de la bourse du troisième trimestre de la deuxième année (noté 2-3) au deuxième trimestre de la troisième année (noté 3-2).

-    La position « baisse extrémité » consiste à anticiper un déclin des cours dans l’environnement direct des élections de 4-3 à 1-2.

-    La position « large milieu » parie sur une hausse de la bourse sur l’ensemble du mandat (de 1-4 à 4-1) sauf aux extrémités, les trois premiers et trois derniers trimestres étant donc exceptés. On réduit les risques en prenant position sur 8 trimestres  alors que les deux cas précédents ne le faisaient que sur 4.

 

 

 

               2.  Résultats.

 

 

 

        Le tableau 1 nous montre année par année de 1957 à 2008 les résultats de nos différentes positions.

 

         Nous avons d’abord dans les deux premières colonnes, l’évolution moyenne des cours pour les 23 pays de l’OCDE de notre étude (noté Bourse 23) et de façon plus restreinte pour  les12 pays appartenants à présent à la zone Euro (noté Euro). En se limitant à la zone Euro, on évite le risque de change. Certes, avant 1997 cette distinction n’avait guère de sens, mais une certaine stabilité des changes existait déjà à travers le Système Monétaire Européen. Ces évolutions boursières par zone sont non pondérées, chaque pays a une égale importance dans le calcul de la moyenne.

        Les troisième et quatrième colonnes donnent a nouveau ces évolutions, mais cette fois en terme réel, c'est-à-dire déduction faîte de l’inflation. On perçoit alors une hausse quasi ininterrompue des cours depuis 1983, alors que les années 70 ont constituées une période d’érosion durable.

 

        L’ensemble des colonnes suivantes rendront compte d’évolutions différentielles : on calcule la différence entre la position qu’on à choisie et l’évolution de l’ensemble des bourses. Ainsi, un chiffre négatif indique une moindre performance par rapport aux évolutions moyennes ce qui peut constituer un échec (positions « hausse milieu » ou « milieu large ») ou un succès (position « baisse extrémité »).

Les colonnes quatre et cinq livrent les résultats de nos positions « hausse milieu ». Nous observons les limites de cette position lorsque les cours chutent, notamment durant les années 70. A cette époque des signes négatifs apparaissants, nos placements ciblés électoralement auraient été moins performants que des placements indifférenciés. Par contre depuis les années 80, cette stratégie s’avére intéressante ainsi qu’en atteste le grand nombre de signes positifs, particulièrement pour la zone Euro.

        Les sixième et septième colonnes nous livrent les résultats d’une présence boursière large sur 10 trimestres, dite « large milieu » dont nous avons indiqué qu’elle avait comme objectif de réduire les risques. En effet si la période basse du cycle se produit assez régulièrement aux extrémités des mandats, la période haute peut se produire dés le début de la seconde année ou n’intervenir qu’à la fin de la troisième. L’objectif de diminution des risques est atteint car l’examen des résultats année par année laisse en effet apparaître plus souvent des signes positifs que lorsque la position était limitée à 4 trimestres. Cette baisse du risque se paye comme souvent en bourse par une moindre rentabilité à long terme ainsi qu’en atteste la performance moyenne donnée en dernière ligne, notablement inférieures à celles enregistrées lorsque les prises de positions sont limitées au seul 4 trimestres de milieu de mandat.

        Les deux dernières colonnes rendent compte de nos positions baissières à l’extrémité des mandats, appelées « baisse extrémité ». Là encore, on observe que les prévisions sont infirmées en cas de baisse de la bourse. Cela est particulièrement vérifié durant les années 70 où confronté à la hausse du chômage beaucoup de gouvernements choisiront d’inverser leur politique traditionnelle en débutant leur mandat par une politique de relance, et non par une de refroidissement, plus adaptée elle à la lutte contre l’inflation. Cette inversion des politiques économiques entraînera logiquement une inversion du cycle électoral boursier.

 

 

 

             3.  Approfondissements.

 

 

           Deux méthodes peuvent être utilisées pour améliorer les résultats :

 

  • ·        La première consiste à tirer les conséquences d’un constat souvent établi précédemment : nos positions s’avéraient inopportunes en cas de baisse en terme réel de la bourse. Certes, l’idéal serait de pouvoir prévoir ce que seront les cours de la nouvelle année. Mais la prévision étant un art difficile, on se contentera dans nos arbitrages de tirer parti du fait que les années baissières comme les haussières ont tendance à se succéder.  Ainsi, on ne prend à présent position qu’à condition que l’année précédente fût haussière. Le tableau 2 nous indique qu’on parvient ainsi à éviter les erreurs commises précédemment durant les années 70. Cette méthode qui oblige à s’abstenir d’intervention boursière certaines années, d’où de nombreuses cases vides, permet d’améliorer assez sensiblement les résultats ainsi que le montre les performances moyennes indiquées en bas de tableau.

 

  • ·        Notre seconde méthode consiste à nous défaire de nos positions qu’au terme de 5 années, dans le cadre par exemple d’un PEA. Les mauvaises surprises d’une année, peuvent être compensées par les bonnes des autres. Il s’agit en quelque sorte du calcul d’une moyenne mobile sur 5 ans. Le tableau 3 nous indique ainsi que la position la plus sure, n’investir que dans la zone euro et sur 10 trimestres (milieu large), est également la plus régulièrement performante depuis 1981. Même au 31 décembre 2008, le PEA ouvert le 1er  janvier 2004 accuserai un surcroît annuel moyen de 3.82 % par rapport à un placement boursier classique. Sur les 27 dernières années, on enregistre 27 années de succès, peu de placements peuvent s’enorgueillir d’une telle performance. Il est vrai qu’elle est à relativiser si on prend la situation plus difficile des années 70. Cependant, on peut faire valoir que les marchés et les régulations évoluant, la prise en compte des années récentes est plus importante que celles de décennies reculées.

 

 

                     Conclusion

 

 

         Nous avons tenu a tester notre méthode sur une longue période historique de 53 années.

Certes en faisant intervenir la période difficile que fut pour les marchés la décennie 70, on limitait la portée de notre méthode dont les résultats sont surtout positifs dans le contexte globalement haussier des 27 dernières années.

         Etudier des phénomènes financiers sur 53 ans peut paraître surprenant tant les mécanismes et contextes évoluent. Cependant,  la prise d’un certains recul au travers d’une mise en perspective historique, aurait peut-être permis aux propriétaires de « hedge-funds » trop confiants dans des modèles mathématiques sophistiqués d’éviter certaines erreurs, plus d’histoire, moins de mathématiques…telle est peut être pour les traders la leçon pour de la crise présente.

