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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 12:50

 

Quelle réaction  la bourse aura le lundi 24 avril 2017 ?

Quatre scénarios sont possibles, partons de plus positif pour la bourse, qui ne manquerai pas d’être salué ainsi par une hausse pour aller vers le plus négatif, en n’oubliant pas que de l’élection de Mai 1981 en France à celle des Etats-Unis en novembre 2016, en passant par le brésil de juin de la même année , la bourse s’est toujours avéré talentueuses…pour se tromper dans ses prévisions électorale !

Le rêve : le second tour entre Fillon et Macron, si BFM et la presse économique ont souvent affiché leur préférence pour le second, rebuté par le conservatisme moral prêté au premier, le programme très libéral de l’ancien premier ministre serait tout même susceptible de fortement plaire au milieu financier. Pour le second tour, à tous les coups la bourse gagne….le rêve donc !

L’optimisme : un second tour Fillon –Le Pen, ou Macron-Le Pen, serait susceptible de laisser entrevoir la victoire de ses poulains préférés, même si la présence du FN au second tour augure de difficulté à faire passer des thèses très favorable à l’Europe et à la mondialisation à long terme.

Le doute : un second tour Mélenchon-Macron ou Mélenchon-Fillon montre qu’un courant hostile au libéralisme est en train de se constituer, et laisse poindre les risques d’un troisième tour social. Le deuxième cas, Fillon-Mélenchon est un scénario à la grecque, que la similitude dans l’effondrement du PS, rend possible alors que le FN peut ne pas être présent au second tour du fait de candidatures (Dupond-Aignan, Asselineau, Cheminade) chassant en partie sur les mêmes terres…

La cata ! : un second tour Le Pen-Mélenchon, là on est retourné 36 ans en arrière le 11 mai 1981…car c’est un enterrement de première classe proclamé sinon garanti, pour l’euro, le libéralisme, l’Europe et la mondialisation …le 11 mai 81 la baisse avait été de l’ordre de 20 %....

Après un an ou deux, elle comprit que le socialisme recentré peut très bien lui convenir, des études de long terme montrent que les actions prospèrent plus sous la gauche, que sous la droite…Il a fallu moins de temps encore à Alexis Tzipras pour passer des proclamations révolutionnaire à un programme de privatisation et de coupe dans les budgets sociaux sans précédents…donc acheter au plus bas quelques semaines après la secousse pourrait être alors judicieux, toutes choses égales par ailleurs…

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 07:58

 

La France qui va bien ou qui y croit encore contre la France qui va mal et qu’y n’y croit plus.

Comment expliquer à une semaine du premier tour des présidentielles, l’existence de 4 blocs de niveau à peu près comparables : Fillon, Macron, Le Pen, Mélenchon ?

A l’intérieur des deux blocs traditionnels droite-Gauche, une Fissure est apparue au fur et à mesure que chacun des deux blocs tour à tour au pouvoir échouait dans ses promesses essentielles.

A droite on peut opposer le vote Fillon, sociologiquement composé d’indépendants, de retraités et de hauts revenus, qui constituent globalement la France pour qui cela ne va pas trop mal ; à la France de Marine Le Pen dont une récente enquête a démontré que plus on était mécontent de sa situation et plus on était tenté par ce vote, c’est incarnation même du vote protestataire. Si de façon caricaturale le vote Fillon est celui de la France qui va bien, ou pas trop mal, le vote Le Pen incarne la France qui n’y croit plus, tant au niveau intérieur par les échecs successifs de la droite et de la Gauche, que sur le plan extérieur, pour les promesses de la mondialisation et de l’Europe.

Même dualisme à gauche de façon moins clivant entre le vote Macron qui est celui de personnes intégrées, ceux qu’on a longtemps appelé avec moquerie les bobos, soucieux de modernité économique et sociétale, opposé au vote Mélenchon, aux contours marxisants, cherchant à ressusciter la fonction tribunitienne du presque feu Parti communiste Français. Dans « la gauche de la gauche » comme elle aime à s’appeler on ne croit plus dans les institutions, on appelle même à la fondation d’une 6 éme république, et encore moins à la mondialisation libérale ou à l’Europe de Madame Merkel. Sur le plan sociologique, les choses sont plus confuses à gauche qu’à droite, car il y a dans le vote Macron un vote de jeunes entrepreneurs, issus parfois des cités, qui galèrent et ne croit plus que dans l’économie ‘Uber’ pour leur permettre de s’en sortir avec leur « petite entreprise » comme le chantait si bien Baschung. Inversement le vote Mélenchon abrite quelques « bobos » qui s’amusent à se faire peur et trouve que cela fait très tendance.

Evidemment, d’autres clivages peuvent servir de grille de lecture, et celui-ci est forcément simpliste comme toute opposition binaire, mais cette coupure entre une France qui croit dans les évolutions actuelles en jouant à fonds la carte de la compétitivité (Fillon) ou de la modernité (Macron) et celle nostalgique d’un ordre ancien, socialement (Mélenchon) ou identitairement (Le Pen) est tout de même assez apparent. De ce morcellement interne de la droite et de la gauche, naissent 4 blocs….à la fois différents et pas si dissemblables de ceux des années 70 entre le RPR-UDF et le PS-PC….la grande différences étant sans doute la très faibles automaticité des reports de voix à l’intérieur de la droite ou de la gauche pour le second tour…de cela on pourra traiter la semaine prochaine……

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 12:49

Les 15 ans de l’Euro…un anniversaire bien discret.

Il y a 15 ans, 3 ans après les places financières , 5 ans après la fixation irrévocable des parités, et 10 ans après la signature la Traité de Maastricht, l’Euro devenait une réalité quotidienne pour des millions de citoyens européens.

 

Le bilan politique de l’Euro.

On évoque souvent le bilan économique de l’Euro.

Dans les aspects positifs, on le sait, la fin du risque de change (les dévaluations compétitives des pays d’Europe du Sud), la baisse du taux d’intérêt à court terme rendu possible par la disparition de la nécessité de soutenir le franc face au mark, la baisse des taux d’intérêt à long terme dont ont profité les pays à l’abri de la crédibilité allemande, même si ceux d’Europe du sud ont voulu jouer au passager clandestin en ne respectant pas le pacte de stabilité. Au-delà de la disparition des frais de changes, peut aussi citer la faible inflation, garante à première vue du pouvoir d’achat.

