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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 18:51

France : Les hausses massives d’impôts attendront 2013…..

 

 France TGPO

 

      

           Ce graphique permet de visualiser l’évolution du taux global de prélèvement obligatoire ou TGPO (ensemble des recettes fiscales rapporté au PIB) depuis 1950 en France et sa différence par rapport à 23 pays de l’OCDE. Chaque fois ces statistiques sont données en glissement en point sur un an. Nous avons également intégré pour 2011 et 2012 les prévisions de l’OCDE.

 

       Nous observons que depuis le milieu des années 70, période qui avaient connu une forte augmentation des prélèvements obligatoires, le thème est devenu plus sensible auprès de l’opinion publique, un cycle électoral des impôts est donc apparu.

 

          Les prélèvements sont à la baisse avant les élections (flèches jaunes) et à la hausse les échéances passées (flèches blanches). Il faut préciser que l’effet mécanique d’une contraction de l’activité la première année d’un nouveau mandat rapporté à un afflux de recettes fiscales due au titre de l’année faste de l’élection (effet de retard) renforce ce mécanisme de baisse puis de hausse.

 

        Le graphique suivant fait la synthèse des mandats  et avant (51/56, 59/62,62/67, 69/73) et après 1973 (73/78,81/86,88/93, 93/97, 97/02,02/07,07/12) permet de percevoir la différence.

 

 

 

TGPO 1973 .... 

 

 

     Le mandat de Nicolas Sarkozy s’inscrit dans une logique de droite, c’est ce que nous permet de percevoir la comparaison de la mandature 2007/2012 avec 3 autres mandatures de la Droite (1973/81, 1993/97, 2002/2007).

 

 

 TGPO d g prev

 

 

 

        

           Que peut-on prévoir pour les années à venir ?

 

 

        Ce n’est un secret pour personne qu’une forte hausse de la fiscalité sera au rendez-vous pour 2013.

        A partir de là, il peut y avoir des différences politiques entre une Droite privilégiant une fiscalité indirecte plus neutre (à la recherche de la fameuse ‘flat tax’) et une gauche privilégiant une fiscalité directe et progressive plus juste.

        Il faut pour ce rapport qu’est le TGPO prendre en compte la modulation de la politique économique, la gauche privilégiant les politiques expansionnistes en début de mandat….relance qui risque d’être très relative en 2013-2014. Par opposition, la Droite n’hésitera pas à imposer dés le début de la mandature une politique restrictives.

        Ainsi si le sort de l’année post électorale qu’est 2013 est scellée d’avance, une hausse massive de la fiscalité rapportée au PIB est à prévoir, l’année 2014 sera différente selon la couleur politique. Les recettes fiscales rapportées à un PIB plus élevé entraîneraient mécaniquement un TGPO plus bas en cas de mandature de Gauche, avec un fort retour de bâton en 2015, les impôts augmenterait en 2014 et baisseraient en 2015 en cas de victoire de la Droite.

       Ainsi, si remplir sa déclaration d’impôt 2010 ou 2011 restera encore un acte facile, les impôts 2012 et 2013 risquent d’être plus difficile si la Droite est reconduite, les hausses d’impôt massives seraient surtout pour 2013 et 2015 en cas de victoire de la Gauche.  

 

 

 

 

                             Christian Guy – Mars 2011

 

 

 

                       Ces prévisions sont exprimées :

-  en valeurs relatives par rapport aux évolutions mondiales (une hausse prévue signifie une moindre baisse ou une plus forte hausse qu'ailleurs)

-  toutes choses égales par ailleurs  (évènements non prévisibles tels les chocs pétroliers, les crises financières non pris en en compte)

-  la précision visée est semestrielle

 

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 05:27

Bourse de la Tchéquie : le caractère peu tranché des partis au pouvoir rend difficile les prévisions boursières.

 

 

tchéquie histo 2 

 

            Notre graphique nous montre l’existence d’un cycle électoral boursier en Tchéquie, mais celui-ci est assez peu régulier. Si les élections surviennent à dates régulières, on ne compte qu’une seule élection anticipée, en 1998, pour 5 échéances normales (1992, 1996, 2002, 2006, 2010) c’est le caractère assez indéterminé des pouvoirs qui peut expliquer la faible régularité.