 

 

                  Méthode

 

     Les pays aux mandats législatifs de 5 années (Canada, France, Irlande, Italie, Luxembourg, R.U.) voient leurs six derniers trimestres considérés comme l’extrémité finale du mandat et non les seuls deux derniers.

      Les Etats-unis constituent le seul pays pour lequel ce sont les élections présidentielles et non législatives, qui sont prises en compte.

Les élections anticipées ne sont pas prise en compte, sauf pour celles intervenant au cours de la quatrième année pour les pays aux mandats de cinq ans.

Les pays dont les mandats sont de 3 ans (Australie, Nouvelle-zélande, Suède de la période 1970-94) ont une période ‘milieu large’ qui ne dure que 4 trimestres et non 8.

 

Statistiques : O.C.D.E. et O.N.U.

 

 

 

 

AT 1

 

 

AT 2

 

 

AT 3

 

 

AT 4

 

 

 

                        Christian Guy

Docteur en Sciences économiques

Agrégé de Sciences sociales

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 11:52

 

 

Anticipations et élections :

Les élections influencent-elles les anticipations et les comportements des agents économiques ?

                                                 

 

     Résumé  :

              Les inversions de conjoncture sont en partie liées au calendrier électoral. Les ménages surestiment la conjoncture à venir lorsque la gauche parvient au pouvoir, les entrepreneurs dans une moindre mesure se montrent plus confiant lorsqu’il s’agit de la droite.

     Ainsi, tout comme on désaisonnalise les enquêtes de conjonctures, il conviendrait de les « dépolitiser ».

      Par contre, les effets réels de l’euphorie préélectoral, ou de l’état de grâce suivant, n’existent que pour la consommation des ménages et ce de façon très ténue.

 

 

 

            La France s'apprête à connaître une élection majeure en 2007. On peut se demander  si le climat préélectoral, puis l’état de grâce qui s’observe dans les mois suivants la prise de fonction d’un nouveau président, n’auraient pas des impacts psychologiques favorables à la croissance.

       En effet, en plus des mécanismes biens réels de relance mis en place à l’occasion des élections, on peut se demander si une certaine euphorie n’apparaîtrait pas à l’approche des élections, alors que tout  semble « devenir possible » pour reprendre un slogan de cette campagne, euphorie se poursuivant par l’état de grâce « tout nouveau, tout beau » et les effets d’annonces de mesures prises par le nouveau pouvoir en place.

Ainsi, le cycle électoral pourrait rester une réalité économique car le déclin des marges d’actions des gouvernements, serait compensé, fût-ce partiellement,  par le maintien des effets psychologiques.

       Nous établirons tout d’abord dans une première partie que les retournements de conjonctures suivent assez fidèlement le cycle électoral.

Notre seconde partie soulignera que les ménages deviennent plus optimistes à l’occasion des élections et lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir. Nous verrons que ce phénomène, de façon moins marquée, peut s’observer pour les entreprises lorsque la droite est au pouvoir

      Notre troisième partie démontrera à l’aide d’une fonction d’investissement pour les entreprises et d’une de consommation pour les ménages, que les effets réels de ses évolutions d’anticipations sont trop momentanés pour avoir de réels impacts.

 

 

 

 

 

     1.  Cycle électoral et retournement de conjoncture.

 

 

 

        L’OCDE en 2002 (OCDE 2002) a publié une étude portant sur 22 pays depuis 1960 où sont distingués les « points de retournements » : des points bas et hauts  établis à partir de l’indice mensuel de la production industrielle et du PIB en valeur trimestrielles.

Nous avons repris la synthèse trimestrielle de cette étude pour 20 pays, au travers du tableau 1. Nous avons réparti ces points bas et hauts en fonction de la chronologie électorale.

         Une mandature comprend en général 4 années, soit au total 16 trimestres : 1-1 signifie le premier trimestre suivant les élections, 4-4 est le dernier trimestre de la quatrième année, il prend en compte plusieurs trimestres lorsqu’il s’agit d’un mandat de 5 ans.

Nous constatons que les statistiques ne sont pas distribuées de façon uniforme.

        La droite commence ses mandats par des politiques de refroidissement, surtout lorsqu’elle succède à la gauche : ainsi 15% des premiers trimestres de sa deuxième année de pouvoir constitue un point bas de la conjoncture. En cas de reconduction, les points bas sont plus tardifs, la politique de refroidissement étant moins vigoureuse.

Inversement la gauche, surtout lorsqu’elle accède au pouvoir, entame ses mandats par des politiques de relance. Le premier trimestre de la seconde année constitue dans 12,82% des cas un point haut. En cas de reconduction le nombre de points hauts est le même que celui de points bas, soit 13,63%.

       Ainsi, les retournements ont généralement lieu en cours de mandat, pour l’essentiel au début des deuxièmes et quatrièmes années. Ils sont plus rares dans la phase d’euphorie du trimestre de l’élection (4-4) ou dans celui de l'état de grâce et des effets d’annonce du pouvoir (1-1).

       Cela nous amène dès à présent à relativiser la portée concrète ou immédiate des impacts psychologiques.

      On observe donc un paradoxe : l’existence de points de retournement en fonction du cycle électoral souligne qu’il n’est pas irrationnel de prendre la chronologie politique  pour prévoir l’avenir. Donc les ménages ont raisons de prévoir une relance lorsque la gauche accède au pouvoir, une récession dans le cas de la droite, mais ils ont tendance à surestimer l’immédiateté de l’impact car il faut prendre en compte les délais d’ajustement de plusieurs mois.

 

 

 

 

    2. Mesure de l’impact psychologique.

 

    A)  Méthode

 

 

        Afin de mesurer les changements psychologiques qui s’établissent à l’occasion des élections, nous avons repris les enquêtes de conjonctures auprès des entreprises et des ménages  (OCDE 2007).

      Ces enquêtes de conjonctures ont pour objectif de prévoir des évolutions à venir. C’est pourquoi nous procédons à une régression de ces indicateurs de confiance sur l’indice de la production industrielle avancé d’un trimestre. Au-delà, la justesse de leurs prévisions est moins bonne, pour l’investissement nous pouvons cependant porter le décalage à deux trimestres.

      Les premières régressions effectuées sans apports de variables politiques (tableaux 2) nous montrent que les anticipations des entreprises sont meilleures que celles des ménages. Les régressions de leurs anticipations sur les résultas effectifs ont de bons R2. Cela est aisément compréhensible du fait de leur niveau d’information économique.