Dans les moins, des politiques monétaires trop restrictives à long terme : taux d’intérêt à court terme ne baissant pas aussi rapidement qu’outre atlantique à la suite de la crise de 2008, la BCE continuant à craindre l’inflation alors qu’on ait à la limite de la déflation, monnaie durablement forte anesthésiant le moteur extérieur et surtout en 2011-2014 des politiques budgétaires restrictives en plaine reprises faisant rechuter lourdement la croissance. Les résultats en terme de croissance et d’emploi sont à l’encans, l’Europe et singulièrement la zone Euro est devenu le boulet de la croissance mondiale, ne semble trouver comme solution que ce qui en faisant justement son originalité : le sacrifice de sa protection sociale. Ce ne sont pas des politiques conjoncturelles, mais des reformes structurelles (comprenne retour en arrière) que viendra la solution, les politiques conjoncturelle doivent neutre…foie de monétaristes…

On connait un mieux à partir de fin 2014, avec une baisse du pétrole, de l’euro et surtout la mise en place d’une certaine monétisation de déficits au grand dam de l’orthodoxe allemand, mais aussi de notre loi de janvier 1973 interdisant les avances de la banque de France. Cet assouplissement à peut être sauvé l’Euro…en tous cas lui aura donné une période de rémission, lui qu’on donnait moribond à l’hiver 2011-2012..il fallait sauver l’Euro…..en sacrifiant la croissance.

A-t-on exagéré le risque de disparition de l’Euro pour pousser les peuples à accepter les sacrifices ? l’histoire le dira peut-être un jour, en tous cas on assista à une belle inversion entre moyens et fins…ce n’était plus l’euro qui était au service de la croissance, mais la croissance sacrifiée qui était au service du sauvetage de l’euro…Après les pays que doivent s’adapter à la monnaie alors qu’on est normalement dans une situation inverse…on est dans une Europe qui aime les inversions ….

 

Le bilan politique peut être en partie présenté positivement. L’Euro, 15 ans après son introduction dans la vie quotidienne donne corps la construction d’un nouvel Etat européen, le doit de battre monnaie n’est-il pas ce qui identifie la naissance d’un Etat, tels les états issus de l’ex URSS qui se sont empressé d’avoir leur monnaie une fois sorti du giron soviétique.

N’oublions pas que l’euro a été créé pour des raisons politiques, par un François Mitterrand guère féru de la chose économique.

L’objectif était d’arrimer l’Allemagne à l’Europe de l’ouest alors qu’on craignait avec la chute du mur de Berlin que l’Allemagne retrouve les penchants bismarckiens du « mittel Europa ». Surtout on souhaitant diluer dans l’ensemble européen une Allemagne passant de 60 à 80 millions d’habitants …. devenue bien peu contrôlable.

Pressentait-on déjà que c’était la fin du couple franco-allemand, tout couple digne de ce nom reposant sur une égalité, à la base économique ? Ainsi profitant de l’occasion historique d’un Helmut Khôl acceptant d’imposer aux allemands la disparition de leur monnaie, le Marck , fierté national, surtout sans recourir au referendum dont il devinait la réponse négative (déjà cette fâcheuse tendance de l’Europe à faire la démocratie en passant outre la volonté des peuples), François Mitterrand pensa passer les menottes aux allemands, leur lier les mains sur la table, sans qu’ils s’en rendent compte….Triste bilan 25 ans après ou c’est plutôt le reste de l’Europe, a commencé par la France qui semble menotté, volontairement face à une Allemagne leader incontestée de l’Europe. On est loin du concept de souveraineté partagée présenté pour faire accepter les pertes souveraineté. On allait retrouver à plusieurs ce qu’on avait déjà perdu partiellement seul.

Le déclin de l’influence politique de la France a été certes accéléré par l’entre en 2004 de pays voisins de l’Allemagne, dans son influence économique. On espérait que l’influence politique traditionnelle de la France, la politique de revers contre l’Allemagne, suffirait à compenser. Hors, l’influence politique n’est que la conséquence de la suprématie économique, et à croire que c’est en adoptant la monnaie allemande, ce qu’est en réalité l’euro, c’’était le ‘deal’, compréhensible du sacrifice de l’Allemagne (on perd le mark, mais il est remplacé par un substitut régi par les mêmes règles strictes) qu’on devient l’économie allemande, on a miné notre économie. Une France qui comme beaucoup de pays d’Europe du sud, a des PME financées par le crédit, et non des grandes entreprises financées en bourse, une France qui possède une compétitivité prix et non hors prix, ne peut supporter bien la pratique de taux d’intérêt élevé et d’une monnaie forte, d’autres telle l’Italie en on payé depuis 15 ans encore plus chèrement le prix…avant cela l’Angleterre de Thatcher, cher à F. Fillon, avait fait le même choix du sacrifice de l’industrie, pour la force de la livre et de la city à l’époque.

Les dommages ont été pires dans les pays d’Europe du sud : en l’absence de flexibilité monétaire, plus de monnaie à dévaluer avec une monnaie unique pour tous, on passait à la flexibilité réelle, ou plus exactement sociale : baisse des salaires, de la protection sociale….les grecques ont appréciés en version lourde ce que nous dégustons quotidiennement, en tous cas dans les discours en version light. Au-delà de la monnaie, c’est même le modèle de croissance qui est devenu allemand : priorité aux marchés extérieurs en contrepartie d’une croissance interne en baisse, faute de natalité en Allemagne, faute dynamique salariale dans le reste de l’Europe. Plus on scarifie ses salaires, plus on marque des points sur les marches du voisins, sauf qu’on ne peut exporter plus que si le voisin ne pratique pas la même politique. Ce jeux de passager clandestin ne peut fonctionner que si un seul pays le pratique…il est même mondial avec la possibilité offerte de délocaliser en chine, et donc de ne plus verser du pouvoir d’achat en Europe, tout en profitant de celui-ci, fiancé par les rares qui y sont restés.

L’Europe n’est pas une Zone monétaire optimale, le marché du travail notamment n’est pas intégré, les barrières de langues, la non reconnaissance des diplômes, les différences culturels, ne donne pas envie à un grecque, frappé par une politique inadapté d’aller vivre à Hanovre. Alors qu’un habitant du Wyoming peut plier bagages pour aller vivre dans le Wisconsin.