 

         Cependant, exprimée en différentiel par rapport aux évolutions de 3 autres pays de l’Este (la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie) la traditionnelle reprise en fin de mandat apparaît, elle est cependant particulièrement tardive et d’intensité réduite.

 

 tchéquie différentiel

 

             Que peut-on prévoir pour les trimestres à venir ?

 

 

        Les élections s’étant déroulées en 2010, il nous est assez difficile de prévoir les prochains trimestres…rendez-vous donc fin 2013 pour une reprise préélectorale pour les 6 derniers mois de la mandature.

 

                                               

 

                                                     Christian Guy – Mars 2011

 

 

 

                         Ces prévisions sont exprimées :

-  en valeurs relatives par rapport aux évolutions mondiales (une hausse prévue signifie une moindre baisse ou une plus forte hausse qu'ailleurs)

-  toutes choses égales par ailleurs  (évènements non prévisibles tels les chocs pétroliers, les crises financières non pris en en compte)

-  la précision visée est semestrielle

 

 

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 11:34

Bourse de la Slovaquie :

attendre 2012….ou mieux encore 2013

 

 slovaquie bo

 

 

       Le cycle électoral de la Slovaquie se caractérise par une certaine précocité. A travers les 4 mandats législatifs dont nous disposons, nous observons que c’est dés la seconde année, parfois ou début, d’autres fois à la fin que le redémarrage de la bourse s’observe..

      Depuis 1999 on recourt au suffrage universel pour l’élection présidentielle, alors qu’en 1994 le président avait été désigné. Progressivement cette nouvelle élection prend plus d’importance, en 2004 et 2009 la conjoncture a été semble-t-il stimulée à dessein.

 

          Que peut-on prévoir pour les trimestres à venir ?

 

       2014 sera une année particulière avec la présence à la fois des élections présidentielles et législatives entre mars et juin. S’il est encore un peu tôt pour prendre position pour cette échéance, il faudra attendre fin 2012 pour normalement voir le différentiel de la bourse slovaque redevenir haussier, en 2011 nous sommes en effet dans la mauvaise période, post électorale, après les élections de juin 2010.

 

 

               Christian Guy – Mars 2011

 

                  Ces prévisions sont exprimées :

-  en valeurs relatives par rapport aux évolutions mondiales (une hausse prévue signifie une moindre baisse ou une plus forte hausse qu'ailleurs)

-  toutes choses égales par ailleurs  (évènements non prévisibles tels les chocs pétroliers, les crises financières non pris en en compte)

-  la précision visée est semestrielle.

 

 

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:29

 

La Bourse de la Hongrie : attendre 2012.

 

 

 

    

 

 

          On s'intérroge de plus en plus sur le caractère démocratique de la Hongrie. Faisons preuve de confiance en anticipant les évolutions boursières à venir en fonction du calendrier électoral...si celui-ci est respecté ! 

 

 hongrie bo

 

 

 

        Le cycle électoral hongrois est assez classique car on y observe le double mouvement traditionnel : une contraction en début de mandat, une expansion en fin.

Notons une irrégularité pour la mandature 98/02, soulignée par notre cercle. Ce mandat fût marqué par un mouvement de reprise précoce dés le début de la seconde année, reprise avortée, qui repoussa la véritable reprise préélectorale, tout en l’émoussant , à l’extrême fin du mandat de 4 ans.

 

 

           Que prévoir pour les trimestres à venir ?

 

       La spéculation sur les bourses d’Europe de l’est présente un avantage : les différentiels qu’ont peut y observer par rapport aux évolutions européennes sont beaucoup plus élevés que ceux  présents à l’intérieur de la zone Euro. Il existe cependant un inconvénient : l'existance d’un risque de change.

 

      Les élections de 2010 révolues, il est préférable de passer son tour en 2011 et d’attendre début 2012 lorsque le différentiel sera au plus bas pour investir.

 

 

 

                     Christian Guy – Août 2011

 

 

               Ces prévisions sont exprimées :

-  en valeurs relatives par rapport aux évolutions mondiales (une hausse prévue signifie une moindre baisse ou une plus forte hausse qu'ailleurs)

-  toutes choses égales par ailleurs  (évènements non prévisibles tels les chocs pétroliers, les crises financières non pris en en compte)

-  la précision visée est semestrielle.