 

      Nous introduisons à présent les variables politiques. Nous cherchons à établir si les enquêtes de conjoncture ne surestiment  pas (valeur positive des dummies politiques) ou sous-estiment pas (valeur négative des dummies politiques) les évolutions avenir. Les régressions sont effectuées sur 1000 à 1600 individus selon l’indicateur, soit pour des mandats moyens de 16 trimestres, un échantillonnage compris entre 85 et 100 mandatures, ce qui permet de donner une certaine significativité à notre étude. A l’évolution chronologique allant du premier trimestre du mandat (1-1) au dernier (4-4) du premier tableau,  nous avons ajouté de façon apparente les distinctions politiques : D pour droite, G pour gauche. Nous distinguons également sommairement les numéros d’ordre des mandats : A pour alternance (il s’agit du premier mandat d’une majorité), R pour reconduction (majorité ayant déjà effectué un premier mandat). La dummy ‘4-4 élection’ prend la valeur « 1 » chaque fois qu’une élection est survenue à son terme légal.

 

               Nous avons procédé à deux types de régressions :

-         Une régression complète avec des valeurs retardées de l’indice de la production industrielle nationale s’échelonnant sur les quatre trimestres (indu pro t-1, t-2, t-3, t-4), la moyenne pour l’Europe (la lettre E apparaît alors) et celle de l’ensemble de l’OCDE  ou du G7 (ces mentions apparaissent alors à coté de la donnée).

-          Une régression simplifiée où seule apparaît la variable que l’on cherche à prévoir, qu’il s’agisses de  l’indice de la production industrielle avancée d’un trimestre (pro indu t+1) ou de l’évolution de l’investissement avancé de deux trimestres (inv. pro T+1). Ces versions simplifiées permettent de mettre davantage en lumière les ‘dummies’ politiques, qui perdent de la significativité lorsqu’on introduit des variables économiques retardées.

 

    

 

   B)  Résultats.

 

 

       Les tableaux 3-A et 4-A  nous donnent  la capacité des entreprises et des ménages à prévoir l’indice de la production industrielle. Deux autres tableaux livrent la capacité des agents à prévoir des évolutions qui leur sont propres : l’investissement pour les entreprises (3-B), la consommation pour les ménages (4-B). Plusieurs enseignements apparaissent à l’issu de la comparaison de ces statistiques:

-Les ménages sont gagnés par l’optimisme préélectoral quelque soit la majorité se représentant (4-4 élect.), alors que les entreprises se montrent plus sélectives, limitant leur optimisme au cas où la droite reconduite se présente à nouveau (DR 4-4 élect.).

- Les ménages semblent être gagnés par un pessimisme durable lorsque la droite accède au pouvoir (DA 1-1, 1-2, 1-3…) alors que les entreprises sont gagnées  par un doute plus fugace lorsqu’il s’agit de la gauche (GA 1-2). 

Soulignons qu’il existe un certain effet d’apprentissage car ces erreurs d’anticipation sont moins présentes à l’occasion des reconductions, les dummies politiques accompagnées d’un R pour reconduction sont beaucoup plus rares dans les tableaux. Les entreprises se font alors moins d’illusion sur la droite et les ménages sur la gauche.

On peut cependant faire apparaître des différences assez durables lorsqu’on soustrait l’indice de confiance des ménages à celui des entreprises, un solde positif indiquant un optimisme plus fort chez les entreprises. Dans le tableau 5, on voit apparaître de façon positive, ce qui est exceptionnel dans notre étude, la dummy « droite » qui est de valeur 1 sur l’ensemble des mandats de droite. Cela concrétise  la dilection des entreprises à son endroit, ou inversement celle des ménages vis-à-vis de la gauche. Les ménages, sensibles à l’arrivée de la gauche au pouvoir (GA 1-1) se montrent plus pessimistes lorsque la gauche reconduite procède à des politiques de refroidissement en début de mandat (GR 1-4, 2-1,2-2).

 

       Le problème des anticipations a été approfondi en économie dans sa relation avec l’inflation. Le fait d’anticiper une reprise de l’inflation pourrait favoriser celle-ci. On peut considérer que la crédibilité des différents partis est différente en la matière, et que la gauche souffre là dessus d’un handicap.

      Les entreprises ne se laissent pas perturber par les considérations politiques (Tableau 5-A). Leurs anticipations sont particulièrement bien corrélées aux évolutions de l’inflation du trimestre suivant.

     Les ménages cumulent « à priori » politique et « rigidité économique » dans leur anticipation de l’inflation. Lorsque la droite accède au pouvoir, ils prévoient plus rapidement que les entreprises, dés le second trimestre ; un déclin de l’inflation… (Tableau 6–B). Mais quand celle-ci décline effectivement, en général lorsque la droite est reconduite, ils continuent à l’estimer élevée (tableau 5-B)

     Dans le Tableau 7, on régresse l’indicateur de confiance des ménages sur un certains nombre de variables économiques et politiques. Il est décomposé en deux parties, distinguant la période 1960/89 et la période 1990/2007. On observe que les R2 ajustés sont sensiblement proches, et que chaque fois les variables politiques  sont présentes. On ne peut donc conclure à une plus grande rationalité des ménages, en tous cas dans leur aptitude à ne pas laisser troubler leur rationalité par des considérations politiques.

 

 3) Réalité des impacts des anticipations.

 

              Notre seconde partie a permis de souligner qu’il existait bien un optimisme plus grand autour des échéances électorales. Mais il nous reste à mesurer si ménages ou entreprises concrétisent cet optimisme par plus de consommation ou d’investissement.

             Le tableau 8 établit des fonctions d’investissement et de consommation à partir des valeurs retardées de ces statistiques nationales (notées Variable), européennes (notées E) ou agrégées au niveau du G7 (notées G7). Ces fonctions sont certes assez rudimentaires, mais ont atteint tout de même des R2 ajustés de 0.59 (fonction d’investissement) et de 0.77 (fonction de consommation).

            Nous constatons à nouveau que les entreprises se montrent beaucoup moins sensibles aux variables politiques. Tout au plus peut-on avec prudence observer un sur -investissement lorsqu’au terme d’un mandat d’alternance de droite, revient l’optimisme après des débuts souvent restrictifs (DA 4-4). On peut aussi déceler une tendance à une reprise de l’investissement une fois que la gauche accédant au pouvoir a développé la panoplie de ses mesures de relance (GA 1-3).

             Les ménages se montrent sensibles aux états de grâce, que l’on observe lorsque la gauche accède au pourvoir (GA1-1) et même lorsque la droite est reconduite (DR 1-1), celle-ci fraîchement réélue annonçant souvent moins des mesures restrictives que lors des alternances.