A cela s’ajoute le déphasage de conjoncture, qui rend très difficile la fixation d’un taux d’intérêt et de change unique pour une seule zone. Les derniers indicateurs quant à la convergence, à la divergence devrait-on dire, sont même problématiques : les écarts de productivité ont tendance à se renforcer.

Les pays d’Europe du nord, tel l’Allemagne craignent qu’un chômage faible n’alimente l’inflation, d’où le recours aux flux migratoire, quand les pays d’Europe du sud ou le chômage est proche ou au-delà des 20% souhaitent une lutte contre le chômage et utilisent pour ce faire le seul instrument laissé à leur disposition, la politique budgétaire…deux pilotes dans la même voitures, un qui appuie sur le frein de la politique monétaire, quand l’autre enfonce à pleine force sur l’accélérateur de la politique budgétaire…c’est le tête à queue assurer à long terme…

L’objectif de l’Euro était de faire l’emporter le politique sur l’économique. Cela faisant près de 20 ans, après le fameux rapport Warner de 1972, que l’on songeait à la mise en place d’une monnaie unique. L’ECU avec le SME en était les prémices mais on en voyait la date bien éloignée tant étaient grandes les divergences entre les pays…à monnaie unique pays unique, et en tous cas politique unique et non souveraineté des politiques conjoncturelles partages entre état et instance européenne.

Mais l’échéance aurait été de plusieurs décennies, et François Mitterrand n’a pas voulu rater l’opportunité politique d’un Helmut Khôl prés à imposer cela contre son peuple avons-nous dit. Il pariait sans doute sur le fait quel l’Europe s’est toujours réalisé dans l’urgence, et qu’il fallait faire preuve de volontarisme politique. Le politique doit commander à l’économique. Mais , il n’est pas de politique qui vaille sans la prise en compte des réalité comme disait le grand Charles, et même s’il avouât qu’on ne faisait pas rêver les français sur des courbes de croissances, se serait-il lancer dans une politique aussi aventureuse, qui aurait sans doute fonctionner dans une période de prospérité, celle-ci permettant de financer le coût social d’une convergence à marche forcée, et si les peuples avaient accepter la perte totale de leur souveraineté budgétaire..L’Europe est malade de ces demis-pats….on ouvre la porte sans vraiment y entrer

 

Ces deux exigences, croissance économique et perte totale de la souveraineté budgétaire acceptée par les peuples, au regard de la faiblesse structurelle de la croissance et des résultats de scrutins dans le monde en 2016 apparaissent comme bien hasardeux…Sans les possibilités économiques, le volontarisme politique est donc de peu de portée, aura été la leçon de l’histoire de l’Euro s’il ne survie pas à une prochaine période de difficulté, on ne peut mettre la charrue politique avant les bœufs économiques…En tous cas si l’Euro a bien permis un renforcement des instances européennes, on est loin du rêve de dilution de l’Allemagne…c’est plus l’effacement de la France qu’il faut acter 20 ans après.

Il reste que si l’Euro survie grâce à une reprise durable et à une perte de souveraineté budgétaire, se pose un autre problème : dans quel mesure une zone de libre-échange a-t-elle besoin de pays se ressemblant tous….alors qu’on pourrait convenir qu’une zone de libre-échange requiert une complémentarité des spécialisations…ainsi n’y aurait-il pas contradiction en les projets politiques d’intégration et monétaires de convergences d’une part et le projet commercial de complémentarité d’autre part…si ressembler à l’Allemagne n’est pas chose facile, et ce n’est probablement pas en adoptant sa monnaie qu’on s’y prendra le mieux, on y gagne qu’affaiblissement économique et effacement politique, est-ce même chose souhaitable, pour le pays…et pour toute l’Europe ?

 

C.G. 28 janvier 2017.

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 07:09

 

 

     Le protectionnisme : faisons le point.

 

A quelques jours de l’investiture de Donald Trump, revenons sur ce qui a fait sur le plan économique l’originalité de ses propositions : le recours au protectionnisme.

Cet argument électoral peut être né d’une analyse fine de la carte électoral, l’idée que les « sweeping states, Etats qui pouvaient faire basculer l’élection étaient en proie à des délocalisations. Mais au-delà de l’opportunisme électoral, il reste une proposition discutée sur le plan économique.

Cette thématique est certes inhabituelle pour des républicains attachés en période de prospérité au libéralisme économiques, libéralisme qui par ses principes repose sur la libre entreprise et le libre-échange. Historiquement, si les républicains ont été parfois isolationnistes sur le plan diplomatique contrairement aux démocrates, ils ne l’étaient pas sur le plan économique, le « grand old party » étant le parti du « big business », à présent on dirait « pro business ».  Cependant au début de la crise de 1929, l’apathie du pouvoir républicain face au phénomène, le fameux « laisser faire laisser passer» ne fût démenti que par le recours au protectionnisme tarifaire du président Hoover. Déjà la crise était prétexte aux entorses au dogme libéral.

Cette malheureuse initiative  protectionniste donna lieu à une surenchère mondiale durant toute les années 30 , jugée à présent très sévèrement par les économistes. Le protectionnisme déboucha sur des guerres commerciales, aggravées par des dévaluations en cascade initiées par l’Angleterre en 1931. Il ne resta que la France à prolonger l’orthodoxie libérale, jusqu’en 1936 tout au moins, pour son plus grand malheur, il ne faut jamais respecter les règles du jeu quand tout le monde triche !

 

On a retenu de ce recours généralisé au protectionnisme durant les années 1930 le fait que l’on privait l’économie du progrès technique et des rendements d’échelle qu’entraîne la pression de la concurrence internationale, ce qui empêchait les gains de pouvoir d’achat qui alimentent ordinairement à long terme la croissance. Progressivement la croissance est anesthésiée. Pour un bénéfice immédiat et ponctuel, quelques secteurs dangereusement menacés par la concurrence étant sauvés, on se prive à long terme des vertus générales du libre-échange, telle une bonne allocation des facteurs au niveau international, chacun évitant les productions dans lequel il est inefficace. On évite ainsi  les « goulets d’étranglement » qui bloquent la croissance lorsqu'on essaye de tout faire seul. Imaginons nos entreprises handicapées par des ordinateurs français d'un autre temps ou nos voitures roulant au gazogène….