 

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 18:59

La bourse de Varsovie :

après quelques mois de hausse encore possible, mieux vaut attendre 2013 pour acheter

 

 

 

        Notre graphique nous montre l’évolution de la bourse de Varsovie (courbe bleue), notamment en différentiel par rapport aux évolutions de l’Euroland (courbe mauve).

 

 

pologne bo

 

       Le cycle électoral polonais est assez régulier, ce qui rend moins hasardeux la prévision. Tous les 4 ans, on procède à des élections législatives. On observe alors classiquement les élections passées à une chute post électorale alors que des mesures de rigueur sont annoncées. L’activité et, donc la bourse par anticipation, sont mieux orientées à partir du milieu de la seconde année.

      Des élections anticipées sont venues perturber un peu le jeu en 2007, dés les élections passées on observa la chute post électorale prévue (effet de report) pour le mandat interrompu.

      La Pologne partage la particularité avec d’autres pays de recourir au suffrage direct pour les élections présidentielles. Même si la fonction est en grande partie honorifique, on veille à ce que cette échéance ne se déroule pas dans les pires conditions économiques car le Président à un rôle d’arbitre en cas de difficultés. Les élections présidentielles soulignées de flèches bleues introduisent quelques décalages dans le cycle électoral législatif.

      L'étude des évolutions en différentiel par rapport aux autres pays de l'Est ou en évolution réelle ( déduction de l'inflation) n'introduit pas de substentielles différences. Notons cependant que la reprise préélectorale, surtout lorqu'elle est dans l'année des élections est alors fortement modérée par la reprise de l'inflation.

 

 

 

 

Pologne est

 

      Que peut – on prévoir pour les trimestres à venir ?

 

 

Après les élections présidentielles anticipées de quelques mois suite au décès accidentel du titulaire au premier semestre 2010, les prochaines échéances importantes sont les législatives de l’automne 2011.

        Le cycle électoral polonais présente la particularité d’être un peu avancé, démarrant dés le milieu de la seconde année, la reprise boursière s’essouffle déjà lors de la quatrième année. On est donc peut être au cours de l’année 2011 dans ce plat, mais on peut aussi anticiper une poursuite de la reprise, celle qui a déjà été à l’oeuvre ayant été d’intensité mesurée.

       Si on peut anticper un rebond dans les mois qui viennent, de faible intensité surtout en terme réel, Par contre à partir du début 2012, mieux vaudra quitter la bourse polonaise, pour n’y revenir qu’une année plus tard…..

 

 

 

                       Christian Guy – Mars 2011.

 

Ces prévisions sont exprimées :

 

-  en valeurs relatives par rapport aux évolutions mondiales (une hausse prévue signifie une moindre baisse ou une plus forte hausse qu'ailleurs)

-  toutes choses égales par ailleurs  (évènements non prévisibles tels les chocs pétroliers, les crises financières non pris en en compte)

-  la précision visée est semestrielle.

 

 

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 12:19

 

L’arbitrage chômage / inflation, indicateur avancé de la bourse américaine.

 

 

           Nos graphiques ont été établi à la l’aide du différentiel entre d’une part le taux de croissance du taux de chômage en glissement sur un an et d’autre part le taux d’inflation en glissement sur un an. Le solde, retardé de 8 mois permet assez précisément de prévoir l’évolution de la bourse, le seul problème étant que selon les périodes le solde ne se réalise pas de la même façon.

 

 

 

         De jusqu’en 1988, période ou le risque inflationniste est perçu comme réelle, c’est le solde chômage – inflation qu’il convient de calculer. On obtient, notamment dans les années 50 et 60 une assez fidèle anticipation des cours de la bourse. C’est à nouveau le cas depuis 2008 avec les hausses récurrentes de cours pétroliers. Par contre, le profond mouvement de désinflation en œuvre de la fin des années 80 jusqu'en 2007 rend le solde inflation – chômage plus opératoire, même si le coefficient de corrélation obtenue entre prévision et résultats est moins satisfaisant, de l’ordre de 0.30.

