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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 16:47

 

Une étude rétrospective sur 19 mandats américains 

 

Les débuts de mandat,  période startégique pour prévoir les peformances boursières de l'ensemble d'un mandat.

 

 

 

 

 

        D'ici fin 2012 , la bourse américaine devrait connaître une croissance positive

         

 

 

 

             La période qui s’est déroulée de juillet à décembre 2009 est peut-être passée inaperçue aux yeux de beaucoup, pourtant elle était fondamentale : il s’agissait du second semestre de la première année de mandat de B. Obama.

          Or, une rétrospective historique sur 19 mandatures montre qu’il est rare que la tendance qui se dégage lors du second semestre de la première année n’indique pas ce que sera la tendance moyenne du mandat, mandat qui n’en n’est pourtant qu’à ses débuts…..

        Quelques évidences statistiques pour les incrédules…puis quelques   explications.... et prévisions 

 

 

 

       1) Depuis 1933 la corrélation entre progression de la bourse au second semestre de la première année du mandat d’un président américain et ce qu’elle sera sur l’ensemble de son mandat atteint 0.57.

 

  

 

             Le tableau 1 nous présente les coefficients de corrélation (R2) entre les hausses  de la bourse pour chacun des semestres d'un mandat, au total 8 pour les 4 années que dure un mandat présidentiel américain, et les performances de l'ensemble du mandat. On observera que le second semestre de la première année présente un fort taux de corrélation avec les performances de l'ensemble de la mandature. 

 

 

    Tableau 1 : coefficient de corrélation entre les semestres d'un mandat et la performance moyenne du mandat (1933-2008)

 

7 jui 1-copie-1

 

 

 

              Le graphique nous confirme visuellement la forte corrélation entre la performance de la bourse observée au premier semestre de la première année et la performance sur l'ensemble du mandat.

 

S 2 générale

 

 

 

 

       2) Les prévisions effectuées à l’aide de ce raisonnement atteignent des coefficients de corrélation de 0.64 à 0.98 avec les résultats à prévoir.

 

       Nous avons construit un modèle par la régression des deux séries statistiques précédentes sur la période 1933 -1992. Cette régression  fait apparaître un R2 ajusté de 0.57.  Les projections ou simulations historiques pour les  quatre mandatures  allant de 1993 à 2008 donnent un R2 de 0.64.

       Nous présentons les caractéristiques du modéle  et sa représentation  graphique qui permettent de juger de sa fiabilité. 

 

 

                                          Tableau 2 : Modèle 1

 

7 juill 0.57

 S2 0.57 graphique

                           progression semestrielle moyenne

 

 

      Un second modèle a été construit en ajoutant une variable muette ou ‘dummy’ pour marquer les alternances politiques. 

 

 

                                               Tableau 3 : Modèle 2

 

7 juill 02 

S2 0.70 graphique

 

 

         Notre modèle comme le démontre le R2 de 0.98  est  performant pour hiérarchiser les mandats : ainsi arrive-t-on  bien a  classer dans l'ordre les performances relatives des 4 mandatures allant de 1993 à 2008. Par contre, les prévisions en valeurs absolues sont d'une qualité nettement moindres, notamment pour les deux dernières mandatures.

 

 

       3) Explications....et prévisions

 

      Comment expliquer cette forte corrélation ? Le second semestre de la première année est celui où sont mises en place les politiques économiques…il donne le 'La'…bien sur, elles seront ensuite l’objet d’inflexion, d’ajustement…mais une direction générale est bien donnée.

      Pour rassurer certains, précisons que la progression sur 6 mois du dow jones pour le second semestre de la première année de la mandature de B. Obama a atteint une moyenne mensuelle de 4.25 en ....Cela peut inciter à l'optimisme....exprimons cependant 2 réserves:

       - Il faut prendre en compte que les mandats d'alternances démocrates sont en général marqués par une situation particulièrement positive en ce semestre stratégique. Cette  évolution positive   n'est donc pas aussi prometteuse que si elle avait été observée lors d'une alternance républicaine. 

     - Nos prévisions de performance mensuelles moyennes pour l'ensemble du mandat sont autour de 1.7 pour le premier modèle et de 1.9 pour le second , soit une synthèse à 1.8. En juillet 2011, sur les 30 premiers mois du mandat d'Obama, nous sommes à 1.68 en moyenne. Il y a donc place pour une accélération....mais elle ne serait pas fulgurante.    

       Là encore, rappelons que si nos modèles sont performants pour hiérarchiser les mandats (2009/13 serait un bon crû) ....ils le sont beaucoup moins pour en donner les performances en valeurs absolues...Contentons nous donc prudemment d'indiquer que la fin de mandat serait positive.

 

 

 

 

      4) Des situations à distinguer.

 

 

           Il importe donc d'effectuer les prévisons en prennant en compte la situation  relative du semestre 'stratégique' par rapport aux performances de l'ensemble du mandat, situation qui diverge selon les conjonctures politiques.

          Nous présenterons en annexe les différents cas .

 

      

 

                                             Christian Guy - Juillet 2011

                                                  Docteur  en  sciences  économiques

                                                                                                        Agrégé de Sciences sociales

                           

                                     

 

 

                                              Annexes

 

S2 Republcains

 S2 Democrates

  S2 Alternances

  S 2 reconduc

 

 S2 DA

  

S2 DR

 

S2 GA

 

 S2 GR

 

 

  

 

            

 

                                                

                                                

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 16:18

 

Vous voulez améliorez vos prévisions boursières de 4 % ?....

introduisez des variables politiques !

 

 

 

 

 

 

 

             Nous présentons un modèle politico économique pour la prévision boursière, ici celle de la place New York.

 

         Nous régressons notre modèle sur la période 1929 – 1992 afin d’établir des prévisions semestrielles pour la période 1993 - 2010.

         Notre objectif est pédagogique. Nous considérons que la transposée de moyennes passées, ou l’analyse graphique, sont les meilleurs moyens de prévoir à l’aide de la théorise du cycle électoral. Cependant, la pratique de la prévision se réalisant avant tout par la modélisation et les régressions….nous nous soumettons en quelque sorte à impératif.

         Dans un article précédant, nous avions souligné à travers la ‘méthode des corrélations’ que des évolutions semestrielles s’effectuent souvent en réaction à d’autres précédentes, et que l’on peut en la matière observer des régularités politiques. Ainsi la façon de réagir du premier semestre d’un nouveau mandat, n’est pas la même que celle du dernier, moins sensible…

 

 

 

I) Présentation du modèle.

 

 

 

        Nous introduisons donc dans notre modèle les évolutions boursières des trois précédents semestres, ainsi que le présente notre Tableau en annexe.

 

 

       Notre tableau nous montre ainsi que la réaction inverse aux évolutions en cours il y a 3 semestres (-18) est significative pour le second semestre (B) de la première année (1). On observera également que le premier semestre de la seconde année (2A)  réagit positivement aux évolutions des semestres précédents…

       A coté de ces variables de réaction, nous avons introduit plus classiquement des variables muettes prenant la valeur 1 pour le semestre concerné. Ainsi le premier semestre de la troisième année (3A) apparaît généralement positif, c’est l’inverse pour le premier de la quatrième année (4A).

 

        En effectuant une régression sur plus de 120 semestres, nous donnons quelque valeur à notre travail. Mais peu de variables apparaissent comme significatives sur une si longue période, nous en obtenons au total 6.

 

 

 

II) comparaison des qualités prévisionnelles.

 

 

        La projection de ce modèle obtient un coefficient de corrélation de 0.25 avec les évolutions à prévoir entre 1993 et 2008. Ce n’est pas élevé, mais nous n’avons jamais prétendu que les variables politique devait remplacer les autres, mais pas totalement inintéressant.

 

 

 

modpo 1 B 

 

    

      En effet, nous avons sur la même période 1929 / 1992 régressé un modèle économique constitué des mêmes données , les cours des 3 précédents semestres, mais sans faire de distinctions politiques. Nous obtenons des projections de meilleures qualités, car le coefficient de corrélation est de 0.32.