Mais A. Smith lui-même avait déjà remarqué qu’entre un bénéfice général à long terme, si général et disséminé que personne n’en n’a vraiment conscience, et un coût immédiat et concentré sur quelques victimes, qui ne manqueront pas de manifester tapageusement, le pouvoir ne manquera pas de donner raison aux seconds plutôt qu’aux premiers.

Il existe un paradoxe dans la thématique du protectionnisme, elle est assez populaire dans l’opinion publique, alors qu’il est par contre assez difficile, voire impossible, de trouver des économistes favorables à son application générale et durable. Est acquis l’échec des stratégies autocentrées des pays en développement des années 60-70: la Chine a commencé à décoller une fois qu’elle a accepté de s’insérer dans le commerce international, ses recettes à l’exportation lui permettant de financer des achats d’équipement. Il n’y a qu’un protectionnisme ponctuel et ciblé, le fameux protectionnisme éducateur ou défensif, qui trouvent une justification théorique : on protège un secteur précis le temps qu’il rattrape son retard. C’est ce que le fît l’automobile japonaise de 1955 à 1975…le protectionnisme définitif abouti lui à la Traban…voiture produite par l’Allemagne de l’est de 1961 à 1989…sans modification et sans qu’il ne soit prévu quelques évolutions…

Au-delà du retard technologique, le recours au protectionnisme provoque d’autres coûts. On y perdrait en pouvoir d’achat : qui a envie de payer son textile 'made in France' 3 fois plus cher ?  Cependant, on y gagnerait en emploi, plus précisément en emploi non qualifié, des secteurs à faible valeur ajouté ne seraient plus victimes de la concurrence des pays à bas salaires. C’est là que l’on trouve que la France et d’autres ont fait avec la mondialisation le choix du chômage pour sauvegarder le pouvoir d’achat.

On a certainement à partir du début des années 80 sous-estimé le coût en emploi de la mondialisation, d’où son emballement à partir des années 90…On a un peu signé trop facilement des accords de libre échange (Uruguay-round) ou admis au sein de l’Europe des pays à niveau de vie radicalement différent ( Europe de l’est en 2004) dont on pensait que la faible productivité et le retard technologique suffiraient à nous mettre à l’abris de leur concurrence redoutable. L’idée du «redéploiement » , thème fort des années 80, était que les emplois non qualifiés perdus dans les secteurs à faible valeur ajouté que nous abandonnions à la concurrence des pays à bas salaires, seraient compensés par le développement des hautes technologies (aérospatiale, armement..). Comme souvent les erreurs, elle n’a pas été totale : il est exact qu’avec l’argent que les pays en développement gagnent en exportant des produits à faible valeur ajouté ils nous achètent des hautes technologies ; ce n’est pas aux américains qui savent très bien en faire eux-mêmes que l’on va vendre des avions, des centrales atomiques, des terminaux téléphoniques, des trains ou des armes, mais plutôt aux chinois ou aux indiens. Cependant, progressivement ces pays nous rattrapent, peut-être plus vite que nous le pensions, et ce d’autant que les ventes sont sous condition de transferts technologiques. Leur rattrapage en productivité et en technologie se réalise certainement plus vite que la vitesse à laquelle se renouvelle et se développe de nouvelles technologies pour lesquelles ils ne nous menacent pas encore à moyen terme. De plus, on a surestimé les retombées en emploi crées par ces secteurs à forte valeur ajouté : un équivalent en prix n’est pas un équivalent en emploi. Pour un airbus à 500 millions d’euros ayant créé 500 emplois fortement rémunérés, combien d’emplois perdus, peut-être 5000, par l’importation de 500 000 chemises à 10 euros ? Peut-être pensait-on que le dynamisme du marché intérieur, relayé par les hausses de pouvoir d’achat rendues possibles par les importations peu coûteuses compenserait le solde négatif du libre-échange en matière d’emploi, mais dans l’inflexion néo-libérale actuelle, ces emplois de service à la personne, de restauration et autres activités touristiques se sont avérés mal rémunérés, précaires et en temps partiel subit. La disparition du prolétaire de la sidérurgie à donnée naissance aux pauvres laborieux de chez Mac-do…le premier votait communiste, le second s’abstient…ou vote Trump et Le Pen !

On a sacrifié certains secteurs (le textile pour l’aviation) certains bassins d’emploi (Valenciennes pour Toulouse) certaines populations (les personne peu qualifiés pour les très qualifiés), certaines catégories: le secteur abrité profitant des prix bas importés (profession libéral artisans et commerçants, fonctionnaires), au détriment du secteur exposé à la concurrence internationale, et à ses affres de compression de personnel et salarial. Tout cela nécessiterait que les catégories gagnantes compensent leurs bénéfices d’un approvisionnement à prix bas par des transferts à destination des perdants. Mais la mondialisation a cela de tristement remarquable qu’elle empêche la réparation de ses propres dégâts : toute augmentation des prélèvements entraîne des risques de délocalisation des entreprises, des fortunes, sans parler de la fuite des cerveaux…

Comme tous les phénomènes économiques, la mondialisation compte donc des gagnants et des perdants. On est loin de la «mondialisation heureuse » promise par A. Minc….pour qui elle représente des d’opportunités à l’exportation quand les marchés européens stagnent. David Ricardo lui-même, le chantre du libre-échange, indiquait que certains pays y gagneraient plus que d’autres, le Royaume unis plus que la France par exemple, et que certaines catégories, la paysannerie anglaise, y perdrait quand d’autres, le secteur industriel y gagnerait. Enfin, il évoquait le fait que toute concurrence entraîne une harmonisation de la rémunération des facteurs, dit en terme moins élégants, cela signifie que quand les salaires des pays plus pauvres monteraient ceux des plus riches baisseraient….On est donc vraiment , même sur le plan théorique, bien loin de la présentation « heureuse » de la mondialisation faite par ceux qui ont financièrement intérêt à son approfondissement quand celle-ci aboutit à une protection sociale et une redistribution toujours plus faible.

