Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 09:50

Sortie de la Grèce de la zone euro :

leur intérêt, notre problème

 

Crise grecque : et si les intérêts étaient inverses ?

 

      On nous présente communément la crise de la dette souveraine grecque de la façon suivante : d’une part des grecs cherchant contre vents et marrées à rester dans une zone euro protectrice, défendant ainsi leurs intérêts bien compris ;  et d’autre part des partenaires européens dont la patience, la générosité et la bonne volonté désintéressée seraient mises à rudes épreuves par des grecs aussi ingrats qu’inconséquents …

Et si, à peu de chose prés, ce n’était pas exactement le contraire ?....

       

      L’euro, empêchant toute flexibilité monétaire, les grecs doivent subir une compression en terme réel de 20 % quand une dévaluation aurait fait passer cela assez facilement. On notera au passage que ces ajustements comme la France de 1959 doivent atteindre 20% pour être efficace ce qui est inimaginable en terme réel. Donc quelque soit le sacrifice en terme réel de 2 ou  3 % par plan de rigueur quasi mensuel, il sera insuffisant. Bien conscient de la chose, on procède par touches successives : tous les 2- 3 mois un nouveau plan d’austérité. C’est ce qu’il y a de pire psychologiquement, propre à inciter la population grecque au désespoir. Un unique plan drastique de compression des revenus de 20 % aurait été psychologiquement et économiquement préférable….mais les grecs n’auraient-ils pas alors préféré d’eux-mêmes quitter la zone euro ?

      Un argument communément rétorqué à ceux qui conseillent la sortie de la Grèce de l’Euro land est la réévaluation de 20% de la dette grecque qu’entraînerait une dévaluation…..Mais une insolvabilité reconnue à 40 ou 60 % change-t-elle réellement les choses ?.. et les perspectives sérieuses alors de redressement n’auraient-elles pas aidé les marchés d’eux même à prêter à nouveau à la Grèce, alors que jusqu ‘à présent on n’a réussi qu’à entretenir le scepticisme des marchés par des mesurettes non crédibles et à saper la crédibilité de l’ensemble de la zone par un plan de sauvetage non finançable ?

 

 

       Ceux qui ont le plus intérêt au maintien de la Grèce dans la zone euro, ce sont les européens eux-mêmes, la sortie de la Grèce étant le signe de départ de spéculation contre l’Espagne, l’Italie, le Portugal..et un jour la France…donc la fin de la zone .  On a déjà fait un saut dans l’inconnu avec les conséquences que l’on sait avec la mise en faillite de ‘Lehmann – brothers’, personne souhaite refaire de même avec la Grèce. Quand à la vertueuse Allemagne, dont les débouchés principaux à l’exportation sont en Europe, elle sait bien que des sorties des pays du ‘club med’, avec des dévaluations n’est pas forcément une bonne chose pour son commerce même si technologiquement ce ne sont pas des concurrents très sérieux.

 

        En quelque sorte,  on prête souvent aux américains cette phrase : ‘le dollar est notre monnaie et votre problème’ ….les grecs ne pourraient-ils pas nous dire ‘notre sortie de la zone euro est notre intérêt et votre problème’ ? ...

Actuellement, les européens sont sauvés par le fixisme des grecs, qui à l’image de la France des années 30 et de tous les nouveaux convertis à la monnaie stable, tombent dans le fétichisme de la monnaie quand la crise survient, transformant la solution en problème..

 

        On prête au Président Lincoln évoquant les erreurs politiques classiques les fameux, ‘trop peu, trop tard’ …l’Euro land aura été une triste confirmation de la justesse de ce propos…Ajoutons qu’une solution qui advient trop tardivement n’est plus une solution mais empire le problème. Ces plans de rigueur, légitimes il y a 3 ou 5 ans vont à l’opposée de leurs objectifs en comprimant le PIB donc en réévaluant le ratio dette/PIB.