 

 

mod po 2 B

 

        

 Cependant si on additionne les prévisions de ces 2 modèles, on aboutit à une corrélation de 0.36….0.4 de mieux, ce n’est pas très conséquent, mais cela souligne qu’en ignorant l’introduction de variables politiques on se prive d’améliorer la qualité des prévisions…0.04 point de corrélation, cela peut se traduire en sommes conséquentes dans des opérations boursières….

        

 mod po 3 B

 

                     

 

 

                                     Christian Guy – Juillet 2011

 

 

 

 

 

                                                              Annexe

 

 

 

                                     tab juin 2011

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 14:19

Bourse : prévoir les fins de mandats 

 

 

Actions et élections :

faut-il jouer les élections de 2012 ? 

 

 

 

Décembre 2012, fin du mandat de B.Obama,  ne serait pas l’apocalypse pour la bourse

 

 

 

   

           Nous avons souligné dans une précédente étude que les mois entourant les élections présidentielles américaines sont globalement une période de stabilisation boursière…..revenons sur ce globalement, nous allons préciser ici les 4 évolutions types que l’on observe dans les mois entourants l’élection présidentielle américaine.

          Les élections américaines ont un mérite : être systématiquement à la date prévue, les élections anticipées étant impossible outre atlantique.

          Constater l’existence de mouvements boursiers réguliers à proximité des élections permet de prendre des positions intéressantes sur le dow jones.Comme à l’habitude pour les Etats-unis, nous étudierons ces évolutions au travers de 4 situations politiques possibles.

 

 

I) Les alternances de Droite : une fête de courte durée….

 

 

  autour DA

 

 

          Qui dit alternance de droite, c’est-à-dire élection en novembre d’un nouveau président républicain faisant suite à une présidence démocrate, dit fin de mandat démocrate. Or les fins de mandats démocrates sont en général haussières. Parfois comme en 1952 ou 2000 la reprise préélectorale démocrate commence certes déjà à marquer le pas. Que l’issue soit incetaine (2000) ou que la victoire républicaine soit acquise d’avance (1980), chaque fois la victoire républicaine est saluée par les cambistes.  Elle le sera même fortement en novembre et décembre 1952, après 20 années de domination démocrate. La plus grande proximité du monde des affaires avec la droite ne se dément pas. L’élection à l’arrachée de novembre 2000, et la dégradation de la conjoncture au tournant de l’année 2001, ne permettront pas à la bourse de connaître une hausse prononcée, mais on observera tout de même une stabilisation, et un petit pic en janvier.

          Mais les réjouissances sont de courte durée. Très vite, les milieux financiers prennent conscience que l’arrivée de la droite au pouvoir signifie la mise en oeuvre de mesures restrictives qui vont mettre à mal la croissance. Ainsi dans un délai de deux mois après l‘installation, vers mars – avril,  la bourse commence à baisser. Est-ce l’épuisement de la relance électorale des démocrates ou la tonalité restrictive des républicains qui explique  ce retournement ? ….probablement les deux. En quelque sorte après la fête, la gueule de bois…

    

 

   

 II) Les alternances démocrates : besoin de changement dans une période négative.

 

 

 

          Pour analyser l’impact d’une victoire démocrate à la suite d’un mandat républicain, il nous faut là encore nous intéresser aux mois précédents les élections. 3 des 4 alternances démocrates intervenues depuis 1953 se sont produites après  8 années de présidences républicaines. Les républicains étaient parvenus au terme d’un cycle de croissance de 6 ou 8 années  qui débute en général avec la reprise de fin de deuxième année du premier mandat. Il en est quasiment de même en 1992 quand Bill Clinton met un terme à 3 mandats républicains consécutifs…

         L’évolution de la bourse est donc après 8 ou 12 année républicaines à l’image de l’économie…..assez déprimée. Soit après 12 ans un nouveau cycle semble poussivement prendre forme (1992), soit au bout de 8 années on n’y est pas encore parvenu, on est même au coeur de la tourmente (2008). En tous cas les mois précédents une alternance démocrate sont au mieux marqués par la stagnation, en général par la baisse de la bourse.

         Après des fins de mandats républicains difficiles, malgré le peu d’appétence de la bourse pour la gauche, même s’il s’agit d’une gauche très modérée pour les démocrates américains, le désir de rupture est important, l’arrivée probable de mesures de stimulation est bien accueillie.

        Ainsi la victoire démocrate est saluée par une hausse, qui ne fait que s’accélérer par la suite. En 2008 - 2009, le caractère très dégradé de la conjoncture limitera le sursaut de la bourse à une simple stabilisation de deux mois, il faudra attendre Avril 2009 pour que les cambistes reprennent vraiment espoir.

        Le cycle électoral atténue ou renforce des évolutions, il ne peut pas les inverser à long terme.

 

 

III) Reconduction républicaine : la bonne nouvelle

 

 

       La reconduction d’un républicain est sans conteste la bonne nouvelle: la bourse n’aime pas l’incertitude et de plus préfère les républicains…

          Au demeurant, si les républicains réussissent à être reconduits, c’est parce que la conjoncture est bonne…. tous ces facteurs accumulés,  cela fait 3 raisons d’être satisfait.

         La bourse est donc stimulée par la reconduction républicaine, alors qu’elle connaissait souvent juste avant la stabilisation observée en quatrième année . Passés ces quelques mois d’euphorie entre novembre et janvier, on observe généralement à nouveau une stabilisation vers mars avril….prise de bénéfice ou nouvelles mesures restrictives de début de mandat républicain obligent.

 

 

IV) Reconduction démocrate : la tuile !

 

 

 

          La plus sûre façon de faire déchanter un boursicoteur dans une période d’euphorie : lui annoncer la reconduction d’un président démocrate….

          A l’instar des reconductions républicaines, celles des démocrates se passent dans un bon climat général, sinon, ce qui relève presque de la lapalissade, il n’y aurait pas de reconduction…

         Notons cependant que la fin d’un premier mandat est souvent plus positive chez les démocrates que chez les républicains. Les alternances républicaines se caractérisent par un fort redémarrage en milieu de mandat , d’où des fins de mandats moins prometteuses. Inversement, les alternances démocrates après un début ‘en trombe’ ont des milieux de mandats plus difficiles, en 2011 nous y sommes, ce qui laisse des potentialités de hausses plus fortes la quatrième année (2012).

         C’est donc dans un contexte positif qu’arrive la mauvaise nouvel d’une reconduction du président démocrate : en novembre 1949, 1964 et 1996 ;  on observera une légère pause, avant que ce petit chagrin oublié, on redevienne plus optimiste. Cet optimisme s’explique par la bonne conjoncture, la certitude qu’en cas de difficulté des mesures de stimulations seront prises, et une reconduction, fût-elle démocrate,  permet au moins d’échapper à l’incertitude.

 

 

Conclusion :  pas d'apocalypse pour décembre 2012 !

 

          A l’heure ou la toile bruisse de prévisions aussi fantaisistes que sinistres sur la fin de l’année 2012, livrons les nôtres, moins fantaisistes on l’espère, en tous cas moins négatives.

        Si les précédents historiques sont respectés, et les hésitations de la bourse en cette troisième année démocrate en laissent la possibilité, les potentialités de hausse de la bourse pourraient être importantes dans la 4 ème année démocrate de 2012.

         Une reconduction des démocrates, après un tassement en novembre - décembre 2012, n’interromprait pas l’ascension de la bourse. Inversement, une victoire de l’élu de leur cœur, un président républicain, donnerait du baume au coeur des cambistes… mais le réveil pourrait être difficile à partir du printemps 2013…..