 

 

u inf 56 76    

 

 u inf 7788

 

u inf 89 07

 

u nf 08 11

 

                              Christian Guy – Mars 2011

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 16:22

Risque souverain  et élections  

 

 

 

 

 

 

           On sait que la reprise actuelle est conditionnée par deux évolutions : les cours du pétrole  et les risques d’insolvabilité des Etats.

       Le risque souverain est assez naturellement explicable par les évolutions politiques car la décision de laisser filer les déficit certaines années ou de se montrer rigoureux d’autres années obéit assez logiquement au cycle électoral, c'est-à-dire au calendrier politique.

      Cependant s’agissant des Etats-Unis, ce sont principalement les fluctuations de la croissance, autre variable politisée, qui exercent leur influence.

 

 

 

 

1) les liens entre déficit publiques et politiques

 

 

        Nos graphiques nous montre l’évolution du solde des administrations publiques pour les Etats-unis et l’ensemble de l’OCDE depuis 1950.

 

 

 

GT histo 1 

GT histo -2 2                                   

 

        Nous observons une certaine régularité dans l’évolution des comptes publiques américains en pourcentage du PIB : les débuts de mandats connaissent plutôt une dégradation du fait de la contraction de la croissance (réduction du dénominateur) et de l’impact d’une faible croissance sur les recettes publiques. Inversement les fins de mandats ainsi que le souligne les flèches jaunes sont l’occasion d’une amélioration des comptes publiques, aidée par la relance préélectorale. Ainsi la deuxième année de mandat américain est en moyenne la plus mauvaise année en matière de compte publique pour les États-Unis, et par effet de propagation pour l’ensemble de l’OCDE. Ainsi les craintes qui se sont fait jour en 2010 étaient-elles prévisibles.

        Comme souvent, ce cycle ne se reproduit pas à l’identique, il existe des différences selon la couleur politique et surtout le numéro d’ordre du mandat (alternance ou refroidissement). Nous reproduisant en annexe les 4 cas que l’on peut distinguer.

        Sur les graphiques précédents,  nous avons souligné par une flèche verte le report dans l’amélioration lors des alternances de droite (notées DA), la récession étant profonde alors en début de mandat. Inversement les politiques expansionnistes pratiquées par lors des alternances de gauche entraîne précocement un mouvement d’amélioration (GA).

      On peut évoquer un effet de structure : pour qu’une couleur politique obtienne un second mandat, il faut que la fin de premier mandat est été particulièrement prospère. Toujours est-il que les début de second mandat voit une amélioration forte des fiances publiques (notés 2M) .

 

 

2) Prévision par analyse graphique

 

 GT mandat 2

                                       

       Nos projections politiques réalisées à travers la moyenne des autres expériences d’alternances démocrates montre que le début du mandat d'Obama s'inscrit dans les évolutions passées, seul le niveau absolu est plus faible 

      A partir de 2013, l’obtention d’un second mandat pour les démocrates signifierait une poursuite de l’amélioration assez fortement jusqu’en 2014, moins par la suite. En cas d’alternance républicaine, ce serait plutôt les années 2014 ou 2015 qui pourrait voire s’essouffler le mouvement de contraction des déficits publics, les républicains entamant leur mandat par des politiques de refroidissement. La fin de mandat, c'est-à-dire l’année 2016 voire 2017 serait mieux orienté.

  

 

 

3) Notre modèle politico-économique.

 

 

        Nous avons repris notre modèle politico-économique déjà utiliser pour prévoir le PIB, la bourse, les Taux d’intérêt ou le chômage outre atlantique.

Celui-ci est basé sur la distinction de 4 conjectures politiques : les alternances républicaines, les reconductions républicaines, les alternances démocrates et les reconductions démocrates.

       Ainsi, pour prévoir la mandature 1981-1985 nous avons utilisé la moyenne des alternances républicaines connues alors depuis 1945 (1953/57, 1969/73). De même pour prévoir les évolutions pour la mandature 2009–2013, nous utilisons les 3 alternances démocrates (1961/65, 1977/81, 1993/97).