             Mais, globalement les « student » sont faibles, les variables politiques peu nombreuses. On peut donc douter de la portée effective des changements d’anticipation, qui étaient d’ailleurs dans les tableaux précédents trop ponctuels, limités à un seul trimestre pour avoir des effets réellement durables…Voila qui ne risque pas d’inciter à l’optimisme les responsables politiques qui, en mal d’argumentation, placent leur espoir dans le simple changement d’état d’esprit que provoquerait leur élection…

 

 

 

 


         Conclusion

 

 

       Confirmant un présupposé largement répandu, nous avons établi que les entreprises formulent de meilleures anticipations que les ménages, elles se montrent moins sensibles aux variables politiques. Elles ont cependant une tendance à préférer la droite, et peuvent à l’occasion se laisser gagner par l’optimisme préélectorale. Réalistes, elles semblent même répondre au désir de relance de la gauche, une fois deux trimestres de méfiance passés. Les ménages ont inversement une dilection pour la gauche.  En plus des périodes préélectorales, ils sont assez sensibles aux états de grâce post-électoraux. Cet optimisme, dépassant le seul impact psychologique, peut se concrétiser par une hausse de la consommation.

      Que ce soit pour les entreprises ou les ménages, chaque fois un effet d’apprentissage apparaît, les majorités reconduites sont beaucoup moins victimes ou bénéficiaires des à priori.

       Les ménages font preuve d’une certaine rigidité dans leurs anticipations inflationnistes lorsque la droite est reconduite alors que l’inflation a été largement maîtrisée. Malgré leur préférence pour la droite, les entreprises sont plus réalistes dans leurs anticipations de l’inflation lorsque la droite parvient au pouvoir, alors que les ménages font immédiatement crédit à la droite d’une réduction de l’inflation…non encore effective.

       Notre étude a montré qu’il existait quelques biais politiques dans les enquêtes de conjonctures. Tout comme on désaisonnalise des séries statistiques, il conviendrait de dépolitiser les enquêtes de conjonctures…

 

      Dans une étude précédente, nous observions qu’au déclin des cycles nationaux répondait la montée en puissance du cycle électoral européen. Observons à présent que si nombre d’évolutions à l’œuvre réduisent les marges de manoeuvre des gouvernements, le cycle électoral pourra perdurer du fait du maintien, fût-il faible, de son impact psychologique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Abréviations:

 

Droite….droite politique

4-4 élection…trimestre de l’élection.

1-1……..premier trimestre de la première année d’un mandat

3-2……. deuxième trimestre de la troisième année d’un mandat.

D, G …..Droite, Gauche,

A, R ……mandat d’alternance, mandature reconduite.

DA2-3….troisième trimestre d’une seconde année d’une majorité de droite venant d’accéder au pouvoir.

GR 4-4….quatrième trimestre de la quatrième année (trimestre de l’élection) d’une majorité de gauche qui  avait été reconduite.

Ména, indu…indicateur de confiance des ménages, des entreprises.

Indu-ménage….solde des indicateur de confiance, de prévision d’inflation, industriels moins ménages.

Pd indu pro…..indice de la production industrielle en progression annuelle,  moyenne trimestrielle.

Conso pro…..évolution de la consommation privée en progression annuelle,  moyenne trimestrielle.

Inv. pro…….. Évolution de l’investissement en progression annuelle,  moyenne trimestrielle.

Coéf……..coefficient de corrélation linéaire.

Stud…….. student

 

Ressources

 

Statistiques diffusées par l’OCDE dans son portail statistique, valeurs trimestrielles en progression sur 1 an, sauf pour les prévisions de l’inflation où  il s’agit de la balance.

Selon les pays, les enquêtes de conjoncture sont disponibles pour des dates différentes. Nous donnons successivement les dates de début de l’enquête auprès des entreprises, puis auprès des ménages  : Allemagne ( 86,74), Australie ( 67,96) , Autriche ( 86,96) ,  Belgique ( 86 , 95), Canada ( 93,91) , Espagne ( 88,87) , Etats-Unis ( 51,74), France (86,74) , Grèce ( 86,86) , Irlande ( 86,75) Italie ( 85,74) , Japon ( 75,83) , Luxembourg ( 86,03) , Nouvelle-Zélande ( 62,79) , Portugal ( 88,87) , Royaume-Uni ( 86,74) , Suède ( 96,96) , Suisse ( 67,74).

Pour les anticipations d’inflation, elles ne sont données que pour les pays européens, avec démarrage en 1985.

 

 

 

Méthodes :

 

Régressions linéaires par panel sur des variables trimestrielles procédure de sélection automatique des variables auxiliaires par la méthode ‘stepwise’ du logiciel ‘statlab’

Seuls les mandats législatifs, à l’exception des Etats-Unis pour lesquels il s’agit du mandat présidentiel, sont pris en compte. Les mandats de 4 ans sont décomposés en 16 trimestres. Pour les pays ayant, à présent (Australie, Nouvelle-zélande) ou dans le passé (Suède 1970/1994) des mandats de 3 ans, les douze trimestres sont répartis sur 16 unités, les premiers de chaque année comptant double. Pour les pays ayant des mandats de 5 années, les cinq derniers sont compris dans le dernier trimestre noté « 4-4 ». Alors que la variable 4-4 prend en compte toutes les fins de mandats, parfois plusieurs trimestres dans le cas de mandat supérieur à 16 trimestres, la variable « 4-4 élection » ne prend en compte que les trimestres où surviennent des élections. Les élections anticipées ne sont pas prises en compte.

Etude portant su 19 pays de l’OCDE, sur un champs chronologiques allant du premier trimestre de 1960 au deuxième de 2007 selon les disponibilités statistiques.

 

Sources statistiques :

 

  OCDE : portail statistique.

 

 

 

Bibliographie :

 

 

Alésina A ; N Roubini 1992  « Political cycles in OECD economies ». Review of economic studies. 

Drazen, A. 2000 “ The political business cycle   after 25 years “ National bureau of Economic Research Macroeconomic" Annual 2000.

Fair R 1996 « econometrics  and presidential election » Journal of economic perspective 10.

Frey B. F. Schneider 1978 «  An empirical study of politico-economic interaction in the united states »  The review of economics and statistics.60.

Hibbs D. 1977 “Political Parities and Macroeconomic Policy” American Political Science Review, 71 .

Hibbs D. 1994 «  The partisan model of macroeconomic cycles : more theory and evidence for the united states . Economic and politics 6.

Nordhauss William D. 1975 “The political business cycle” Review of economic studies 42 (2)

OCDE 2002. Composite Leading Indicators for Major OECD member economies.

OCDE 2004. Composite Leading Indicators for Major OECD non-member Economies and recently new OECD member countries

 

 

tab 1

 

 

tab 2

 

tab 3

 

 

T 3 B

 

 

Tab 4

 

 

T 4 b

 

 

T 5

 

T 6

 

 

T 7

T 8

             

 

 

 

                                                   Christian Guy

                                   Docteur en Sciences économiques

                                  Agrégé de sciences sociales

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 17:53

Existe-t-il un cycle électoral des accidents de la route ?   