 

 

 

                       Christian Guy – juin 2011

                    Docteur    en    sciences    économiques

                             Agrégé de sciences sociales

 

 

 

 

                                               

   Annexes: 20 périodes électorales 

depuis 1949  

 

 

 

 

A) Les alternances républicaines

 

 

autour DA

 

 

 

 

autour Ike 1

 

 

 

 autour Nix 1-copie-1

 

 

 

 

autour Reg 1

 

 

 

 

autour Bush jun 1

 

 

 

 

 

 B) Les alternances démocrates

 

 

 

autour GA

 

 

 

 

 autour Ken 1

 

 

 

 

autour carter 1

 

 

 

 

autour clin 1

 

 

 autour obama

 

 

 

 

 

 

 C) Les reconductions républicaines

 

 

 

autour DR

 

 

autour Ike 2

 

 

 

 

autour Nix 2

 

 

 

 

autour Reg 2

 

 

 

 

autour Bush 89

 

 

 

 autour Bush jun 2

 

 

 

 

 

 D) Reconduction démocrate

 

 

 

 

 

 autour GR

 

 

 

 

 autour truma, 48

 

 

 

 

 autour jons 64

 

 

                                             

 

autour clin 2

 

   

                                         Copyright 2011 - tous droits réservés.

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 13:48

Une nouvelle méthode de prévision boursière :

La méthode des corrélations.

 

  

          Les investisseurs boursiers, un peu à l‘instar du bon sens populaire, aiment à faire des prévisions en fonction d’une situation présente: quand les uns disent noël au balcon, pâques au tison, les autres répondront que janvier indique la tendance annuelle…..

      Quelle est la réalité du bon sens populaire ou plus exactement ici boursier, de ces accumulations d’expériences plus ou moins théorisées ?

       Peut-on vraiment à partir de l’évolution boursière d’un semestre anticiper ce qui se produira dans le suivant ?

      Notre réponse sera qu’en effet en fonction de leur situation dans la chronologie d’un mandat, certains semestres possèdent plus ou moins la capacité à prévoir des évolutions.

       Pour cela, nous découperons les mandats présidentiels américains de 4 ans en 8 semestres, nous tenterons d’établir des correspondances ou corrélations entre eux  à la lumière des 14 mandats accomplis de 1953 à 2009.

 

 

I)  Périodes de retournements et périodes de stabilités.

 

   

             Il existe clairement deux périodes de retournement boursier durant un mandat.

           Le tableau 1 présente les coefficients de corrélations entre un semestre et les suivants.

 

corel T1

 

 

          Dans la première ligne, cinquième colonne, nous observons que le coefficient de corrélation du premier semestre de la troisième année (3 A) de mandat est de -0,57 avec le semestre suivant. Les valeurs observées sont de encore de -0,35 par rapport à l’évolution dans 2 semestres (deuxième ligne) et de -0,46 par rapport à celle à l’œuvre dans 3 semestres (troisième ligne). Nous sommes donc clairement en face d’une période de retournement.

            En plus du milieu de la troisième année, il existe une autre période de retournement, certes un peu moins marquée : le début d’un nouveau mandat. En effet la 8 ème colonne qui présente les coefficients de corrélation du dernier semestre du mandat (4 B) par rapport aux évolutions à 6, 12 et 18 mois, laisse chaque fois apparaître des coefficients négatifs.

            Les retournements de milieu de 3 ème année sont particulièrement marqués lorsque la Droite est au pouvoir (tableau 2) et lors des alternances (tableau 4). Dans ces deux cas, on est alors au début du redémarrage après des débuts de mandats difficiles.

 

 

corel T 2

 

 

corel T 3

 

corel T 4

 

corel T 5

 

           S’il existe des périodes de ruptures, il en existe également de continuité. Ainsi les évolutions à l’œuvre au premier (1 A) et second (1 B) semestre du nouveau mandat sont rarement contredites les semestres suivants, pour calmer tout espoir vain, il s’agit en général de baisse…On observera cette même tendance à la prolongation mais cette fois ci de hausses, lors des débuts de reconduction (Tableau 5).

 

 

II) capacité à prédire à plusieurs semestres.

 

         Notre étude possède également une ambition, le développement de la prévision de moyen terme que nous considérons comme relativement possible à l’aide de la théorie du cycle électoral.

        Nous constatons dans nos divers tableaux que les coefficients de corrélation restent élevés à plusieurs semestres, les coefficients faibles sont épars et non dominant pour les prévisions à long terme. Ainsi  le second semestre de la troisième année (3 B) présente un coefficient de corrélation de 0, 62 pour ses prévisions à 6 semestres. Le semestre 2 A des présidents démocrate affiche des coefficients inverses de 0,40 en moyenne pour des prévisions portant jusqu’à 7 semestres. Le semestre 4 B possède des coefficients de corrélation de valeur proche de 0,90 pour des prévisions à 4 ou 5 semestres.

        Nous pourrions prolonger longtemps ce qui deviendrait une fastidieuse revue de détail. Rappelons cependant que chacun de ces tableaux est fait au minimum à l’aide de 5 mandats (prévisions pour la Gauche), il y en à 9 pour la Droite, 7 pour les alternances et autant pour les reconductions, ce qui donne tout de même une certaine significativité aux statistiques obtenues.

 

 

III) prédire et être prédit.

 

 

 

A) Capacité des semestres à prédire les suivants.

 

 

        Les capacités de prévision des semestres sont-elles équivalentes ? L’avant dernière ligne de chacun des tableaux fait état de la valeur absolue moyenne des coefficients de corrélation. Ainsi 0,29 pour la colonne 1 A signifie que le début du premier mandat possède en moyenne des coefficients de corrélations, parfois inverses, de 0,29. C’est  élevé, il y a donc quelque vérité à prétendre s’aider du début du mandat pour prévoir les évolutions futurs, voire l’ensemble du mandat à venir (tableau 6). Le record est pour 3 B qui monte à 0,30, ce semestre se distinguant rappelons-le par ses capacités à long terme. Par contre les vertus prédictives de 1 B, presque toujours orienté à la baisse, et de 4 A, souvent stagnant sont assez réduites. Globalement ainsi que nous le montre la dernière colonne, les capacités prédictives vont en se déclinant avec le temps sauf pour les prévisions à 3 ou 4 semestres aux coefficients plus élevés qu’à 2, notamment pour les démocrates ou les reconductions : on retrouve ici le cycle des affaires.

 

B) Capacité des semestres à être prédit par les semestres antérieurs.

 

 

         Après la capacité prédictive, intéressons nous à la capacité à être prédit. Nous établissons dans la dernière ligne, les coefficients de corrélations des 8 semestres antérieurs par rapport à un semestre à prévoir. Ainsi dans le tableau 1, nous constatons nous obtenons pour la colonne 4 A  un coefficient de 0,32...c’est le record de ce tableau.  Il faut dire qu’il est une fois encore peu risqué de commettre des erreurs pour un semestre ordinairement assez atone. La gauche, qui aiment à pratiquer des politiques contra cycliques et se montre plus réactive possède globalement des coefficients plus élevés et détient quelque record tant pour la capacité à prédire qu’à être prédit, on observe plusieurs coefficients dépassant les 0,40. De même, les mandats de reconduction  présente globalement des coefficients plus élevés que ceux d’alternance, mais l’opposition est moins nette qu’entre droite et gauche.

 

 

IV) Prévoir l’ensemble d’un mandat.

 

      

         Le tableau 6 nous le montre, pour des statistiques reprenant l’ensemble des mandats depuis 1949, il existe de fortes disparités entre l’aptitude des différents semestres à prévoir l’évolution des mandats. Ainsi que nous l’avions suggéré, les premiers semestres, et singulièrement le premier, constitue un bon indicateur….voilà qui incite à l’optimisme pour la mandature actuelle…nous reprendrons cela dans un prochain article.

 

 

corel T 6

 

 

V) La portée théorique de ces constats.

 

             Mandat de gauche et de reconduction se prêtent donc mieux que ceux de Droite et d’alternance à la prévision par la méthode des corrélations.   C’est heureux, car ce sont justement des mandats moins facilement prévisibles par celle de la transposition linéaire d’expériences passées (voire publication précédente).