 

 

 

 

GT prev politico

 

       Nous obtenons un coefficient de corrélation de 0.39 ce qui n’est pas faible. Pour les années 2013, 2014, 2015, et 2016 ; nous observons que les scénarios sont assez différents selon que ce soit l’hypothèse d’une alternance républicaine ou d’une reconduction démocrate qui est retenue. Nous avons repris ces simulations en les adoptant ou profil des années précédentes pour nos projections graphiques de début d’étude.

 

 

                                        

                                            Annexes

 GT DA

 

 

GT DR

 

 GT GA

 

GT GR

 

                                

 

 

                                                         Christian Guy – Mars 2011

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 16:15

Spéculer en bourse à l'aide du cycle électoral : jouer les milieux de mandats dontre les deux extrémités

 

 

 

Résumé : En limitant les investissements boursiers à certaines périodes,  notamment les milieux de mandats, nous pouvons obtenir une amélioration des performances boursières. Dans nos positions jouant la hausse en milieu de mandat , notre étude montre que de 1981 à 2008 (date de la fin de l'étude) un investissement en europe bloqué sur 5 ans ( type PEA ) aurait été systématiquement plus rentable au moment du débloquage que la performance des indices moyens. 

 

 

            La faillite d’un tiers des « hedges founds »(fonds spéculatifs) en 2008, un taux de faillite de 50% en  2009, a rappelé aux amateurs de la « bourse casino », à quel point les arbitrages sont choses risquées.

        Pourtant, il existe une possibilité d’anticipation encore assez méconnue basée sur l’existence d’un cycle électoral à l’oeuvre dans la plus part des économies : les places financières sont en général au plus haut en milieu de mandat, et au contraire au plus bas dans les mois qui entourent les échéances électorales.

        Attestée par une analyse portant sur plus de 50 années et étendue à 23 pays, cette étude pratique n’a d’autre ambition que d’ouvrir une perspective, perspective qui possède également ses limites, mais qui pourra donner lieu à de nombreux approfondissements dont nous évoquerons deux pistes.

 

 

 

             1. La méthode.

 

 

        Le graphique 1 en fin d'étude nous montre l’évolution des cours de la bourse en glissement sur un an pour 23 pays de l’OCDE de 1957 à 2008. Nous suivons les évolutions du premier trimestre qui suit les élections (noté 1-1) au quatrième trimestre de la quatrième année (noté 4-4). Ce trimestre correspondra, dans nombre de pays, à la tenue de nouvelles élections. Nous observons que les cours de la bourse sont au plus haut en milieu de mandat, alors qu’est anticipée la reprise préélectorale du PIB qui aura lieu traditionnellement en fin de mandat. Par contre à proximité directe des élections, les anticipations sont assez négatives, les marchés anticipant déjà le fréquent déclin de la croissance économique en début de mandat suivant. C’est en effet après les élections que les gouvernements choisissent généralement de mettre en œuvre des politiques de lutte contre l’inflation ce qui dégradent à court terme la conjoncture.

Nous décidons à partir de ce graphique de prendre trois positions spéculatives :

-    La position « hausse milieu » consiste à anticiper une hausse de la bourse du troisième trimestre de la deuxième année (noté 2-3) au deuxième trimestre de la troisième année (noté 3-2).

-    La position « baisse extrémité » consiste à anticiper un déclin des cours dans l’environnement direct des élections de 4-3 à 1-2.

-    La position « large milieu » parie sur une hausse de la bourse sur l’ensemble du mandat (de 1-4 à 4-1) sauf aux extrémités, les trois premiers et trois derniers trimestres étant donc exceptés. On réduit les risques en prenant position sur 8 trimestres  alors que les deux cas précédents ne le faisaient que sur 4.

 

 

 

               2.  Résultats.

 

 

 

        Le tableau 1 nous montre année par année de 1957 à 2008 les résultats de nos différentes positions.

 

         Nous avons d’abord dans les deux premières colonnes, l’évolution moyenne des cours pour les 23 pays de l’OCDE de notre étude (noté Bourse 23) et de façon plus restreinte pour  les12 pays appartenants à présent à la zone Euro (noté Euro). En se limitant à la zone Euro, on évite le risque de change. Certes, avant 1997 cette distinction n’avait guère de sens, mais une certaine stabilité des changes existait déjà à travers le Système Monétaire Européen. Ces évolutions boursières par zone sont non pondérées, chaque pays a une égale importance dans le calcul de la moyenne.