 

Radars : laxisme avant les élections, sévérité après....

 

 

                   L'actuelle polémique sur les radars rapelle que les décisions politiques se prennent rarement au hasard.....surtout à l'approche des élections . A la traditionnelle, feue ? , amnistie des PV, s'ajoute la plus actuelle polémique sur les radars......  il est clair que les accicents de la route, et leur plus funeste conséquence que sont les déces, suivent une périodicité rythmée par les élections....Exemple à l'aide du cas américain...

        Au delà,  avons ces derniers mois présenté nombre de prévisions économiques et financières à l’aide du cycle électoral.

       Nous souhaitons icisouligner que d’autres domaines sont sensibles à des variations régulières de nature politique.

 

 

 usa accident

 

 

        Ces statistiques des décès montrent une régularité : les accidents sont au plus bas généralement en milieu de mandat alors que la croissance est faible et que le pouvoir à pris des mesures répressives dans le domaine routier.

          Inversement, en fin de mandat la croissance et donc l’activité (transport de marchandise, trajet pour l’emploi retrouvé ou les loisirs à nouveau finançable) sont en augmentation. On peut également considérer qu’un effet euphorisant de la reprise incite à un certain relâchement dans la discipline, la France l’a connu à l’été 1998 après la victoire à la coupe du monde de football. De plus  à quelques mois des élections, il devient électoralement inapproprié de prendre des mesures restrictives, les évolutions sur le permis à point en France en ce début d’année 2011 le rappellent.

          Il existe des exceptions tell les alternances démocrates, qui surviennent après de sévère récession : la reprise de l’activité s’accompagne alors d’une hausse des accidents meurtriers.

 

 

            Que prévoir pour les trimestres à venir ?

 

 

 

        La reprise économique pour la fin de mandat devrait être malheureusement l’occasion d’un redémarrage des sinistres automobiles. Les années 2013 où 2014, début d’un second mandat éventuel des démocrates, pourrait présenter outre atlantique une sinistralité assez importante. Une alternance de Droite en déprimant l’activité inverserait cette prévision....

          Ces raisonnements sont à  transposables à la France, les mois à venir risquent d'être assez négatifs, et ceux d'autant que la Droite au pouvoir en France à une clientelle électorale d'indépendants et de commerciaux, forts utilisateurs d'automobiles, qu'il s'agit de ne pas inquièter professionnellement en risquant, avec le permis à point, de leur faire perdre leur instrument de travail.....si les victimes potentielles de l'écatombe routière ne voterons plus, les bénéficaire de cet élargissement si....

                                           

                        

 

                                           Christian Guy -  Mai 2011

                                                                                               

                                                      Annexes

                                               usa mortalite mandat 

 

 accident D A

 

accident D R

 

accident G A

 

 

 

Ces prévisions sont exprimées :

-  toutes choses égales par ailleurs  (évènements non prévisibles tels les chocs pétroliers, les crises financières non pris en en compte)

-  la précision visée est semestrielle

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 20:02

 

 

Croissance des Etats-unis et de l'économie mondiale

Bilan économique et politique de 2010 et de la décennie 2000.

 

 

bilan 2010

 

 

          Nous reproduisons les variations du PIB des Etats-Unis depuis 1961 (données en glissement annuel).

          Nous les avons expliqués par 4 conjectures politiques : alternances de droite (69/73, 81/85, 2001/05), reconductions de droite (1973/77, 1985/89 ,1989/93, 2005/09), Alternances de Gauche (1961/65, 1977/81, 1993/97, 2009/13) et reconduction de gauche (1965/69, 1997/01).

Nous observons que les alternances républicaines ou de droite sont chaque fois l’occasion d’une récession soulignée par une flèche blanche, celle de 81/82 étant la plus forte, celle de 2001/03 la plus durable.

          Les alternances démocrates ou de gauche sont l’occasion de politique de relance, celle de Clinton (1993/95) apparaissant comme faible et durable, alors que celle de Carter (19977/79)  prolongeait la reprise entamée à la fin du second mandat Républicain. Celle d’Obama est aussi intense que celle de Kennedy, mais elle part d’une situation plus basse, plus critique.

         A la charnière des seconds mandats, qui suppose une croissance fortement positive sans laquelle les électeurs ne peuvent accorder leur confiance, on observe des pics conjoncturels. En général, ils sont avant le début du second mandat pour les Républicains (1972, 1984, 2004) car la récession de début de mandat a enclenché une vive reprise. Au contraire on les observe au début des seconds mandats pour les Démocrates (1965/66, 1997/98). Les fins de seconds mandats sont plus difficiles, souvent l’occasion de crise et de crash boursier (1974, 1987, 2000, 2008).

         Des accidents conjoncturels peuvent apparaître tel les premiers chocs et surtout second choc pétrolier, le premier ayant compromis une situation traditionnellement délicate au milieu de second mandat Républicain (1975). Le président Reagan avait au contraire éviter ce creux grâce au contre-choc de 86. L’absence de refroidissement au milieu du second mandat de Bush junior (2005/06)  période au contraire spéculative dopée par le crédit facile, à former une bulle qui n’était pas qu’immobilière et financière mais aussi en terme de croissance, les trois étant tirés vers le fonds en 2008 d’autant plus intensément que ce fût tardivement.

 

 

 

        Quel bilan faire de la décennie 2000 et de l’année 2010 ?

 

 

 

         C’est pour nous l’occasion d’une certaine satisfaction puisque les rendez-vous traditionnel du cycle électoral ont été respectés. La seconde guerre du golfe en 2003 a entraîné une certaine prolongation de la traditionnelle récession de début d’alternance républicaine, l’affaiblissement de la croissance de milieu de second mandat, occulté un temps comme nous l’avons écrit a été payé au prix fort par la récession de 2008/2009.

         L’année 2010 a bien vu une reprise de début de mandat d’alternance Démocrate, et on peut penser qu’après la pause de mi mandat, la croissance des Etas-unis, de l'Europe et plus particulièrement de la zone euro avec un retard tradtionnel d'une année ou deux ( 83/85, 2003/2005 ) .

         C'est ce que laisse augurer le rapprochement des autres alternances démocrates et notamment celle de Kennedy, mandat dont celui de Barack Obama est le plus proche.

 

 

                                                 Christian Guy - Décembre 2010

 

 

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 18:35

Le différentiel d’inflation droite/gauche comme indicateur avancé de Conjoncture.

 

 

 

Résumé : On peut prévoir l’évolution du taux de chômage à un an et au-delà, à l’aide du différentiel d’inflation entre gouvernements de droite et de gauche.

Mots clés : prévisions économiques, différentiel d’inflation, cycle électoral , droite et gauche.