          Sur le plan théorique, cela souligne que la Droite part d’avantage de présupposés : elle applique de façon assez systématique les politiques restrictives en début de mandat à des fins de lutte contre l‘inflation, stratégie qui est également la plus opportuniste électoralement car garantissant normalement une fin de mandat expansionniste propre à aider à la réélection. Pour la gauche, l’intervention de l’Etat dans l’économie est quelque chose de plus naturelle. Les Démocrates cherchent à stabiliser sur un sentier d’expansion l’économie en permanence, d’où des coefficients de corrélation plus significatifs, les semestres étant perpétuellement ajustés les uns par rapport aux autres.

          De même, en période de reconduction, où l’idéologie, et souvent les impératifs économiques dans un contexte de croissance fort sont moins forts, la politique cherche d’avantage à s’ajuster ou aléas ponctuels plutôt qu’à appliquer de façon doctrinaire tel ou tel programme de lutte contre l’inflation ou le chômage.

 

 

VI) La mandature de  B. Obama.

 

 

 

           La mandature de B. Obama, qui diverge dans son timing, plus que dans ses formes, des mandats conventionnels d’alternance démocrate, pourrait se prêter à notre analyse par les corrélations. Rappelons que le second semestre de la troisième année (3 B)  qui nous aidera à prévoir la période allant du  1 er juillet 2011 au 31 Décembre 2011 présente un coefficient inverse de 0,60 par rapport aux semestres précédents en tant que  mandat d’alternance, et de  -0,91 en tant que mandat de Gauche….Nous sommes donc probablement en cet été 2011 à une période d’inversion.

 

 

         Conclusion.

 

          Notre méthode des corrélation nous semble donc  particulièrement indiquée lors des mandats de reconductions, ou lorsque les démocrates son aux affaires, ces mandats reproduisant moins systématiquement les expériences précédentes.

         Elle est également propre à aider la prévision lorsque les évolutions s’écartent des évolution attendues, on peut alors espérer qu’à défaut de répéter linéairement des expériences passées, ces évolutions évolueront les unes en réaction des autres.

 

 

                   Christian Guy – juin 2011

               Docteur  en  sciences  économiques

                   Agrégé de sciences sociales

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 15:38

    Existe-t-il un cycle électoral du conflit social ? 

 

 

                  Nous arrivons vers l’année 2012, année de l’élection présidentielle et certains ne manqueront pas de le prévoir, d'un possible troisième tour social.

        Alors qu’en est-il en réalité , que nous apprennent les expériences passées quand aux craintes pour certains, aux espoirs pour d’autres,  d’une forte agitation sociale dans la période électorale ? 

 

 

            I) Il existe bien des ‘troisièmes tours sociaux’…surtout en cas d’alternance politique.

 

 

         A) Taux d’adhésion et conflictualité

 

          Notre étude est basée sur le taux d’adhésion aux syndicats dans 23 pays de l’OCDE. Cet organisme en donne les statistiques annuelles de 1960 à 2008 pour les pays membres .On pourrait objecter que le taux d’adhésion n’est par directement le nombre de conflits. Cependant la première statistique existe de façon standardisée pour de nombreux pays sur une longue période : une étude statistique est d’autant plus fiable qu’elle comporte un grand nombre d’individus.  Les statistiques de la conflictualité ne sont , elles ,  pas standardisées, chaque pays ayant sa propre méthode, et elle couvrent un champ chronologique beaucoup plus retreint.

         Il existe probablement un ’effet’ retard, une montée des conflits, comme en 1968 en France, entraînera un taux d’adhésion au plus haut un an après. Le conflit a rendu populaire l’action syndicale.  Cependant dés l’année de conflit, ici 1968, on observe tout de même une montée de l’adhésion aux syndicats.

 

 

 

        B)  Le cycle électoral de la conflictualité confirme que l’année des élections est celle de la forte mobilisation

 

 

SY tout

 

 

           Notre graphique nous montre l’évolution du taux d’adhésion aux syndicats en glissement annuel, les données sont en différentiel par rapport aux statistiques de l’ensemble de l’OCDE.

          Le taux d’adhésion enregistre une première hausse lors la seconde année du mandat, période traditionnelle de refroidissement de l’activité (PIB). Il faut en effet lutter contre les licenciements. Ainsi  perçoit -on la double conséquence du chômage : à court terme mobilisateur, à long terme démobilisateur car désagrégeant le corps social, incitant au fatalisme et faisant craindre les ‘licenciements sanctions’. La reprise de la croissance la troisième année va de pair …avec une reprise de la conflictualité, l’espoir renaissant, les entreprises renouant avec les profits, il y a ‘du grain à moudre’. Mais c’est la quatrième année qui sera la plus porteuse de revendications car si l’expansion se confirme, elle emmène également à long terme une reprise de l’inflation : chômage en baisse, inflation en hausse, le cocktail est explosif …élection rime bien avec contestation.

 

 

 

       C) Une conflictualité portée par les alternances politiques.

 

 

           Les troisièmes tours sociaux les plus intenses se produisent lors des alternances politiques, et souvent avec un certain retard.

       Examinons tout d’abord la situation lorsque la Droite accède au pouvoir après une défaite de la Gauche.

 

 

 

SY DA 

 

         Les alternances de Droite sont l’occasion d’une forte montée de la conflictualité. Elle entame ses mandats par des mesures particulièrement restrictives. A ce facteur matériel s’ajoute sans doute un facteur psychologique : le monde du travail  considère qu’il a tout à perdre d’une Droite réputée proche du capital, les rancoeurs sont exacerbées par la défaite de la Gauche. La situation devient explosive : c’est  le troisième tour social…il faut montrer les dents…pour ne pas se faire ‘gober tout rond’ ! . L’enlisement dans la dépression va ensuite faire chuter l’adhésion, le fatalisme s’installe. Il faudra attendre la reprise préélectorale pour que la mobilisation reprenne.

  

          Les alternances de Gauche sont également l’occasion d’un troisième tour social.

 

  SY GA bon

         

       

        On a connu en France en 1936 cette situation où le succès électoral de la Gauche donne des ailes à la contestation. S’il existe  par la suite un déclin,  la progression du taux de syndicalisation est tout de même plus élevée sur l’ensemble d’un mandat de Gauche par rapport à ce qu’on observe sous la Droite.   

       Paradoxalement, alors que les salariés ont moins besoin d’être défendus, ils se mobilisent plus lorsque la Gauche est au pouvoir. Cela démontre le poids ‘d’une conscience de classe ‘ pour reprendre le langage marxiste : la période est à un état d’esprit revendicatif qui incite à se mobiliser dans l’entreprise et à soutenir la gauche dans les urnes…nous avons évoqué dans une étude précédente l’impact de ces vagues idéologiques.

        Si on s’interroge sur la situation de la France pour 2012, on constatera donc qu’une victoire de la Gauche pourrai aller de pair jusqu’en 2013 avec une hausse de la conflictualité. Mais que se passera-t-il si la Droite remporte un nouveau mandat ?

        Pour répondre à cette question, présentons les cycles électoraux de l’adhésion aux syndicats lorsque la Droite ou la Gauche sont reconduites.

 

  SY DR V

 

 

         Une reconduction de la Droite en  2012 entraînerait une réaction moins vive que son arrivée aux affaires, il est vrai qu’une reconduction suppose une situation économique correcte , donc moins de ‘soupe à la limace’ à faire passer. Ce n’est qu’en 2014 que la mise en oeuvre plus progressive lors des reconductions que lors des alternances de mesures restrictives par la Droite entraînerait une hausse de la conflictualité.         

          Donnons, pour les impatients de 2017 , ce que donnerai une reconduction de la Gauche...

 

 SY DR

 

 

 

          II) …mais tout dépendra de la conjoncture économique.

      

         Ainsi qu’on l’aura remarqué, notre explication cyclique de l’adhésion aux syndicats est en grande partie due à la concomitance entre le calendrier électoral et les fluctuations du PIB : une dégradation vive tout comme une reprise forte de l’économie favorisent les syndicats, une période d’atonie leur est dommageable.