 

 

Christian Guy – Février 2012

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 06:52

      Entre droite injuste et gauche non crédible, la campagne de 2012 ne va pas beaucoup innover…

 

 

 

             Depuis 2002 la majorité a creusé les déficits et la dette à coup (notamment mais pas uniquement) de baisse d’imposition pour les plus fortunés…que l’on demande ensuite à tout le monde de se serrer la ceinture pour en payer le prix peut sembler en première analyse choquant. Depuis un an,  on n’est revenu que partiellement sur ces baisses : la tranche marginale d’IRPP n’est pas revenue à son niveau originel, de même pour les droits de succession ; la première tranche d’ISF a disparu.. .

      Ces opérations de baisse resteront donc au profit de quelques-uns et à la charge de la collectivité et des générations futures. Le fait même d’être revenu partiellement sur ces mesures, alors qu’on nous expliquait qu’elles généraient un surplus fiscal, sonne comme un aveu qu’il s’agissait ni plus ni moins de cadeaux  fiscaux à une clientèle électorale et non d’une opération gagnante pour les finances publiques et donc pour l’intérêt général…on est loin du gaullisme….

 

        Dans l’autre camp, le refus de signer la règle d’or prive Hollande de la crédibilité qu’avait DSK et qui lui aurait permis de grignoter sur une partie du centre. Les tartarinades sur le refus d’entériner l’accord de Bruxelles, font penser à celle de Jospin en 1997 proclamant qu’il ne signerait pas les accords d’Amsterdam, pour dans les jours suivants son accession au pouvoir capituler en rase campagne…..ajoutons que cette façon de nuire à un accord qui manquait déjà de crédibilité pour les marchés, et donc à la parole de la France ajoute au coté aussi irresponsable que peu crédible du personnage.

 

 

 

Christian Guy – Décembre 2011

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 18:59

         Ce n’est pas parce qu’on adopte la politique allemande que l’on devient l’Allemagne

 

         A vouloir copier conjoncturellement l’Allemagne, on lui ressemble de moins en moins structurellement.

 

        Depuis quelque jours un rêve semble naître en cette période d’incertitude et de perte de repère : alignons-nous sur le meilleur élève, et tout ira mieux…..adoptons ses meurs, (politique monétaire et budgétaire) et nous aurons ses performances.…

       Réflexe du noyé qui s’agrippe à la première branche qui se présente…ou réflexe bien inspiré ?...Ne s’agirait-il pas d’une mode pour Président en mal de projet à 6 mois d’une échéance électorale, de dirigeants en mal d’argument qui font croire qu’une ou deux années de ‘schlague’ compenseront des décennies de politique structurelle différente, le tout pour se rapprocher  d’un modèle qui n’est pas si performant que cela....et pas vraiment adapté à nos contraintes.

 

 

 

        Un modèle performant qui nous convient ?

 

        Parlons du modèle à servilement imiter : sur les 20 dernières années ou même encore en 2009, les performances allemandes en matière de croissance n’ont pas de quoi faire pâlir d’envie un Français… ce qui ne pose à l’Allemagne guère de problème compte tenu de sa démographie déclinante. Avec moins de 2% de croissance l’Allemagne est à 5.5 % de chômage quand nous en sommes à 10%...ce modèle est-il vraiment pour nous ?

 

       Mais, est-ce même un modèle ?

 

      Longtemps en matière de dette, coût de la réunification oblige, l’Allemagne n’avait pas vraiment la place du meilleur élève. En matière de déficit, elle avait même décroché avec la France le bonnet d’âne : en 2003, elles échapperont de peu à une procédure disciplinaire européenne, en vertu du deux poids, deux mesures  qui font les peuples forts…ou que les peuples forts imposent aux faibles.

 

      C’est à vouloir trop copier l’Allemagne depuis 1983 plutôt qu’a s’en inspirer insuffisamment, à avoir trop adopter ses politiques conjoncturelles (politique monétaire restrictive) plutôt que structurelles (pôle de compétitivité) que l’on s’est ’éloigné de ce modèle en se désindustrialisant. En adoptant une politique monétaire restrictive à coups d’euro fort pénalisant les exportations et de taux  réels positifs minant nos PME, nous avons fait la désindustrialisation quand on nous présente en exemple une puissance industrielle exportatrice.