Nomenclature Journal of Economic literature : H11

 

 

indic avancé graph

 

 

Introduction.

 

 

Nous présentons dans cette étude un indicateur conjoncturel avancé : le différentiel d’inflation entre la droite et la gauche. On observera qu’il constitue avec 5 trimestres d’avances une bonne anticipation des évolutions moyenne du chômage de 22 pays de l’OCDE.

Pour s’assurer de la fidélité de cet indicateur, nous le testerons sur  40 années de 1969 à 2008.

 

 

 

1) Construction de l’indicateur.

 

 

Nous avons calculé les résultats obtenus par les gouvernements de droite et de gauche en matière d’inflation.

Ces calculs sont effectués pour 22 pays de l’O.C.D.E. (19 jusqu’en 1975 date à partir de laquelle l’Espagne, la Grèce et le Portugal sont pris en compte). Chaque fois, on soustrait les statistiques moyennes obtenues par les gouvernements de gauche à  celles obtenues par ceux de droite. Ainsi, au premier trimestre de 2002 les  gouvernements de droite au pouvoir ont obtenus une inflation sur un an de 1.9 % en glissement annuel, alors que ceux de gauche ont enregistré un taux de  2.48 %, ce qui donne un solde de - 0,58 %.

 

 

2) Recherche du décalage approprié.

 

 

Nous avons ensuite étudié les coefficients de corrélations de ce différentiel avec la croissance sur un an du taux de chômage de ces 22 pays en données non pondérées. Nous faisons varier dans le tableau le décalage de un à huit trimestres d’avances. On observe dans le Tableau que ce sont pour les prévisions à 5 trimestres que le coefficient de corrélation est le plus élevé. Il est encore satisfaisant pour les prévisions à 8 trimestres

 On augmente encore l’importance de la corrélation lorsqu’on divise le différentiel d’inflation par le niveau de celle-ci, afin de gommer les fortes fluctuations que cet indice a connu dans le temps. Cette modification apparaît dans la seconde colonne du tableau sous le vocable ‘recalculé’.

Le graphique  nous montre la capacité de cet indicateur à prévoir les évolutions du chômage à 5 trimestres. Nous avons modifié le différentiel recalculé  en le multipliant par 50 pour mieux en souligner visuellement la corrélation.

 

 

3) Interprétation.

 

 

Les pays où la droite est au pouvoir  présentent du fait de sa faible appétence pour les politiques contra cyclique une certaine avance conjoncturelle. Au contraire la gauche atténue et retarde les fluctuations. Ainsi les pays gouvernés par la droite connaissent déjà une croissance au plus haut, souvent inflationniste ; alors que les pays gouvernés par la gauche entament seulement un cycle de reprise accompagné d’une faible inflation.

A ce premier aspect s’ajoute le fait que la droite est idéologiquement assez sensible à l’inflation,  les tensions inflationnistes dans les pays où elle est au pouvoir provoquent rapidement la mise en œuvre de politique de refroidissement. Quelques trimestres après un pic d’inflation, la croissance décline, d’où par la suite une hausse du chômage.

 

 

 

4)    Analyse de la situation présente.

 

 

Il arrive que notre indicateur soit erroné, ainsi en 1978 où en 2002 il prévoyait une baisse du chômage qui ne s’est pas produite.  On constate que si les mouvements sont en général assez bien prévus, l’intensité des fluctuations est mal appréciée : les prévisions de baisse du chômage sont exagérées à la fin des années 80 et 90.

Par contre, notre indicateur prévoit bien  la brusque récession apparût à l’automne 2008 qui prit beaucoup de conjoncturistes de surprise.  Notre méthode n’a certes pas anticipé la crise des ‘subbprimes’. Mais le choc pétrolier de 2007/2008 a généré un surcroît d’inflation auquel les gouvernements de droite ne pouvaient qu’être sensibles.

La comparaison entre les prévisions et les évolution effectives laissent apparaître une anomalie : en 2006/2007 on observe une baisse du chômage alors qu’une hausse était prévue. On observe logiquement en 2009-2010 un effet négatif de rattrapage, avec un maintient de la hausse du chômage, quand qu’une baisse était au contraire attendue.

 

 

Conclusion.

 

 

Le différentiel droit-gauche en matière d’inflation constitue donc un indicateur avancé intéressant, et ce d’autant que nous l’avons testé sur une longue période.

  

                                                                                        Christian Guy

                                                                         Docteur en Sciences économiques

                                                                 Agrégé de Sciences économiques et sociales 

 

Source statistiques : OCDE, portail statistique.

Liste des 22 pays : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Grèce, Italie, Irlande, Japon, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-zélande, Pays-bas, Portugal, Royaume-uni, Suède, Suisse.

 

                                                                                

 

 

  indictauer avance tab

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 05:30

            Les origines du cycle électoral……

 

 

 

             Je reçois souvent des questions quand aux origines du cycle électoral, ou cycle politico-économique, sujets d’études peu répandus en France. Il m’est malheureusement impossible de fournir à tous individuellement une réponse détaillée, d’où cette rapide présentation.

 



              L'étude du cycle électoral a surtout été développée aux États -unis à partir des années 1975 (le cycle opportuniste Nordhauss 1975, le modèle partisan Hibbs 1977). On peut  lire la thèse d’Éric Dubois (Université Paris 1, 2005) et la plus ancienne de Françoise Larcher (Paris 1, 1991) rédigées en français et extrêmement exhaustives sur l'état des avancées, la première  thèse proposant également des modèles de prévisions.

            En France des travaux portant sur plusieurs domaines comme le cycle électoral (économie, politique voire historique) ont toujours peu intéressé. Si le débat est plus à l’honneur aux Etats-Unis, il est rapidement devenu assez théorique : On s’interroge sur la rationalité des acteurs, politiciens ou électeurs…. . On a ainsi dérivé vers des querelles de chapelles et autres  débats sur le sexe des anges, aux échafaudages de thèses aussi précaires  que complexes et indémontrables, à l'art pour l'art selon les propres propos de Bruno Frey, autres auteurs de références, toutes dérives théoriques qui ont réduit  la crédibilité pratique de ces travaux.

           En France, le Professeur Jean Dominique Lafay (Paris 1) a aussi beaucoup écrit sur la question, intervenant dans un débat théorique qui est aussi politique. En effet il existe parfois un caractère idéologique à l’étude du cycle électoral, il est utilisé par l'école des choix  Public  (ou  ‘public choice’  de  P. Buchanan G. Tullock)  pour dénoncer la manipulation de l'économie par l'Etat à des fins électoralistes, ce qui justifierait, aux yeux de ces auteurs libéraux de retirer à l’Etat ses instruments d’intervention.  On aura compris au travers des travaux que je présente que mes visées sont beaucoup plus pragmatiques  

        Toute ma démarche a été de débarasser le cycle électoral de sa gangue idéologique et théorique  afin de l'extirper de son isolement universitaire pour en faire un instrument de prévision simple et accessible à tous, avec forcément de nombreuses limites.