       Nous pouvons observer cette situation au niveau international mais également par exemple aux Etats-unis.

 

 

 

      A) En l’absence de retournement de l’économie en 2012, pas de reprise de la conflictualité.

 

       Etudions depuis 1960 l'évolution de l'adhésion aux syndicats pour l'ensemble de l'OCDE.

 

  SY Histo

 

           Nous observons que les conflits se développent lors des retournements de conjonctures : la prospérité a donné de l’assurance aux salariés, elle  a éloigné le spectre du chômage. Le ralentissement de la croissance, épuisement des gains de productivité et chocs pétroliers obligent, se fait dans un contexte inflationniste, donc pénalisant pour le pouvoir d’achat alors que les premiers plans sociaux apparaissent : inflation élevée, chômage brusquement en hausse, cela ne peut que favoriser l’adhésion aux syndicats. Les chocs pétroliers en 74,  79,  91 et  2000 sont autant de points de retournement de la conjoncture et de points hauts de l’adhésion aux syndicats.

         Ainsi, une poursuite de la reprise pourrait porter les conflits en 2012, car il y a bien  hausse de ceux –ci lors des précédentes phases d’expansion de 1987 / 1990  1997 /2000 ou 2006 / 2008.

        Un vif retournement pourrai y concourir également. L‘annonce de plans sociaux, et les ultimes rebondissements de la dette grecque n’éloignent pas ce risque, pourrai après la faible décrue du chômage de ces derniers mois, et la reprise de l’inflation alimentée par la hausse des produits de base, favoriser une reprise des conflits.

 

 

 

       B) Economie et élections, les clés de la conflictualité : l’exemple de Etats-unis.

 

 

         Afin de bien illustrer notre propos nous présentons l’exemple des Etats-unis, berceau du cycle électoral....

 

 

SY USA

 

           Nos barres rouges marquent les élections présidentielles tous les 4 ans. Selon le caractère plus ou moins avancé de la reprise électorale, on constatera que c’est en général à cette occasion que l’on observe une progression du taux d’adhésion.

            Nous soulignons également l’impact expansionniste sur le taux d'adhésion des alternances de Droite et de Gauche.

 

 

 

 

                 Conclusion :

 

          2012 étant une année électorale, il faut s’attendre à une adhésion plus grande aux centrales syndicales, car  les mesures de stimulation de l’activité, portent en germe via l’inflation et la lente décrue du chômage les facteurs de la mobilisation.

           Pour 2013, tout dépendra de l’issue des élections. Une victoire de la Gauche, qui aurait été portée par une idéologie plus favorable à la contestation, à la renonciation au fatalisme … se retrouvera dans les  entreprises après s’être perçue dans les urnes.

          Une victoire de la droite inciterait davantage à une accalmie sociale, mais un vif retournement de l’activité, à la hausse comme à la baisse, ne manquerait pas d’attiser les mouvements….or de l’inflation des produits de base aux problèmes de la crise grecque les facteurs ne manquent pas....

          Il faut ajouter à cela le facteur contagion. A l’oeuvre à la fin des années 60 comme le montrait notre graphique 6, il peut très bien à défaut de partir des facultés américaines comme il y a 45 ans , partir cette fois de l’Europe du sud….

          Depuis des décennies on vit dans l’attente d’un nouveau ‘Mai 68’, l’histoire ne se répète pas, surtout dans une situation de désagrégation de la classe ouvrière, d’individualisme de fatalisme et de nihilisme. S’il y a un mouvement ou plutôt des mouvements plus ou moins coordonnés ils seront forcément différents.

          Qu’ils se fassent par les jeunes, véritable variable d’ajustement de la crise depuis 40 ans, alors qu’ils sont au centre de la société sur le plan symbolique, pourrait être logique mais existe-t-il vraiment ‘une jeunesse’ ou pas plutôt des jeunesses…vielle problématique opposant penseurs non marxistes et marxistes….

           De leur capacité à dépasser l'antagonisme d’une catégorie qui se définit plus par ses pratiques culturelles réputées communes que par des origines sociales différentes dépendra leur cohésion et leur force de mobilisation....une montée vertigineuse du taux de chômage des jeunes généralisant le chômage à toute la catégorie et non plus au non diplômés pourrait en être le ciment....

 

 

                                             Christian Guy - Juin 2011

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 16:04

Les clés de la reprise :

redonner confiance aux ménages américains

 

Prennons garde à ce que les scénarios de 1937 ou 1981 ne se reproduisent pas

 

 

 

 

 

      A l’heure où apparaît des incertitudes sur la pérennité de la reprise, notamment outre atlantique, rappelons que la croissance du PIB repose pour les 2/3, sur la demande des ménages.

       Or, tant que la confiance ne sera pas au rendez-vous, les ménages américains ne quitteront pas la séquence de ‘credit crunch’ entamée au début de la crise en 2007. On sait que les cycles américains sont en grande partie des cycles confiance – endettement - prospérité / peur – désendettement - récession.

      Notre graphique nous présente l’évolution de la capacité de financement des ménages américains depuis 1970 (statistique  de l’OCDE).

 us capa hsito

 

        On constate  que les périodes de récession, lors des chocs pétroliers ou des guerres du golfe, périodes où se conjuguent marasme économique et peur politique, voient une forte remontée du taux d’épargne. Les ménages américains qui se sont excessivement endettés dans la période antérieure de prospérité, entrent dans une période de consommation restrictive et de désendettement. La locomotive de l’économie mondiale patine….

     Inversement, lorsque la confiance revient, un timide amélioration de l’économie redonne confiance, via la baisse du taux de chômage, qui conditionne également outre atlantique la protection sociale d’où son impact conjoncturel encore plus fort qu’en France ; la prospérité prend progressivement de l’ampleur.

      Les périodes de redémarrage sont donc cruciales, une erreur peut faire replonger : en 1937 ou en 1981 des mesures restrictives gouvernementales inopportunes avaient mis un terme à des cycles de  reprises …..On est probablement en cet été 2011 sur la lame de rasoir.

 

      Soulignons que le volet ‘confiance dans le lendemain’ sur lequel repose ce cycle peut également être affecté par la politique.

Nous avons dans une autre étude souligné les effets ‘euphorisants’ des campagnes électorales qui au-delà de mesures techniques de stimulation de l’activité peuvent favoriser les reprises de la croissance lors des élections.

      Notre graphique précédent nous montre clairement que la capacité de financement des ménages est orientée à la baisse lors des années d’élection marquée d’une barre verticale rouge cela se poursuit souvent l’année suivante; parfois il est vrai comme en 1981 ou 1989 , on observe seulement une pause dans un cycle de désendettement.

      L’énoncé (effet psychologique) et les mesures (effet technique) d’expansion aux débuts des alternances démocrates incitent les ménages à se s'endetter, alors que les cures d’austérité mises en place au début des mandats républicains conduisent les ménages américains à se désendetter…

 

 

       Après une remontée en flèche des capacités d’épargne des ménages américains en 2008 - 2009 , ce qui peut être souhaitable à long terme, tout le pari de B. Obama est malgré le niveau encore massif de chômage d’inciter ses compatriotes à consommer….le chalenge est dur car les fins d'alternances démocrates sont traditionnellement marquées par une remontée des capacités de financement. Il est vrai que celle-ci est autant le fait d'un désir des ménages d’assainir leur situations que la conséquence d'un effet de richesse rendant moins nécessaire le recours à l’endettement pour consommer.

       La confiance politique étant, sans doute dans une moindre mesure que l’emploi, une des clée de la reprise le rétablissement de la côte de popularité d’Obama ces derniers mois, tout esprit partisan exclu, ne peut être qu’une bonne nouvelle, tout signe allant dans le sens contraire ne peut qu’inspirer des craintes.

 

 

 

                                Christian Guy – juin 2011

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 14:11

       Analyse chartise et prévisions boursières :

 une analyse politico économique du dow jones

1953 - 2011        

 

 

 

 

      Nous présentons une méthode de prévision de la bourse américaine (dow Jones industriel) à partir d’une analyse chartiste semestrielle. Les mandats de 4 ans sont découpés en 8 semestres On observera qu’un certain nombre de régularités sont présentes .