       Un réseau de moyennes entreprises, une compétitivité produit, un rapprochement banque entreprise  prennent des décennies à construire.

Après nous avoir demandé de travailler plus, quand le modèle à imiter est un des rares pays ou on travaille moins qu’en France, on nous fait miroiter que c’est une politique conjoncturelle de quelques  années qui va nous sortir de l’ornière…quand elles nous y aurait plutôt mis….

        D’ailleurs, si cette politique conjoncturelle nous rapprochait du modèle allemand, pourquoi n’y serions-nous pas parvenu en 30 ans de franc puis d’euro fort ?

       En quelque sorte, le modèle allemand de ces derniers jours ressemble plus à un breuvage préélectoral pour faire passer la pilule de l’austérité au moment malvenu des élections qu’à doter le pays d’une stratégie crédible…ou même souhaitable…

 

 

 

Christian Guy – Décembre 2011

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 12:03

         En touchant les catégories populaires et moyennes, mais en ne touchant pas celles qui sont déjà à la tranche la plus élevée, cette mesure inique sera reprochée à N. Sarkozy.

      En effet, progressivement les revenus faibles et moyens entreront dans des tranches supérieures au fur et à mesure que leurs revenus suivront l'inflation. En quelque sorte, soit on verra son salaire gelè par l'entreprise, soit le surcroît de salaire sera 'sucré' par le fisc...dans les 2 cas il y aura perte du pouvoir d'achat....étrange paradoxe pour le 'Président du pouvoir d'achat'... 

      N. Sarkozy  considère sans doute qu'il faut être particulièrment versé dans les techniques fiscales  pour percevoir ce fait, et  trouve donc la mesure peu coûteuse politiquement.

      Il lui aurait été au contraire facile de justifier la hausse de la tranche supérieur de l'IRPP à 50 % en prennant l'exemple du R.U. pays où la droite est au pouvoir et ainsi de couper l'herbe sous les pieds à son adversaire socialiste...du bouclier fiscale au gel des tranches, la fisalité ne profite décidemment pas à la majorité.

Partager cet article
Repost0
3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 05:43

Crise Grecque….et si les marchés avaient raison ?

 

 

 

         En septembre 1992 les marchés, G. Sorros en tête, obligèrent le Royaume-uni à sortir du SME  …cela fût le meilleur malheur qui puisse arriver à ce pays, il connu dés 1993 une vive reprise alors que le reste de l’Europe s’enfonçait dans la dépression, crise de langueur qui dura jusqu’en 1997 avec la préparation de la monnaie unique.

       Si on est peu habitué à faire ici l’apologie des marchés, les marchés ont au moins le mérite de montrer qu’on ne peut faire durablement une politique contraire aux réalités. Il est clair que la politique d’austérité intérieure que les grecques doivent s’infliger n’est socialement tolérable que compensée par une stimulation extérieure grâce à une dévaluation, donc à une sortie de l’euro.

       Le volontarisme européen aura consisté à perdre toute crédibilité en essayant de sauver de lui-même le soldat grec. L’Europe n’est pas une zone monétaire optimale du fait des divergences structurelles et conjoncturelles de ses économies…que les divergences réelles soient exploités par des arbitrages financiers spéculatifs n’est pas nouveau ..Mais est-ce la faute de ceux qui exploitent ces faiblesses ou de ceux qui ont crées une monnaie unique pour des pays aux régulations différentes ?….Les monétaristes américains, M. Friedman en tête,  n’ont jamais cru à l’euro pour cette raison….comme les spéculateurs, ils sont en passe de gagner leur pari…

 

       On ne fait pas le bien des gens malgré eux, c'est à cette réalité que l'Europe pense être confrontée face à la Grèce qu'on ne peut sauver d'elle même..mais n'est-ce pas la spéculation des marchés en forçant la grèce à sortir de l'Euro qui est dans le vrai..seule une dévaluation et un non remboursement de la dette sortiront le pays de la crise..2 réalités qu'on n'a pas voulu voir en face laminant ainsi toute crédibilité des institutions..…

                      

 

                       Christian Guy – Novembre 2011

 

 

Partager cet article
Repost0
26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 09:20

Baisse des indemnités journalières maladie :

une mesure aussi adroite qu’à droite.