         Lors de la crise de septembre 2008 on a regretté l'insuffisante prise en compte des lecons du passés, de la part de spéculateur avident de profits à court terme, espérant que les arbres montaient jusqu'au ciel.  Inversement ici, on étudient des cycles sur plusieurs décénnies pour au delà des la forme générale, déceler quels sont les déformations dont ils peuvent être victimes.

          En effet, Le cycle électoral  me semble constituer une approche intéressante pour la prévision, forcément moyennement fiable à moyen terme. Il peut combler un vide entre  la prévision à court terme déjà très approfondie et celle à long terme déjà développée à travers la croissance potentielle, les cycles de productivité et les projections démographiques.

           Tout le problème est de réinterpréter les déviations constantes qui ne manqueront pas de se produire par rapport aux prévisions, de déterminer quelle est l’intensité de l’effet de report, ou encore quand surviendront les effets de rattrapages…

            A titre personnel, j’ai été convaincu de l’intérêt de cette méthode quand en juillet 2007, m’apercevant que tous les seconds mandats républicains avaient connu un crash, au plus tard la 3 éme année, je vendis à temps mes titres… par la suite j’ai également fait des erreurs (rachat trop rapide en novembre décembre 2008 )….le cycle électoral n’est qu’un des éléments à prendre en compte, il ne doit pas se substituer aux autres, ce n’est pas une martingale boursière  cependant refuser de le prendre en compte serait faire preuve d’un dogmatisme …ou plus exactement d’un angélisme sans borne, en considérant que les politiciens ne tentent pas de manipuler parfois avec quelques succès la conjoncture à l’arrivée d’échéances électorales.

           Sur le plan pratique, j’ai longtemps utilisé les régressions multiples, mais le respect plus ou moins exact de la chronologie enlève à cette méthode beaucoup de son intérêt. Denise Flouzat soulignait déjà que son instabilité est le grand défaut du cycle électoral. Je me réfère à présent une analyse chartiste, certes éloignée de l’académique car adaptée aux spécificités du cycle électoral. Elle permet mieux de prendre en comptes les inévitables décalages.

 

 

 

      Quelles sont les chances de succès d’arbitrage sur la base de ces prévisions ?

 

 

         Tout d’abord, il faut reconnaître que l’ouverture croissante des économies, et singulièrement dans les pays de la zone euro la perte des instruments de politiques économiques, enlèvent beaucoup d’influence aux cycles politico économiques, ce qui ne signifient pas que celle-ci à totalement disparue.

        Dans les limites, soulignons également que l’essentiel des arbitrages portant sur un délai restreint, ils ne peuvent gagner à utiliser cette méthode. De même, je conseille toujours d’acheter en prévoyant une hausse, on peut certes spéculer à la baisse mais les techniques supposent de savoir exactement quand on dénouera la position, ce qui parait risqué avec notre méthode. Chercher une plus forte hausse qu’ailleurs sur un an est le pari le plus précis qu’on puisse faire ici.

          Il convient de prendre plusieurs positions à la fois. ainsi je suis gagnant sur la Suisse, le Canada dont j’avais bien prévu la hausse mais je n’avais pas vu venir celle d’Allemagne, et à ce jour je suis perdant sur le Japon…2 paris réussis, un raté à ce jour, une occasion manquée…on est dans la norme…

          En conclusion j’aimerais citer l’adjoint de Daniel Bouton , l’ex dirigeant de la société général, qui parlant de son supérieur indiquait qu’il était payé cher, très cher même , ce qui était mérité pour une personne qui ne se trompait que 4 fois sur dix…là où le commun des mortels le fait 5 fois sur 10…derrière l’ironie des propos, ceux-ci se teintent de vérité, c’est toujours sur la marge, ici 1/10 éme qu’on fait la différence……et ici son profit.

 

 

 

 

 

                                                                 Christian Guy – Novembre 2010


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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 16:37

 

L’apport du Cycle Electoral aux arbitrages boursiers

                         (Version courte)

 

 

 

 

Résumé : En limitant les investissements boursiers à certaines périodes,  notamment les milieux de mandat, on peut obtenir une amélioration des performances boursières.

 

 

 

 

La faillite d’un tiers des « hedge founds », fonds spéculatifs, en 2008, vient rappeler aux amateurs de la « bourse casino » à quel point les arbitrages sont choses risquées.

Nous présentons ici une méthode testée sur 53 années et 12 pays basée sur l’examen du cycle électoral, c'est-à-dire des évolutions boursières en fonction du calendrier politique.

 

1)     La méthode.

 

 

Le graphique nous montre l’évolution des cours de la bourse en glissement sur un an pour 12 pays de la zone euro de 1980 à 2008. Nous avons choisi de nous limiter à cette zone afin d’éviter les risques de changes.

Nous suivons les évolutions du premier trimestre qui suit les élections ( noté 1-1 ) au quatrième trimestre de la quatrième année (noté 4-4), trimestre qui verra dans nombre de pays la tenue de nouvelles élections. On observe que les cours de la bourse sont au plus haut en milieu de mandat, alors qu’est anticipée la reprise préélectorale du PIB qui aura lieu traditionnellement en fin de mandat.

Nous décidons à partir de ce graphique de n’investir en bourse que sur 10 trimestres lors des milieux de mandat, c'est-à-dire d’exclure les trois premiers et trois derniers trimestres.

 

2)     Résultats.

 

 

Le tableau  nous montre année par année de 1980 à 2008 les résultats de notre arbitrage.

 

Nous avons d’abord, dans la première colonne, l’évolution moyenne des cours pour les 12 pays de la zone Euro (noté Euro). Ces évolutions boursières sont non pondérées, chaque pays a une égale importance dans le calcul de la moyenne. La deuxième colonne donne à nouveau ces évolutions, mais cette fois en terme réel, c'est-à-dire déduction faîte de l’inflation.

La troisième colonne rend compte d’évolutions différentielles : on calcule la différence entre la position qu’on à choisie et l’évolution de la zone Euro. Ainsi, un chiffre négatif indique une moindre performance par rapport aux évolutions moyennes ce qui constitue un échec. Ils apparaissent généralement dans un contexte de baisse boursière, tel en 82 ou 2001. Au total nous enregistrons 7 échecs sur 29 années. La moyenne donnée en bas de tableau est cependant positive.