 

 

I) Les 6 temps d’un mandat.

 

 

        Nous découpons les mandats en 8 semestres (de 1A pour le premier semestre de la première année du mandat à 4B pour le deuxième semestre de la 4 ème année). Nous portons également sur le graphique l'année antérieure (notée M- ) et celle postérieure (notée M+ ) au mandat étudié.  

            

  Plusieurs 'temps' réguliers sont à abserver.

 

 

 

m tout 53 V

 

 

            

 

 

 

 

1) La pause électorale.

 

      D’une façon générale, les mois qui sont autours de l’élection présidentielle sont l’occasion d’une pause, les cambistes étant dans une relative incertitude. Cette pause est matérialisée d’une flèche bleue sur le graphique.

 

 

2) Le premier semestre : en relation avec l’année précédente.

 

        Le premier semestre (1 A) est en réaction par rapport à la quatrième année du mandat précédent si l’évolution a été excessive (correction).Ainsi, on observera un déclin si l’année précédente  a été fortement haussière. Ceest souvent le cas  en fin de mandat démocrate . Inversement, une forte baisse à la fin d’un mandat républicain provoquera une forte hausse au début du mandat démocrate suivant.

        Par contre, si l’évolution de l’année antérieure au nouveau mandat a été mesurée, le premier semestre du nouveau mandat, voire l’ensemble de la première année, s’inscrira dans la même logique. Ainsi, en cas de faible hausse avant, on assistera à une faible hausse après,  une stagnation entraînera une stagnation ….

 

 

3) la pause de fin de première année.

 

 

      Il est rare que le second semestre de la première année soit positif. Il marque une pause dans les relances démocrates (1961, 1977, 1993, 2009), ou le début du déclin lors des alternances républicaines (1981). Les marchés s’interrogent…et en bourse le doute ne profite pas….

      Une chute prononcée est de mauvaise augure (1929, 1981, 2001). Il est en effet rare qu’une tendance négative en 1B soit infirmée dans le semestre suivant.

Inversement, une poursuite de la hausse lors de ce moment traditionnel de pause est plutôt un bon signe pour la suite, aucun déséquilibre économique est à corriger et ne fait donc craindre à la bourse la mise en place de politiques restrictives. Dans une autre étude, nous évoquons ce semestre 'prédicteur', tant la corrélation entre son évolution et celle de l'ensemble du mandat est forte.

 

 

3)  La timide reprise : 2A.

 

        Le premier semestre de la seconde année de mandat (2A)  marque en général une légère amélioration par rapport à 1B ….mais ici, une hirondelle ne fait pas le printemps, il ne s’agit souvent que d’une pause dans la baisse…Les cambistes sont peut-être stimulés dans un premier temps par l’annonce de mesures restrictives (lutte contre l’inflation) qui montre le sérieux du gouvernement…mais ils ne tarderont pas à constater que les mesures restrictives de début de mandat ont leurs coûts conjoncturels….ce sera pour 2B.

 

 

4)  L’âme du mandat : de 2B à 3A

 

        Du milieu de la deuxième année au milieu de la troisième,  c’est la période centrale qui donnera l’essentiel de sa forme au mandat. C’est aussi la période la plus variable, la conjoncture peut être au plus haut….mais elle est en général au plus bas, c’est le creux de mandat.

        Si le creux est atteint en 2B, on évoquera un creux précoce, le sommet suivant apparaîtra également de façon précoce dés la fin de 3A. Inversement, comme en 2003 du fait de la guerre du golfe, le report du premier événement provoquera celui du second.

       Au début des 30 glorieuses (1949-1960), le milieu du mandat se caractérisait au contraire par une hausse continue grâce à l’expansion de l’économie, inversement la crise de 1929 avait provoqué un déclin continu.

       Cette période centrale est à surveiller de prés en cas de second mandat, car en l’absence de pauses salvatrices (1966, 1998), on risque d’aller vers un crash (1987, 2007-08). En effet, Les seconds mandats sont obtenus grâce à une bonne conjoncture de fin de premier mandat, croissance robuste  qui se poursuit donc au début du second….puis la croissance commence à donner les premiers signes d’essoufflement au milieu du second mandat. Nous sommes alors souvent à la 6 éme année du cycle de reprise. Or les cycles américains sont d’une durée moyenne de 8 ans….juste de quoi obtenir pour une couleur politique un deuxième mandat mais pas ,sauf circonstances exceptionnelles (deuxième guerre mondiale en 1940, contre-choc en 1986 -88), un troisième.

 

 

5)  Les 18 derniers mois : stabilisation.

 

        Du second semestre de la troisième année (3B) au dernier de la quatrième année (4B) nous entrons dans les 18 derniers mois de mandat, une période de stabilisation, voire de consolidation baissière si la hausse a été vigoureuse (1956, 1984). Si le creux et la reprise ont été tardifs, ou en cas de reprise particulièrement forte, la stabilisation ne débute qu’avec la 4 éme année en 4A  (1996, 2004).

       Cette stabilisation peut offrir un profil totalement plat (1951-52, 1943-44), mais le plus souvent, elle présente la forme de 3 oscillations semestrielles, le mouvement centrale (4A) étant en opposition avec les deux extrêmes (3B et 4B). Ainsi, sur notre graphique, les mouvements extrèmes notés en vert foncé vont dans le même sens alors que celui central en vert clair est en opposition par rapport aux 2 autres.

 

 

 

II) Etude de cas

 

         Au travers d’une typologie, nous allons interpréter les différentes mandatures depuis 1953, afin ‘d’apprendre‘ à interpréter toutes les ‘déviations’ par rapport aux formes épurées.

      Le graphique suivant nous présente les 4 cas que nous retiendrons : alternances républicaines ( 4 cas ) , reconductions républicaines ( 5 cas ) , alternances démocrates ( 3 cas ) et reconductions démocrates (2 cas ) .

          

 

m typologie des 4 

       

1) Les Alternances républicaines.

 

 

 

moi DA

 

        Très proche de la forme générale, les alternances républicaines se caractérisent par une dégradation de début de  mandat particulièrement accentuée compte tenu de la dilection de la droite pour la lutte contre l’inflation. 1B ne sera donc qu’une accalmie dans la baisse, et généralement le creux de mandat est rapidement atteint, dés 2 B.

Une exception notoire : le premier mandat de D. Eisenhower, où portée par la croissance des 30 glorieuses, la bourse repartira à la hausse des le début de la seconde année… (1954) mais c’est vraiment l’exception.

       Inversement l’impact récessif des menaces de guerre repoussera la reprise de 3A en 3B pour George bush junior (2003).

 

 

      

2) les alternances démocrates.

 

 

moi GA

 

      Déjà un peu plus éloignées de la forme épurée du cycle électoral, les alternances démocrates se caractérisent par une vive reprise dés le premier semestre de la première année (1A) . Ainsi, elles sont en opposition avec l’année précédente, 4 éme année de reconduction républiciaine généralement déclinante. Les démocrates sont appelés au pouvoir en période de difficulté , et commencent donc leur mandat par une relance.

     On peut cependant noter des différences entre les vives reprises que connaîssent  F.D. Roosevelt ou J. Carter dés 1933 ou 1977, et la reprise beaucoup plus poussive observée sous B. Clinton en 1993. Celle en œuvre sous J.F. Kennedy en 1961 occupe une place intermédiaire. On observera cependant que si chaque fois la pose en 1B est assez bien respectée, les fins de mandat divergent aussi.

 

 

3) Les reconductions républicaines.