 

        En décidant la baisse de 6% des ces indemnités, Nicolas Sarkozy fait un coup de maître, soulignant s’il en était encore besoin qu’il garde toutes ses chances pour 2012 par ses qualités de fin politique.

       Cette mesure ne touchera pas son électorat de retraités, d’indépendants et de hauts revenus aux multiples responsabilités, trois catégories ne connaissant pas l’arrêt maladie ou que de façon exceptionnelle. C’est donc une mesure particulièrement adroite car épargnant son électorat.

      Mais elle est également à droite, car on revient sur le thème idéologiquement important sur ce bord politique du soupçon au sujet de salariés cumulant de façon injustifiée les arrêts, cela flatte idéologiquement son électorat…

       Après le refus d’appliquer la taxe exceptionnelle aux revenus inférieurs à 250 000 euros par part , chercher les privilégiés du coté de ceux gagnant 1000 ou 2000 euros mensuel plutôt que 10 000 ou 20 000 est clairement normé idéologiquement.

      C’est la version ‘cheap’ du ‘travailler plus pour gagner plus’….si on est pas parvenu à améliorer le revenu de ceux qui travaillent plus, tout au moins parvient-on à baisser celui de ceux qui travaillent moins…

Alors que les mandats de gauche (81-86, 88-93, 97-2002), commençaient idéologiquement à gauche et terminaient avec l’électorat bobo, l’idéologie aura quasiment suivit le chemin inverse sous celui de Nicolas Sarkozy, avec une radicalisation des positions.

      Pour la droite,Nicolas Sarkozy sera celui qui aura su redonner du sens à la politique par des clivages clairement posés, pour la gauche c’est celui qui aura réhabilité le vote classe contre classe…

      Gageons qu’ainsi la participation sera probablement élevée en 2012, cela n’aura pas été le moindre mérite de Nicolas Sarkozy…

 

 

Christian Guy – Octobre 2011

Partager cet article
Repost0
13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 07:46

Aubry- hollande : gagner par l’abstention.

 

 

 

Depuis 1981, les élections se gagnent grâce à l’abstention qui règne dans le camp d’en face.

Oublierait-on que François Mitterrand fût élu avec moins de voix en 1981 qu’il ne fût battu en 1974 ? Les électeurs de droite étaient déçus par Giscard, accusé d’avoir fait une politique de gauche, et le centre n’avait plus peur d’une gauche où le PC était amoindri à 15 %.

Il en fût de même en 1988 ou une partie du centre fût séduit par le recentrage de Mitterrand en même temps qu’il pensait Chirac otage d’un FN à 15 %.

En 95, les électeurs PS étaient désorientés par l’échec des socialistes face au chômage et la ‘pluie’ de scandales, Chirac apparaissait ‘calmé’.

En 2002, même désenchantement à gauche et surtout division après 5 année de ‘Gauche plurielle’, quand Chirac était gagné par l’onction de la ‘présidentialisation’ que confèrent 7 années de présidence……notamment 5 comme président de cohabitation.

En 2007, les électeurs de PS avaient du mal à croire dans Royale qui se trouva bien seul pour faire campagne quand l’électorat de droite était mobilisé auprès d’un candidat qui incarnait curieusement après 5 années de droite ‘la rupture’.

C’est peu dire que pour gagner une élection, s’il importe  de mobiliser ses électeurs, il importe surtout de s’assurer de la démobilisation du camp d’en face. Il faut donc être rassurant. Les propos assez ‘lissés’ de part et d’autre hier soir, relevaient donc de la gymnastique ou de la contorsion difficile, afin d’essayer de capter les électeurs de Montebourg, sans effrayer demain, ce qui remobiliserait l’électorat de la droite face à l’irresponsabilité d’une gauche radicale.