Cependant, si le libre-échange a été payé au prix fort par les pauvres des pays riches, elle a par contre en 30 ans permis de sortir plus d’un milliard d’être humain de la pauvreté : le libre-échange entraîne une réduction des inégalités au niveau international, (les Pib des pays qui s’insèrent s’est rapproché de celui des pays riches) mais une augmentation des inégalités à l’intérieur des pays. Certes, en Chine, le nouvel ouvrier vie moins dans la misère que lorsqu’il était paysan, mais c’est bien peu par rapport aux fortunes des quelques maoïstes reconvertis, avec succès dans l’aventure entrepreneuriale, finalement il n’y a pas qu’en France que cela s’est produit ! Dans les pays riches, les salariés des secteurs abrités profitent de la baisse des prix des produits importés, les entreprises de hautes technologies  voient dans nos concurrents des clients, les hauts revenus profitent des baisses d’impôts nées de la concurrence fiscale...il y a donc bien , même chez nous des gagnants d'un libre échange anarchiquement conduit...

Car le consommateur est à côté de l’actionnaire le grand gagnant de la mondialisation . Il bénéficie avec les importations de plus de choix, la pression concurrentielle extérieure permet une amélioration de la qualité et des prix plus bas. Cependant, il ne doit pas oublier qu’on ne peut consommer que sur la base des revenus que l’on a gagné par son activité. Le consommateur du samedi qui achète des produits turques, tunisiens ou chinois,pourrait-il le faire longtemps s’il est le licencié de la semaine, ou qu’il voit son salaire pressuré par cette concurrence, quand ce n’est pas ses impôts augmentés pour payer les dégâts sociaux du libre échange (le chômage et son cortège de délinquance, d’addiction à l’alcool, aux stupéfiants.) ? A quoi cela sert-il de payer ses produits 10 % moins chers, si c’est pour payer 10 % d’impôts en plus ?

Il faut dire que face à la mondialisation, la France n’a pas choisi la stratégie gagnante.

Quand les allemands ont choisi la compétitivité produit ( oubliera-t-on longtemps que dans l’automobile allemande les salaires sont supérieurs aux français et le temps de travail pas supérieur) en France on tente la compétitivité prix. Stratégie désespérée, car outre qu’il parait illusoire de s’indexer sur les salaires de certains pays en développement, il y a certains éléments dès la compétitivité prix que nous ne maîtrisons pas, telle la monnaie, avec un euro qui sur 17 année a plutôt été une monnaie sur évaluée que sous-évaluée.

Etre favorable à la protection de l’environnement, des hommes (protection sociale) implique d’été favorable au protectionnisme commerciale, les deux premières protections sont conditionnées par la  troisième car imposer à nos entreprises des coûts environnementaux (marché des quotas d’émissions, réglementation ) sociaux (cotisation sociales) sans les protéger des pays qui ne le pratiquent pas, expose aux pertes d’emplois. Il ne faut pas oublier que nous  sommes avec l'extension du libre échange de plus en rarement dans une concurrence entre entreprises (oui au sein de l’UE avec les pays ayant les mêmes exigences) mais de plus en plus souvent dans une concurrence entre systèmes économiques, et qu’en la matière c’est le moins disant qui l’emporte.

Plus largement l’Europe a généralisé depuis 30 ans un modèle de croissance basé sur la compétitivité extérieur. On baisse ses salaires, sa protection sociale (mais pas sa monnaie..) pour gagner en compétitivité. Ce faisant, on déprime son marché intérieur, ce qu'on espère compenser par des gains sur les marché extérieur. Stratégie qui serait gagnante si il n’y avait que quelques pays ou passagers clandestins, à faire ainsi. Mais si cette stratégie est généralisée à l’ensemble de l’UE, il est illusoire d’exporter plus chez un voisin qui déprime également son marché intérieur. Ainsi l’Europe devient–elle le boulet de la croissance mondiale, quand les Etats-Unis en reste la dernière locomotive aidée par les facilités que lui donne le dollar en matière de déficit de la balance des paiements. Que l'on pense au fait que l’U.E. compte plus d’habitants que les Etats-Unis mais que l’on continue à attendre d’outre atlantique la croissance montre à quel point l’Europe, emprisonnée dans ses stratégies de de downsizing, est incapable d’initier une croissance interne !

Ne s’agit-il pas également d’une recherche mal comprise de la compétitivité ? On a déjà évoqué ici l’erreur d’un modèle français recherchant la compétitivité prix quand c’est le modèle allemand de la compétitivité produit qui s’est avéré fructueux avec son rang de premier exportateur industriel mondial. La nouvelle théorie du commerce international souligne que c’est du développement du marché intérieur que vient la compétitivité. Une consommation dynamique favorise la création d’entreprise, des innovations sont rentabilisées grâce aux l’économie d’échelle nées d’un commerce intérieur prospère, innovations aidées par les aides de l’Etat et autres commandes publiques, dans des pays (Etats-Unis et Japon) où ne sévit pas la commission de la concurrence et l’application rigide de ses principes de la « concurrence libre et non faussée ». Le produit étant enfin mature technologiquement et ses coûts abaissés, (pensons ici là la compétitivité du cinéma américain rentabilisé sur 320 millions de spectateur quand le français ne l’est que sur un marché de 30) peut être avec succès exporté. On concilie ainsi compétitivité prix et produit. L’Etat et le consommateur sont ici à la base de la compétitivité, on est loin du modèle européen actuel ou le moins d’Etat (baisser la protection sociale, chasser les dépenses et services publiques) et le sacrifice de la consommation intérieure (baisser les salaires) apparaissent comme l’horizon indépassable de la compétitivité extérieure.

En Europe, on est du reste dans un modèle où c’est le commerce extérieur rendu possible par des exportations facilité par la compétitivité prix, qui doit tirer la croissance du PIB. Ne s’agit-il pas plutôt de passer à un modèle keynésien ou c’est la croissance interne qui par l’importation, l’importation des uns étant l’exportation des autres, qui entraîne le développement de commerce international ?