        Les troisième et quatrième colonnes donnent a nouveau ces évolutions, mais cette fois en terme réel, c'est-à-dire déduction faîte de l’inflation. On perçoit alors une hausse quasi ininterrompue des cours depuis 1983, alors que les années 70 ont constituées une période d’érosion durable.

 

        L’ensemble des colonnes suivantes rendront compte d’évolutions différentielles : on calcule la différence entre la position qu’on à choisie et l’évolution de l’ensemble des bourses. Ainsi, un chiffre négatif indique une moindre performance par rapport aux évolutions moyennes ce qui peut constituer un échec (positions « hausse milieu » ou « milieu large ») ou un succès (position « baisse extrémité »).

Les colonnes quatre et cinq livrent les résultats de nos positions « hausse milieu ». Nous observons les limites de cette position lorsque les cours chutent, notamment durant les années 70. A cette époque des signes négatifs apparaissants, nos placements ciblés électoralement auraient été moins performants que des placements indifférenciés. Par contre depuis les années 80, cette stratégie s’avére intéressante ainsi qu’en atteste le grand nombre de signes positifs, particulièrement pour la zone Euro.

        Les sixième et septième colonnes nous livrent les résultats d’une présence boursière large sur 10 trimestres, dite « large milieu » dont nous avons indiqué qu’elle avait comme objectif de réduire les risques. En effet si la période basse du cycle se produit assez régulièrement aux extrémités des mandats, la période haute peut se produire dés le début de la seconde année ou n’intervenir qu’à la fin de la troisième. L’objectif de diminution des risques est atteint car l’examen des résultats année par année laisse en effet apparaître plus souvent des signes positifs que lorsque la position était limitée à 4 trimestres. Cette baisse du risque se paye comme souvent en bourse par une moindre rentabilité à long terme ainsi qu’en atteste la performance moyenne donnée en dernière ligne, notablement inférieures à celles enregistrées lorsque les prises de positions sont limitées au seul 4 trimestres de milieu de mandat.

        Les deux dernières colonnes rendent compte de nos positions baissières à l’extrémité des mandats, appelées « baisse extrémité ». Là encore, on observe que les prévisions sont infirmées en cas de baisse de la bourse. Cela est particulièrement vérifié durant les années 70 où confronté à la hausse du chômage beaucoup de gouvernements choisiront d’inverser leur politique traditionnelle en débutant leur mandat par une politique de relance, et non par une de refroidissement, plus adaptée elle à la lutte contre l’inflation. Cette inversion des politiques économiques entraînera logiquement une inversion du cycle électoral boursier.

 

 

 

             3.  Approfondissements.

 

 

           Deux méthodes peuvent être utilisées pour améliorer les résultats :

 

  • ·        La première consiste à tirer les conséquences d’un constat souvent établi précédemment : nos positions s’avéraient inopportunes en cas de baisse en terme réel de la bourse. Certes, l’idéal serait de pouvoir prévoir ce que seront les cours de la nouvelle année. Mais la prévision étant un art difficile, on se contentera dans nos arbitrages de tirer parti du fait que les années baissières comme les haussières ont tendance à se succéder.  Ainsi, on ne prend à présent position qu’à condition que l’année précédente fût haussière. Le tableau 2 nous indique qu’on parvient ainsi à éviter les erreurs commises précédemment durant les années 70. Cette méthode qui oblige à s’abstenir d’intervention boursière certaines années, d’où de nombreuses cases vides, permet d’améliorer assez sensiblement les résultats ainsi que le montre les performances moyennes indiquées en bas de tableau.

 

  • ·        Notre seconde méthode consiste à nous défaire de nos positions qu’au terme de 5 années, dans le cadre par exemple d’un PEA. Les mauvaises surprises d’une année, peuvent être compensées par les bonnes des autres. Il s’agit en quelque sorte du calcul d’une moyenne mobile sur 5 ans. Le tableau 3 nous indique ainsi que la position la plus sure, n’investir que dans la zone euro et sur 10 trimestres (milieu large), est également la plus régulièrement performante depuis 1981. Même au 31 décembre 2008, le PEA ouvert le 1er  janvier 2004 accuserai un surcroît annuel moyen de 3.82 % par rapport à un placement boursier classique. Sur les 27 dernières années, on enregistre 27 années de succès, peu de placements peuvent s’enorgueillir d’une telle performance. Il est vrai qu’elle est à relativiser si on prend la situation plus difficile des années 70. Cependant, on peut faire valoir que les marchés et les régulations évoluant, la prise en compte des années récentes est plus importante que celles de décennies reculées.