 

Pour limiter les risques, il convient de procéder à ces arbitrages plusieurs années consécutives. Ainsi le calcul d’une moyenne mobile sur 5 ans dont les résultats nous sont donnés dans la quatrième colonne laisse apparaître des statistiques continuellement positives depuis 1981. Les mauvaises surprises d’une année, sont compensées par les bonnes des autres. On peut  utiliser le cadre d’un PEA qui est justement d’une durée minimale de 5 années. Ainsi, malgré la mauvaise année 2008,le PEA ouvert le 1er  janvier 2004 accuserait au 31 décembre 2008 un surcroît annuel moyen de 3.82 % par rapport à un placement boursier classique.

 

 

Conclusion.

 

Beaucoup d’autres arbitrages sur des bases politiques peuvent être évoquées : jouer les bourses des pays dirigées par la droite ou la gauche selon l’évolution général des indices par exemple.

 

 

 

 

Méthode

 

Ce sont les élections législatives non anticipées, y compris pour la France, qui sont prises en compte. Les élections anticipées ne le sont pas, sauf pour celles intervenants au cours de la quatrième année pour les pays ayant un mandat de cinq ans (France, Italie, Luxembourg). TAB 1 GRAPH 2

 

 

Statistiques : O.C.D.E. et O.N.U.

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 16:29

 

Arbitrages boursiers et couleur politique.

 

Crises boursières : Revoyons nos modèles, redonnons leur un peu de couleurs….politiques !

 

 

 

Résumé : Nous établissons une méthode d’arbitrage entre marchés financiers selon la couleur politique du gouvernement en place. Nous parvenons à 32 années consécutives de succès dans le cas d’un arbitrage portant sur 12 pays de l’actuelle zone euro pour un placement bloqué sur 5 ans.

 

 

 

La crise boursière récente a pris au dépourvu par son intensité les modèles d’arbitrage, que l’on cherche dans l’urgence à revoir. Nous présentons ici une méthode testée sur 53 années et 23 pays basée sur la distinction droite/gauche, variable discriminante qui permet de choisir selon les années les places financières à privilégier.

 

 

1)     L’étude du différentiel droite/gauche.

 

 

Le tableau 1 nous donne année par année les performances comparatives depuis 1953 des places financières selon que ce soit la droite ou la gauche qui est aux affaires. Un solde positif indique une plus grande performance des bourses des pays où la droite est au pouvoir.

Les deux premières colonnes nous livrent les évolutions pour 23 pays de l’OCDE, les deux dernières pour 12 pays de l’actuelle zone Euro, ce qui supprime le risque de change.

Un problème de comparaison se pose : dans une année civile des gouvernements de droite peuvent surtout être au pouvoir en début d’année, alors que suite à des alternances politiques la fin d’année verra l’arrivée au pouvoir de nombre de gouvernements de gauche. Si l’année a été marquée par un déclin général des bourses, il sera logique que les pays contrôlés par la gauche enregistrent de moins bonnes performances boursières.

Pour rendre nos comparaisons homogènes, les deuxièmes et quatrièmes colonnes rendent chaque fois compte des évolutions par rapport aux performances de l’euronex. Ainsi les résultats d’une place financière de droite ne sont pas en données brutes (première et troisième colonnes), mais sont exprimées en différentiel par rapport aux évolutions européennes. Une supériorité des performances de la droite sur la gauche est alors bien dû à une meilleure performance, et non au fait qu’elle a eu la chance d’être présente au pouvoir dans un début d’année plus favorable financièrement que ce qu’a connu la gauche en fin d’année.

 

Cette précaution étant prise, Nous observons qu’il existe de fait peu de différences entre les évolutions brutes et celles corrigées de l’évolution de l’euronex.

 

2)    Expliquer et prévoir l’évolution de ce solde.

 

 

Peut-on expliquer les raisons pour lesquels les meilleurs résultats  sont enregistrés selon les années par la droite ou la gauche ? C’est l’objet des régressions données dans le tableau 2. Nous constituons ainsi des modèles par régressions linéaires multiples sur la période 1953/89.

Nous observons que plus la droite est présente au pouvoir, et meilleurs seront ces performances différentielles ainsi que le montre le signe positif de la variable D/G % rendant compte du rapport entre le nombre de gouvernements de droite et celui de gauche parmi les 23 pays de l’OCDE. Les meilleures performances boursières de la droite s’expliquent aussi logiquement par de meilleures performances de croissance dans les années précédentes (variable S PIB).

Nous avons limité les régressions à la période 1953/89 afin d’observer si nos modèles étaient assez efficaces pour rendre possible des prévisions. Nous en avons la confirmation, car les coefficients de corrélations de nos prévisions pour la période 1990/08 sont en moyenne de 0.54.  Le tableau 3 ainsi que les graphiques données en annexe montrent la qualité de ces prévisions.

 

 

3) Mise ne place des arbitrages et résultats obtenus.

 

 

 Le tableau 1 nous indique que solde droite-gauche, assez instable durant les années 50/60,  le devient davantage à partir des années 70. A partir de cette décennie, l’un ou l’autre bord politique enregistre de meilleurs performances plusieurs années consécutives. Nous profitons de ce trait pour tenter de prévoir le signe du solde de l’année suivante à l’aide de celui de l’année précédente, c’est ce dont rend compte le tableau 4. Un signe + souligne que l’évolution a été bien prévue, même s’il s’agit par exemple de l’anticipation d’une moindre performance des bourses de droite. Globalement sur les 30 dernières années (1979/2008), on observe un taux d’échec de 22.5%, soit moins d’une année sur quatre.

Le tableau 5 reprend cette logique, mais en moyenne mobile sur 5 ans : on effectue ces arbitrages pendant 5 années, avant d’en retirer les fonds, par exemple par le biais d’un PEA. Le résultat donné est donc la rentabilité moyenne annuelle obtenue au 31 décembre de l’année de sortie après 5 années d’arbitrage. Une mauvaise année est compensée par plusieurs bonnes, on obtient des résultats satisfaisants. Ainsi la dernière colonne rendant compte d’arbitrages dans l’actuelle zone euro, laisse percevoir depuis 1977 des sorties systématiquement positives, soit 32 années consécutives de sorties bénéficiaires pour une rentabilité annuelle moyenne de 7 %. 

 

 

Conclusion.

 

Si vous n’avez rien compris aux explications impénétrables, mais que vous êtes intéressé par les résultats, une solution existe : CCP  20 924 92 D.

 

Votre don est mon seul financement.

 

D’avance merci.

 

 

Méthode

Ce sont les élections législatives, y compris pour la France, qui sont prises en compte.

                       Sources Statistiques : O.C.D.E. et O.N.U.

 

TAB 1

 TAB 1 BIS

 TAB 2

 

TAB 3

TAB 4

 

 

TAB 5

 

GRAPH 6

 GRAPH 7

 

 

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 16:34

 

 

 

 

 

 

Image7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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