Jouer le premier tour à gauche, pour éviter de renouveler le cas Jospin de 2002, et le second tour à droite, pour capter l’électeur médian…..les candidats socialistes n’en n’ont pas fini avec leurs actes de tortures…ou de contorsions…

 

 

Christian Guy –  octobre 2011

 

 

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 10:43

 

Endettement des Peuples, endettement des Etats : deux faces d’un même problème.

 

      Les crises des dettes publiques et privées risquent de devenir récurentes sans un partage équilibré de la valeur ajoutée.

 

 

     Résumé

  

      L'épuisement des gains de productivité à partir de la fin des années 60 et le partage déséquilibré de la valeur ajoutée qui suivit, explique à long terme le recours à l'endettement privé dans le modéle anglo-saxon et celui à l'endettement publique dans le modèle rhénan.

     Aujourd'hui la panique porte sur l'endettement public , demain peut-être sera-ce au sujet de l'endettement privé....tant qu'on aura pas trouvé un compromis équilibré dans le partage de la valeur ajoutée, les problèmes subsiteront...les déséquilibres macro économiques ne sont que le reflet des déséquilibres dans l'entreprise .

 

 

 

       On pourrait opposer schématiquement le modèle Anglo-saxon,  où l’insuffisance de pouvoir d’achat est compensée par un endettement privé, au modèle Rhénan, où c’est l’Etat qui  recoure à l’endettement, distribuant du pouvoir d’achat via les prestations sociales.

       On peut également avoir une lecture plus politique opposant la gauche recourant à l’endettement publique par le gonflement des prestations, quoique la droite ait beaucoup oeuvré depuis Reagan pour le gonflement des déficits via les baisses d’impôts, à la droite où les politiques salariales restrictives incitent à l’endettement privé…mais là encore le développement outrancier du crédit à la consommation n’est pas l’apanage d’un bord politique exclusif.

        Actuellement c’est l’endettement public qui est sous les feux des projecteurs, alors que normalement un endettement est apprécié relativement aux actifs. Le patrimoine des Etats n’est pas mince….mais il est vrai difficilement mobilisable, la vente du Parthénon n’est pas encore à l’ordre du jour….

       Si on consolidait l’endettement des Etats du modèle rhénan par la situation des ménages, notamment en France, ces nations apparaîtraient comme des modèles de vertu comparativement à celles du modèle anglo-saxon….mais la bourse à ses modes…un nouvel aspect de l’irrationalité des marchés.

      Si les deux modèles ont toujours eu leur pêché mignon, ou leur déficit mignon, tendanciellement l’accentuation de ces déséquilibres remonte à  3 décennies.

      Le ralentissement des gains de productivités à la fin des années 60 à fait émerger des tensions dans le partage de ceux-ci, plus communément perçus au travers du partage de la valeur ajoutée. Après un période (années 70) de règlement de cette tension par un partage inflationniste en faveur des salariés, on est passé depuis les années 80 à une période déflationniste (chômage de masse) de partage en faveur des entreprises.

      Comment régler cette insuffisance d’injection de pouvoir d’achat : chaque modèle a trouvé sa réponse, l’un dans l’endettement privé, l’autre dans l’endettement public.

       Si on parvient à régler dans les prochains mois le problème de l’endettement des Etats, peut-être que dans x années la vedette passera à l’endettement privé….

       Endettement privé et endettement public sont donc les deux faces d'un même problème.  Tant qu’on aura pas traité le problème à la racine, l’incapacité à trouver un nouveau compromis équilibré dans le partage de gains de la croissance, comme fût le compromis ‘fordo-keynésien’ des trente glorieuses, on continuera à aller de crises boursières en récessions et périodes de croissance anémiées, ponctuées de paniques fondées sur l’endettement publique ou l’endettement privé.

 

              Et si on pensait au modèle nordique pour éviter que ces déséquilibres dans les entreprises ne se transforment en déséquilibre macro-économiques ?

 

                                             Christian Guy - septembre 2011

 

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:10

 

obligations ou actions ?  

Transfert de la flexibilité, transfert du risque financier

 

   

 

 

       Il y a encore quelques années, les bonds du trésor étaient considérés comme le placement type du bon père de famillece sont dans les semaines présentes, le placement qui semble le plus risqué…curieux retournement de l’histoire…comment en est-on arrivé là ?