 

 

M DR vrai

 

 

     Nous avons souligné la principale préoccupation à leur sujet : l’absence de purge dans la première moitié du mandat risque d’entraîner un crash boursier lorsque la croissance faiblira. Les seconds mandats de D. Eisenhower et R Nixon – G. Ford  échapperont aux crash de fin de mandat ….car ils avaient eu lieu au début : dés 1957 et 1974. Remarquons que le crash de 1929 aura lieu non dés la fin du second mandat, un Marxiste y verrait l’accélération de l’histoire, mais au début du 3 éme, dans la phase délicate de 1 B.

 

 

4) Les reconductions démocrates.

 

 

 moi GR

 

        Nous devons faire preuve de prudence, car en la matière nous disposons que de deux reconductions démocrates après 1953 : celle de 1965 – 69 avec L. Johnson et celle de 1997 – 2001 avec B. Clinton.

        Les débuts de mandats sont expansionnistes, grâce à la nouvelle économie en 1997 – 98, au programme d’armement en liaison avec le conflit de Vietnam en 1965 - 66. Mais une purge en 2B, leur permet de connaître une fin de mandats plus sereine que sous les républicains.

 

 

 

III) Examen de la mandature de B. Obama.

 

 

 

moi obama

 

 

 

         Notre premier graphique nous permet de constater que les ‘temps’ traditionnels d'une alternance démocrate ont été assez bien respectés pour les 26 premiers mois de la mandature 2009 - 2013.

         On observe bien le fort rebond en 1A, inverse de la chute prononcée de la 4 ème année républicaine. La pause de 1B est également présente, par contre la légère reprise de 2A cède ici rapidement la place à un milieu de mandat en  v : baisse jusqu’à l’automne de la deuxième année, reprise ensuite.

 

 

m obam GA 3 autres

 

 

         Ce qui constitue la difficile originalité de la mandature d’Obama par rapport à d’autres mandats démocrates, c’est l’importance de la chute de la 4 ème année qui l’a précédé : les autres présidents démocrates arrivaient en généralement en fonction après des périodes moins difficiles. Cela devrait normalement donner plus de potentiel de hausse pour les années 2011 - 2012.

        Par rapport à la moyenne des autres mandatures comparables, celle d’Obama à connu une reprise de début de mandat plus lente et moins forte en 1 A, le plongeon des marchés dura jusqu’à fin mars 2009, mais on observera une reprise plus intense par la suite. Le creux en cours de deuxième année s’inscrit dans la logique habituelle, par contre la hausse de la bourse en 3A est plus prononcée qu’à l’habitude, un risque de correction est donc présent…mais il est vrai que le potentiel de hausse est également plus élevé, il y a plus de terrain à rattraper depuis le point haut de 2007….mais ne faudra-t-il pas attendre pour cela le début d’un éventuel second mandat ?

 

 

 

                          Christian Guy – juin 2011

                          Docteur en sciences économiques

                                Agrégé de sciences sociales

 

 

 

 

          Annexes : les différentes mandatures

de 1953 à 2009

 

 

A ) Alternances républicaines :

 

 

 m ike 1 

 

moi 69 73

 moi 81 85

 

 

moi 01-05

 

 

 

B) Alternances démocrates

 

 m ken B

 

 

moi 77 81

 

moi 93 97

 

 

 

C ) Reconductions républicaines

 

 

 m ike 2

moi 85 89 moi 89 93

 

moi 05 09

 

moi 97 01

 

D) Reconductions démocrates

 

 

moi 65 69 moi 97 01-copie-1

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 06:36

Prévision de la bourse pour la fin du mandat d'Obama :  

chercher des débuts de mandats américains similaires.... 

 

 

 

 

 

         1 ) Méthode des similarités politiques

 

 

          Pour prévoir  les cours de la bourse lors du mandat de  B. Obama (2009/2013), on peut utiliser les autres mandats d’alternances démocrates observés depuis 1945 : les mandats de Kennedy (1961/65), Carter (1977/81) et Clinton (1993/97) .

         Ce premier graphique présente les performances moyennes de la bourse à l'occasion de ces trois expériences politiquement similaire (courbe bleue ) comparativement à celle en cours depuis l'arrivée au pouvoir de B. Obama (courbe mauve ).

 

 us bo mens 3

 

 

 

       2 ) Méthode des similarités économiques

 

 

              Début 2011, nous sommes parvenu à la mi - mandat  de celui de B. Obama et nous voulons prévoir les évolutions des deux dernières années ( 2011/12). Pour cela, on peut prendre en compte les mandats qui présentent dés évolutions similaires en leur début , et même par sécurité, dans les deux années  antérieures, soit au total 4 années avant la mi-mandat.

        Le second mandat d’Harry Truman avancé de deux mois possède un coefficient de corrélation de 0.72 pour la période 1951/54 avec les évolutions de la période  2007/11,   celui entamé par John Fitzgerald Kennedy retardé de 7 mois présente un coefficient de corrélation de 0.61 pour la période 1959/62.

       Chaque fois, c’est la présence d’une forte chute à la fin du mandat précédent qui rend les rapprochements intéressants

       Nous présentons donc dans un second graphique les résultats obtenus par la projection des évolutions des 2 mandats à forte corrélation avec la période 2007/10 en espérant que cette corrélation se retrouvera en 2011-12.

 

 

us bo mens 2

 

           

               Globalement les projections par les deux méthodes ne présentent pas des résultats trés différents. La première incite plus à l'optimisme , car elle repose sur des alternances démocrates, périodes où dominent les politiques expansionnistes. 

 

 

 

 

3 ) Quels fondements théoriques ?

 

         

                 Comment expliquer que des évolutions en cours durant un mandat puissent ensuite se reproduire de façon quasi symétrique ? 

          Sans doute par ce qu'une même distance par rapport aux élections amène une même réaction du pouvoir.

          Alors que dans la seconde méthode on ne s'intéresse qu'à la chronologie électorale, dans la première on politise, on différencie en fonction de la couleur politique ( Républicain ou Démocrate ) et du numéro d'ordre ( alternance ou reconduction de mandat).

          Nos études montrent qu'en dehors de périodes exceptionnelles ( mais la crise de 2008 ne  nous a-t-elle pas plongé dans une ? ) , la première méthode est plus fiable.

          Il convient en effet de politiser : une faiblesse de la bourse et de l'économie laisseront en début de mandat un président républicain quasiment indifférent, ces faiblesses peuvent être bonnes pour la désinflation, alors qu'elles inciteront un pouvoir démocrate à prendre des mesures de stimulation.  Les mêmes faiblesses à un an des élections inciteront un Républicain à une politique fortement expansionniste, et ce d'autant que la cure d'austérité en début de mandat a ménagé des marges de manoeuvre, alors qu'un président Démocrate n'aura  plus beaucoup de moyen à utiliser...toute ressemblance avec un président  Démocrate des années 2011-2012 est biensur le simple fait du hasard....

 

          

 

 

                                      Christian Guy - juillet 2011.

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 06:11

 

Présidence annuelle de la confédération suisse :

Droite en début de mandat législatif, Gauche à la fin…..une répartition qui ne doit rien au hasard.

 

 

 

 

      Nous avons dans nos précédentes études établies des prévisions économiques en fonction du calendrier électoral helvétique. Nous leur donnons à présent une portée plus générale et politique.

 

 

 

 

      1) Récession la troisième année de mandat, relance la quatrième: un cycle plus tardif que la moyenne.

 

 

          Le cycle électoral suisse, établi en fonction du mandat législatif, témoigne d’un certain retard. En général, la mise en place des politiques restrictives est assez précoce, dés la fin de la première année, alors qu’ici la hausse des taux d’intérêt n’apparaît qu’en seconde année, année ou le PIB est au plus haut. On observe ensuite la troisième année une profonde dégradation des résultats, tant en terme de croissance que d’emploi. Il faut attendre la quatrième année pour que les baisses des taux de change et d’intérêt exercent leurs effets expansionnistes, permettant à la croissance et à l’emploi de se redresser pour les élections. L’inflation n’ayant pas eu encore vraiment le temps de se redresser, le parlement se présente au suffrage des électeurs presque dans les meilleures conditions.