 

Un seul point fait consensus entre les économistes : il existe une forte corrélation entre commerce international et croissance. Du sens de la relation vient le débat, dans le modèle actuel c’est le commerce qui doit tirer la croissance, d’où les politiques de libéralisation des échanges et de compression des masses salariales, le pays étant allé le plus loin étant le vainqueur. Succès individuel, échec collectif. Ne s’agirait-il pas plutôt de s’intéresser à l’autre causalité où c’est la croissance des marchés intérieurs qui entraîne le développement du commerce international ?  En tout cas, la stagnation de celui-ci ces dernières années en même temps que la croissance faiblit, montre qu’on est peut être parvenu au bout de la première logique. Si le protectionnisme systématique, durable, n’est pas une solution, on se prive du progrès technique et des rendements d’échelles grand pourvoyeurs de croissance à long terme et pour lesquels la pression de la concurrence international est un aiguillon nécessaire, il est probable qu’on est allé trop loin et surtout trop vite dans la libéralisation Pas le "free Trade", mais le "fair Trade" disent parfois nos amis d'outre-atlantique. Avant de refaire le monde, commençons tout au moins par l’Europe, par une harmonisation sociale et fiscale. Une fois encore ce n’est pas l’extension du libre-échange qui est une erreur, mais sa réalisation sans harmonisation préalable….alors elle ne profite pas à tous. Alors oui, si on est pour la protection des personnes (protection sociale), de l’environnement ( protection environnementale ) , il faut être pour le protectionnisme…sinon, on est la victime de ceux qui pratiquent les dumpings sociaux, environnementaux et monétaires….comme tous les jeux, le libre-échange ne vaut le coup d’être joué que si tout le monde respecte les règles, là comme ailleurs il y a prime aux tricheurs….qui a dit que l’économie était chose morale ?

 

C. G. 15-1-2017

 

 

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 07:34

 

   Nouveau modèle de croissance, nouveau modèle social.

 

Résumé : On est passée d’une logique « interne » de gauche ou les gains de productivité élevés sont redistribués sous forme de conquêtes sociales , à une logique « externe » libérale où c’est la baisse des prix des produits importés renforcé par la faiblesse de l’inflation interne qui alimentent vaille que vaille l’élévation des niveau de vie.

 

On a beaucoup évoqué le fait que pour la première fois depuis 150 ans les nouvelles générations ne sont plus certaines de vivre mieux que les précédentes , et sont même presque convaincues que pour elles cela sera pire qu’avant.

Les primaires républicaines qui peuvent du point de vue économique et sociale se résumer à une surenchère libérale sont évocatrices du fait que de façon justifiée ou pas, là n’est pas aujourd’hui le débat, l’heure n’est vraiment plus aux conquêtes sociales réglementaires imposées aux entreprises (35 heures, smic..) qui nourrissaient les envolées lyriques des fins de meeting de gauche…

Alors comment alimenter le « mieux être », ou en tous cas faire naitre l’espoir d’un monde meilleur ?

 

L’ouverture des économies crée un dumping social, la « mondialisation heureuse » ne l’est pas socialement pour les salariés des secteurs exposés à la concurrence internationale. C’en est donc fini non point uniquement de la semaine des 2 dimanches comme le disait Paul Reynaud en 1938, mais plus largement de toutes conquêtes se traduisant par une nouvelle réglementation plus contraignante pour les entreprises….sinon elles délocalisent.

Ainsi est-on passée d’une logique « interne » de gauche ou les gains de productivité élevé sont redistribués sous formes de conquêtes sociales , les entreprises y étant contraintes par une législation sociale, c’était le modèle fordo-keynésiens ; à une logique « externe » libérale où en ces temps d’épuisement du progrès technique et des gains des gains de productivité ( la raison à long terme de la fin des 30 glorieuses ) c’est la baisse des prix des produits importés renforcé par la faiblesse de l’inflation interne, toute deux conséquence du dumping sociale née d’une concurrence mondialisée, qui alimentent vaille que vaille l’élévation des niveau de vie.

Le principale problème de ce modèle est que dans ce contexte de concurrence fiscale généralisé qu’il interdit toute redistribution des gains à l’échange entre secteurs gagnants et perdants ( secteur exposé, secteur abrité de la concurrence internationale)  qu’entre catégorie gagnantes ( diplômés urbains, cadre dirigeants, actionnaires et profession libérales) et perdantes (pauvres laborieux ne parvenant même pas à vivre de leur travail à temps partiel subi).

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 08:34

Economie ouverte, société ouverte….mais pas politique ouverte !

Depuis le milieu des années 80 Droite et gauche ont su se retrouver sur le thème de l’ouverture.

L’ouverture économique libérale, à droite, où rappelons le nom de libéral repose sur l’attachement à la libre entreprise mais également au libre-échange.

Au flux économique « de droite » si on peut dire, s’ajouté les flux humains, de mode de vie, de la gauche. C’est l’attachement de la gauche à l’ouverture des frontières migratoires, d’ailleurs non contraire au libéralisme économique, y compris dans sa forme la plus avancé des libertariens, eux même favorables à une évolution des modes de vie, en tous cas à une grande liberté individuelle en la matière, quand la droite traditionnel pouvait faire coexister une discours libéral sur le plan économique et très ‘collet monté » sur le plan culturel…c était la figure du notaire de province..

Ces convergences entre libéralisme économique de droite et culturelle de gauche ont été synthétisées par la figure du « bobo »

L’ouverture politique, tentative ouverte par F. Mitterrand en 1988, n’a pu trouver sa place dans le scrutin majoritaire. Elle aurait-même plutôt cédé la place à la fragmentation politique avec l’apparition des deux fronts, du Front national et front de gauche, expliquant l’accroissement des inégalités par la mondialisation, l’Europe libérale.

A ne pas (à droite) ou ne plus (à gauche) dénoncer (à droite) ou lutter contre (à gauche) les inégalités de revenus, centre droit (Les Républicains) et centre gauche (le Parti socialiste) sont incapable de lutter contre la marée montante des extrêmes, alors que leur convergence idéologique et de gestion dans les faits sont proches.

Le jeu des institutions de la V république, institut-elles vraiment le fait majoritaire, ou pas plutôt ci le fait fragmentaires ?

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 07:43

CIP, CPE, loi travail….Un mauvais calcul politico économique.

On ne s’interrogera pas ici sur l’opportunité économique à long terme de ces mesures, qui reposent sur une ligne de partage entre politique de l’offre (l’emploi précaire et peu rémunéré incite des employeurs hésitants à l’embauche), à politique de la demande (l’emploi précaire incitant à épargner et les faibles salaires empêchant la consommation, dépriment doublement la demande).