        Beaucoup de raisons certainement, mais le transfert de la flexibilité a joué son rôle.

        Les mécanismes d’une économie régulée et de l’Etat-providence faisaient que jusque dans les années 70, en période de crise, c’était l’actionnaire qui supportait le poids des récessions, de toutes façons moins accusées. Le compromis fordo-keynésien épargnait les salariés de ce poids…puis des bénéfices de la reprise (théorie du contrat implicite).

        A partir des années 80, la flexibilité est transférée en partie aux salariés (multiplication des CDD, théories des in siders et out siders). On fait le surprenant constat de grandes entreprises présentant comme pour le premier semestre 2011 des résultats flatteurs en période de ralentissement. Le down-sizing permet de faire reporter le poids des ajustements sur les salariés, ou tout au moins à une certaine partie de celui-ci (théorie de la segmentation). La pression du chômage sur les salaires devient même l’allier d’un capitalisme managérial à courte vue. C’est à l’Etat de supporter la souffrance sociale ainsi générée, et donc de voir exploser ses budgets…le mécanisme de l’inversion est lancée…l’action devient rentable même au creux de la récession, quand les risques de la dette souveraine apparaissent de plus en plus évidents.

 

 

                             Christian Guy - septembre 2011

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 08:20

 La plus grande erreur

de Nicolas Sarkozy

 

 

          Le fait de refuser de nationaliser les banques, ou tout au moins  d’entrer dans leurs conseils d’administration, a été sans doute la plus grande erreur économique du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

      Elle résulte sans doute d’un a priori idéologique libéral, un peu en porte à faux par rapport au discours de Toulon de septembre 2008 qui semblait d’une grande lucidité sur le libéralisme ultra. Certains y  voient la conséquence de copinage, d’une distance idéologique ou amicale insuffisante de celui qui voulait réhabiliter l’argent ,par rapport aux intérêts privés.

      Ce refus de nationaliser a surtout eu pour conséquence qu’alors que le contribuable prenait le risque de prêter aux banques, qui auraient très bien pu être dans l’incapacité de rembourser, celles – ci ne prenaient aucun risque pour financer les PME, donnant à la crise tout son retentissement négatif en terme d’emploi. Les banques utilisèrent leur santé retrouvée à relancer le financement immobilier, moins risqué, relançant par la même occasion la bulle immobilière....

 

     Rappelons  que la mise en faillite de Lehman brothers avait  soit disant comme objectif pédagogique de démontrer aux banques qu’on ne les rattraperait pas de tous leurs errements…. La seule démonstration qui fût finalement faîte compte tenu de la tempête qu’a déclenché cette faillite a été le célèbre ‘to big to fall’……Elles en sont sortie avec la certitude de leur impunité… qu’un prêt sans contre - partie n’a fait que renforcer…la nationalisation - sanction aurait été une leçon  plus magistrale devant l’histoire, pas rapidement oubliée de mémoire de banquier !

 

      Le refus de nationaliser a été en tous cas une occasion ratée d’acheter à vils prix des banques, ce qui aurait rapporter aux contribuables largement plus que les 8% d’intérêts grappillés lors des prêts à ces mêmes banques…pour une fois, les responsables de la crise auraient  payé les conséquences de leurs errements ! 

     Si cette heureuse exception historique n’a pas eu lieu, pour une fois cependant, l’histoire qui n’a pas coutume de resservir les plats, semble sinon se répéter, tout au moins en cet automne 2011 bégayer…laissera-t-on à nouveau passer l’occasion ? 

      

                                   Christian Guy – septembre 2011

Partager cet article
Repost0

Présentation Générale

  • : PREVISIONS ECONOMIQUES ET POLITIQUES - LES GRAPHES NOUS PARLENT
  • : Prévisions économiques et financières de long terme sur plusieurs années basée sur le cycle électoral pour différents pays portant sur plusieurs domaines: bourse, PIB, chômage, Taux d'intérêt, de change.
  • Contact

Pages