        Cependant, le retard du cycle électoral helvète fait que les résultats les meilleurs relativement aux évolutions internationales seraient plutôt dans les mois suivants les élections  que dans les  mois précédents. Comment expliquer ce léger retard, d’un an par rapport aux autres cycles, tant dans la mise en place des politiques restrictives que dans la présentation des meilleurs résultats ? Peut être par ce qu’au pays du consensus et du pouvoir partagé, la mise en place de politique restrictive est plus lente à mettre en place.

 

 

Suisse pib mai 2011 

 suisse cycle u

 

 

 

suisse inf mai 11

    

 

suisse tx inter mai 2011

 

 

 

Suisse tx ch mai 2011

 

 

 

 

 

       2) La présidence  de la confédération.

 

 

       On sait que la confédération helvétique possède un système assez particulier de présidence tournante : les présidents sont élus pour une année civile. Dans les 4 années que dure un mandat législatif, il y aura 4 présidents successifs, actuellement en 2011 Micheline Calmy Rey.

 

       Il est intéressant de noter que des régularités reviennent dans l’attribution de la présidence. Nos graphiques établissent la synthèse des présidences entre 1975 et 2007. On observe que les deux formations de Droite dominent en début de législature : lorsqu’une assemblé vient d’être élue on observe les deux années civiles suivantes des présidences assurées par l’Union démocratique du centre (droite) ou le Parti radical démocratique de Suisse (centre droit) .

 

 

suise conf les 4 partis

 

 

 

suisse conf dg

 

 

         Nos graphiques économiques nous ont montré que les débuts de mandat sont caractérisés par l’expansion économique et par des tensions inflationnistes croissantes. En début de mandat législatif l’expansion éloigne la nécessité d’une Gauche à la présidence, les tensions inflationnistes croissantes légitiment au contraire l’accession d’une Droite réputée plus rigoureuse en la matière.

Ce climat plus favorable à la Droite et à ses préoccupations conduit à  la mise en place de politiques restrictives, notamment par l’élévation des taux d’intérêt. La conséquence en est, au delà de la deuxième année, une dégradation de l’économie, dégradation qui appelle à son tour la mise ne place de politiques expansionnistes  et donc de la Gauche. Ainsi les formations du centre (le Parti démocrate chrétien suisse)  et du centre gauche (Parti socialiste suisse), accèdent plus fréquemment au pouvoir en fin de mandature législative. Rappelons que ces changements sont avant tout symboliques, le président de la confédération n’ayant guère plus de pouvoir que les 6 autres membres du conseil fédéral.

 

 

 

      3) 3 Paradoxes

 

 

        On peut être surpris d’observer des manipulations électorales dans un pays qui se signale par l’excellence de ses résultats économiques et la stabilité de son pouvoir. On pourrait croire que seuls les gouvernements aux résultats médiocres craignent d’être rejetés dans l’opposition et se livrent à des manipulations économiques en fonction du calendrier électoral. On voit qu’il n’en n’est rien.

        De même, alors qu’on pourrait croire que seul les pays ayant un Etat intervenant beaucoup possède un cycle électoral. Or la Suisse, où le degré d’indépendance de la banque centrale est grand et les dépenses sociales publiques sont relativement faibles, possède tout de même un cycle électoral.

       On pourrait constater un troisième paradoxe quand au fort degré d’ouverture économique (exportations et importations rapportées au PIB) ou à la faible importance relative du PIB dans l’économie mondiale. Ces deux éléments devraient retreindre l’autonomie de la Suisse et la conduire à posséder un faible cycle électoral. Or là encore il n’en n’est rien, du reste l’exemple du Luxembourg nous avait déjà montré que des pays possédant apparemment un faible degré d’autonomie présentent tout de même un cycle électoral marqué.

 

 

 

       4) les facteurs institutionnels, clés du cycle électoral.

 

 

       C’est l’occasion pour nous d’affirmer à nouveau que si les caractéristiques économiques ont leur importance, les caractéristiques institutionnelles importent presque davantage. Or en la matière, la faiblesse que constitue pour le Luxembourg ou la Suisse des gouvernements de coalition , est largement compensé par la régularité du calendrier électoral, exempt de toute dissolution.

       On peut opposer les pays ou le calendrier électoral est manipulé en fonction des évolutions de l’économie (le japon en étant la quintessence, on dissout l’assemblée à la faveur d’une reprise économique) de ceux qui  manipulent l’économie en fonction d’échéances électorales fixes.

 

 

 

 

                                            Christian Guy – Mai  2011

 

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 14:50

Salaires :

Après des années 2010 et 2011 difficiles, la traditionnelle hausse préélectorale aura-t-elle lieu en 2012 ?

 

 

           Le gouvernement sensible à la vision néo-classique d’un chômage expliqué par le coût du travail n’a pas donné ‘de coup de pouce’ pour le SMIC.

       Les autres rémunérations, en l’absence de pression sur le bas de la grille des salaires et dans un contexte de chômage élevé, risquent fort d’être à l’image du secteur public d’être soumis à la diète.

 

      Pourtant, ainsi que nous le montre le graphique suivant, la hausse du coût du travail l’année de l’élection, et donc plus largement des salaires, est assez systématique.

 

      Notre graphique montre les évolutions du coût du travail en terme réel, cela permet de suivre l’évolution du pouvoir d’achat. On sait que l’inflation est également en hausse en fin de mandat, ce qui pourrait compenser les hausse nominales.

 

 

F coût du TR

 

      Avant chaque élection non anticipées (1997), on observe une élévation du coût du travail. Les hausses ne se sont d’ailleurs pas contractées car celle de 2007 égale celles de 1981 ou 2002. On observe que ce mouvement de hausse apparaît en moyenne dans les 6 trimestres précédents l’élection.

     Les débuts de mandats sont par contre à différencier. La Droite cherche à maîtriser le coût du travail. Ainsi, au début de des mandats conservateurs, on observe une baisse du coût du travail en termes réel, ce qui est souligné d’une flèche bleue.

    Inversement la gauche inaugure ses mandats par de traditionnelles politiques expansionnistes, y compris sur le plan salarial comme nous le montre les flèches rouges.

  

        

                Que peut-on prévoir pour les trimestres à venir ?

 

 

       Le profil de la mandature actuelle est assez particulier.

Cette mandature de droite avait bien débuté par une contraction du coût du travail, les suppressions de charges sur les heures supplémentaires y ont participées.

 

       La forte hausse intervenue en 2009 s’explique par un décalage entre des rémunération indexé avec retard sur la subite hausse des prix de 2008 et le contexte quasi déflationniste de l’année suivante.

L’année 2010 et 2011 sont dans le contrecoup de cette hausse.

       

      Que nous réserves 2012 ?

 

 

 

      Si le désir de contenir les coût salariaux de la majorité actuelle sont évidents, les baisses de pouvoir d’achat du secteur publique si elles ont une explication budgétaires on cependant bien une valeur exemplaire voulue, on voit mal comment un Président en peine dans les sondages pourrait se priver d’un relâchement préélectoral….surtout lorsque l’on s’est proclamé ’le Président du pouvoir d’achat’.

      On peut-on considérer qu’il y aura bien une hausse , peut être moins intense et plus tardive qu‘à l‘habitude , en 2012, les baisses actuelles libérant en quelques sortes quelques marges de manœuvre….dans le cycle électoral comme en toute chose, après la pluie vient le beau temps….

     Un beau temps qui sera de faible durée en cas de reconduction de Nicolas Sarkozy, un peu plus durable, mais pour quelques trimestres en cas de victoire de la gauche, car une autre maxime du cycle électoral est que lorsqu’on commence par manger son pain blanc…..

                   

                          

                                  

                                     Christian Guy – Mai  2011

 

    Ces prévisions sont exprimées :

-  en valeurs relatives par rapport aux évolutions mondiales (une hausse prévue signifie une moindre baisse ou une plus forte hausse qu'ailleurs)

-  toutes choses égales par ailleurs  (évènements non prévisibles tels les chocs pétroliers, les crises financières non pris en en compte)

 

 

 

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