On constatera cependant que si des gouvernements libéraux (Balladur et le CPE, De Villepin et le CPE) étaient dans leur rôle, par contre la majorité actuelle est plus que jamais éloignée des principes keynésiens.

Ce qui rapproche de façon étonnant ces mesures distantes de 22 années dans le temps (CIP en 1994, CPE en 2006 et loi travail de 2016) c’est leur proximité dans le calendrier électoral, et leurs mauvais rendements politico économiques.

Chaque fois un pouvoir cherche à un an de la présidentielle inquiète par le coût électoral du niveau élevé du chômage une mesure dans coût budgétaire permettant de baisser le chômage, après au moins une année précédente inactive en matière d’emploi. Chaque fois on s’inspire de la philosophie libérale en choisissant des politiques de l’offre dont l’application met du temps pour être positive comme toutes mesures structurelles opposée à des mesures budgétaires à l’efficacité plus rapides. Mais surtout chaque fois « on se met à dos » une catégorie électorale , les jeunes en 1994 et 2006, les salariés en 2016, ce qui sera d’un coût électorales élevé : Ces maladresses couteront à Balladur la présidentielle, (faible écart entre lui et Chirac au premier tour par défaut des voix des jeunes) , fermeront les routes du pouvoir à De Villepin, quand à la majorité actuelle elle a parachevé sa rupture avec « le peuple de gauche » comme l’aimait à l’appeler Pierre Mauroy.

Ces mesures ont été prise à contretemps, comme toutes mesures néo-classiques elles auraient dues être prise en début de mandature, le bénéfice économique d’une baisse des statistiques du chômage aurait compensé électoralement le coût politique des populations utilisées en variable d’ajustement.

Comme quoi, nos hommes politiques à qui l’on prête le noir dessin de ne faire que des calculs électoraux sordides, ne sont guère doué pour le calcul politico-économiques…

Christian-Guy octobre 2016

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 07:50

Modèle majoritaire centrifuge, ou modèle minoritaires centripète ?

Ce qui est bon dans l’ordre politique l’est-il dans l’ordre social ?

Longtemps on a légitimé le phénomène majoritaire, faut-il rappeler la fameuse phrase, un peu méprisante du ministre socialiste Emmanuelli à l’endroit de l’opposition de droite au début des années 80 : « vous avez juridiquement tords car vous êtes politiquement minoritaires ».

Il semble logique quand il y a désaccord dans une société, quitte à ne pouvoir contenter tout le monde, de pouvoir au moins contenter la majorité.

Mais Alexis de Tocqueville avait entrevue les risques de « la tyrannie de la majorité », la majorité ne doit pas légiférer au point de remettre en cause les droits fondamentaux de la majorité.

On pourrait même penser, que si la minorité à réaliser le score de 48 % , 48 % des lois devrait aller dans son sens…cela n’est guère applicable car peu quantifiable et allant trop à l’opposé de majorité qui sont déjà contraintes au quotidien dans l’application de leur programme par le principe de réalité à en abandonner une partie…et à prendre de fait en compte malgré eux les souhaits des opposants…quand la réalité vient sauver la démocratie….

Ce désir de prendre en compte le fait que les minoritaires n’ont pas à être tenus pour quantité totalement négligeable, des citoyens de seconde catégorie, donne lieu à chaque soirée électorale à la généreuse déclaration de la part du vainqueur « je n’oublie pas que 48 % des français ont eu un autre vote et je serai me comporter en Président de tous les Français »..D’ailleurs le président nouvellement élu démission de son parti le lendemain de l’élection.

Ce qui est vrai dans l’ordre politique se retrouve dans l’ordre social.

Nous sommes allé d’une société ou dominait le fait majoritaire, avec quelque part des forces intolérantes mais centrifuges, l’assimilation de population étrangères se réalisant par l’oubli de leur culture, le fameux « nos ancêtres les gaulois » appris par tous sans distinction d’origines, de l’Auvergne à la Martinique, des enfants des maçons italiens à ceux de mineurs polonais en passant par ceux de journaliers espagnols, à une société ou sont reconnus les droits des minorités.

C’est le fameux tournant de 1983 où la gauche par acceptation du marché a remplacé la lutte contre l’exploitation par la lutte contre l’exclusion, la figure de l’ouvrier ayant moins, étant remplacée par cette de minorité, sexuelles, ethniques, religieuse sans droits bafoué par le fait majoritaire. A défaut de pouvoir changer l’économie, il semblait plus réalisable et donc payant électoralement de se fixer de changer la société, à moins que ce ne soit de prendre acte d’évolution sociale, en changeant les lois.. Au moins y-aurait-il un bilan flatteur à présenter en fin de législature, c’est tout a fait ce qui se fera avec Hollande et la loi sur le mariage pour Tous.

Ainsi est-on passé à une société ou la majorité semble quasiment illégitime, qui ne se souvent de la fameuse phrase de la PDG d’Areva, Anne Lauvergeon, disant avec mépris « quand je reçois un cv d’un mâle (I.E.) blanc de 35 ans , il est sur d’être envoyé au panier », les propos inverses auraient immédiatement entrainés des lourdes condamnations à l’intéressée…

Or les pays , en général anglo-saxon ou domine cette vision communautariste d’agrégation d’identité différentes sont en général très inégalitaires sur le plan économique. Il semblerait y avoir un couple reconnaissance de droits des minorités, augmentation des inégalités économiques tant dans les comparaison géographique (synchronique) que dans les évolutions historiques (diachronique) notamment pour la France. Or combien de temps une société peut rester unie alors que la travaille un creusement des inégalités ? Ne reviendra-t-ton pas à des problématiques économique du 19 éme, marxites, coupant la société verticalement, et non plus des problématiques sociales coupant la société horizontalement entre identité différents ? ’N’est-on pas en train de faire de faire de ce modèle de droits des minorités un modèle aux forces centripètes, de désagrégation de la société, certes parce que des communautés différentes sont par définition différentes, mais surtout parce qu’il a y question à se poser sur la réalité du lien social qui existe dans une société à l’échelle des revenus de plus ouverte….outre ouverture de la société ouverte…..

Fragile équilibre a trouvé entre l’intolérance, qui peut aller jusqu’à la négation de droits fondamentaux, d’un modèle majoritaire au forces centrifuges, et modèle constitué d’agrégation de droits de minorités, modèle communautarisme américains, qui n’a jamais brillé par ses capacités à réduire les inégalités.

Finalement après la crainte de Tocqueville quand à la tyrannie de la majorité ne serons nous pas passé à la tyrannie des minorités ?

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 11:33

2017, tout est-il jouer d'avance ?

Handicape économique à gauche, handicape sociale à droite.

L’échec quasi inéluctable auquel semble promis hollande est lié on le sait à l'incapacité à conduire une politique de gauche dans un contexte mondialisé, basée sur la compétitivité favorisant dans une lecture de court terme le dumping social, situation aggravée par un contexte européen ou domine les politiques conjoncturelles restrictives. Ne pouvant plus séduite la gauche économique, populaire, il ne lui reste plus que la gauche culturelle, bobo, séduite par la loi sur le mariage pour tous, l'ouverture des frontière migratoire aux syriens, auquel s'ajoute quelques mesures clientéliste, pour les enseignants, la droite a les agriculteurs et les médecins, chacun à ses pauvres...

Avec 20 % de l’électorat, tout au plus sensibles à ces maigres atouts, le ps court structurellement à l'échec, il ne peut séduire sa gauche économique, alors que la droite bénéficie au contraire d'un cadre économique mondiale libéral qui la favorise.

A cette remarque aussi répandue que justifiée, il faudrait cependant ajouter qu'inversement, les évolutions sociologiques obligent la droite à combattre le mariage pour tous, mais à indiquer avec beaucoup de logique qu'elle ne le supprimera pas...l'échec de Giscard d'Estaing en 1981 était en partie du à la frange la plus conservatrice de son électorat qui ne lui pardonnait toujours pas la loi Veil , dans parler des résultats décevant de Sarkozy sur l'insécurité ou la maîtrise des flux migratoires.

Les primaires, ou la tentation de l'ultra libéralisme

Le mécanisme de la primaire oblige à droite le candidats à la surenchère libérale, et ce d'autant qu'un électorat centré sur les inactifs ( retraité, personne au foyer) les indépendants et les couches supérieurs des salariés ( cadres sup et dirigeants) incite à faire porter dans les programmes le poids des ajustements sur les couches moyennes et populaires salariés, c'est à celui qui remettra le plus sévèrement en cause les 35 heures, le CDI, la retraite, supprimera le plus de poste dans les services publiques...pas sur que ce qui fait recette dans un électorat très typé, comme tout électorat, face forcément recette dans un électorat ou domine les classes moyennes salaires...c'est là encore l’échec de l'udf das sa rivalité avec le ps s'appropié ces couche qui avait conduit à l'échec de 1981 à droite..out les trahisons...Certes le fait de s'aliner le couches populaires n'est plus un handicape pour la droite, elle les retouves paetiellement par le dicours sur l'immigration et l'insécurité, même si ; elle a ici le fn comme rival sur ces terrains là, et surtout ces franges populaires se réfugient dans l'abstention, c'eest ici l'échec du mouvements de mélanchon de ne pas avoir réussi à capter l'électorat communiste en déshrance..

L'arlésienne de la reprise tardivement d'actualité.

De plus la reprise économique qui se fait jour, sera sans doute faible, peut-être rapidement compromise car elle intervient très tardivement par rapport à la reprise américaine, le Président est devenu inaudible sur le sujet tant il la promise en vain....mais cette reprise existe tout de même, laissant augurer d'une baisse de chômage pour la fin du mandat...un peu le contraire de ce qu’avait connue jospin en 1997-2002 ou après 4années de baisses du chômage il en avait connu une hausse la dernière année, le faisant trébucher, entre autres choses bien sur, pour les présidentielles.

On sait que les électeurs « ont la mémoire courte » il se pourrait qu'ils votassent en fonction de la dernière année, c'est tout ce que peut souhaiter hollande, avec la surenchère libérale, pour lutter contre les vents structurellement contraires sur le plan économique.....

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 08:32

Droite et Gauche, victimes de leurs centres.

La droite libérale, orléaniste aurait dit rené Rémon sociologiquement urbaine, diplômée, financièrement favorisé, à su conserver une droite plus populaires artisan commerçant, salarié plus modestes, retraité, en utilisant les discours sur la responsabilité , le sens de l’effort, les thème de l'immigration , l'insécurité ou l'identité....faire croire que s'il est vrai que celui qui gagne 10 % de plus que l'autre à fait en générale 10 % d'effort en plus, ce qui parle au classe moyenne en situation d'ascencion sociale, à force d'effort et de privation, eh bien celui qui gagne 10 fois plus que les autre a fait 10 fois plus d'effort...à moins qu'il ne soit 10 fois plus nécessaires..là à été tout le succès de la campagne de Sarkozy de 2007, travailler plus pour gagner plus.

Cet électorat de droite polaire, bonapartiste ou légitimiste aurait dit rené Remond, ,ne se rend pas compte que l'ouverture croissance de l’économie, les baisses d'import des plus défavorisé dont le coût est forcement un alourdissement de celui des classes moyennes ou une baisse des droits sociaux des plus humble allait contre leurs intérêts.

De la même façon à gauche, le centre gauche et les écologistes, auquel on a donné la figure du bobo, suivent cette gauche qui s'est résolu à ne plus être sensibles qu'aux problèmes de l’exclusion des minorités au point que le terme de l'exclusion à totalement évacué des discours celui de l'exploitation , qui faisant encore flores dans les discours de gauche des années 70, mais qui a disparu dans les poubelles de l'histoire avec le changement de logiciel...et d’électorat en 1983. On flatte les minorités, on revomie les droits nouveaux pour celle-ci, ce qui permet de se sentir à l'aise dans le cadre européen actuel, et on promet que demain , c'est promis, l'Europe sera plus sociale, des thème aussi traditionnel à gauche que revalorisation salariales, baisse du temps de travail, ont totalement disparue, sans parlers des droits sociaux dans l’entreprisses dont la loi Travail de ce printemps à une conception très particulières..et pourtant cet électorat sera à nouveau sollicité, on en put gagner les élections avec les minorités et les fonctionnaires, tout comme on ne peut les gagner à droite avec les indépendants et les retraités...alors que classes moyennes salaires de droite comme de gauche...vote pour des programmes , qui économiquement tout au moins, leur tourne le dos..ou en font même les vraibles d'ajustement.

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