 

 

                     Conclusion

 

 

         Nous avons tenu a tester notre méthode sur une longue période historique de 53 années.

Certes en faisant intervenir la période difficile que fut pour les marchés la décennie 70, on limitait la portée de notre méthode dont les résultats sont surtout positifs dans le contexte globalement haussier des 27 dernières années.

         Etudier des phénomènes financiers sur 53 ans peut paraître surprenant tant les mécanismes et contextes évoluent. Cependant,  la prise d’un certains recul au travers d’une mise en perspective historique, aurait peut-être permis aux propriétaires de « hedge-funds » trop confiants dans des modèles mathématiques sophistiqués d’éviter certaines erreurs, plus d’histoire, moins de mathématiques…telle est peut être pour les traders la leçon pour de la crise présente.

 

 

                  Méthode

 

     Les pays aux mandats législatifs de 5 années (Canada, France, Irlande, Italie, Luxembourg, R.U.) voient leurs six derniers trimestres considérés comme l’extrémité finale du mandat et non les seuls deux derniers.

      Les Etats-unis constituent le seul pays pour lequel ce sont les élections présidentielles et non législatives, qui sont prises en compte.

Les élections anticipées ne sont pas prise en compte, sauf pour celles intervenant au cours de la quatrième année pour les pays aux mandats de cinq ans.

Les pays dont les mandats sont de 3 ans (Australie, Nouvelle-zélande, Suède de la période 1970-94) ont une période ‘milieu large’ qui ne dure que 4 trimestres et non 8.

 

Statistiques : O.C.D.E. et O.N.U.

 

 

 

 

AT 1

 

 

AT 2

 

 

AT 3

 

 

AT 4

 

 

 

                        Christian Guy

Docteur en Sciences économiques

Agrégé de Sciences sociales

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 11:52

 

 

Anticipations et élections :

Les élections influencent-elles les anticipations et les comportements des agents économiques ?

                                                 

 

     Résumé  :

              Les inversions de conjoncture sont en partie liées au calendrier électoral. Les ménages surestiment la conjoncture à venir lorsque la gauche parvient au pouvoir, les entrepreneurs dans une moindre mesure se montrent plus confiant lorsqu’il s’agit de la droite.

     Ainsi, tout comme on désaisonnalise les enquêtes de conjonctures, il conviendrait de les « dépolitiser ».

      Par contre, les effets réels de l’euphorie préélectoral, ou de l’état de grâce suivant, n’existent que pour la consommation des ménages et ce de façon très ténue.

 

 

 

            La France s'apprête à connaître une élection majeure en 2007. On peut se demander  si le climat préélectoral, puis l’état de grâce qui s’observe dans les mois suivants la prise de fonction d’un nouveau président, n’auraient pas des impacts psychologiques favorables à la croissance.

       En effet, en plus des mécanismes biens réels de relance mis en place à l’occasion des élections, on peut se demander si une certaine euphorie n’apparaîtrait pas à l’approche des élections, alors que tout  semble « devenir possible » pour reprendre un slogan de cette campagne, euphorie se poursuivant par l’état de grâce « tout nouveau, tout beau » et les effets d’annonces de mesures prises par le nouveau pouvoir en place.

Ainsi, le cycle électoral pourrait rester une réalité économique car le déclin des marges d’actions des gouvernements, serait compensé, fût-ce partiellement,  par le maintien des effets psychologiques.

       Nous établirons tout d’abord dans une première partie que les retournements de conjonctures suivent assez fidèlement le cycle électoral.

Notre seconde partie soulignera que les ménages deviennent plus optimistes à l’occasion des élections et lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir. Nous verrons que ce phénomène, de façon moins marquée, peut s’observer pour les entreprises lorsque la droite est au pouvoir

      Notre troisième partie démontrera à l’aide d’une fonction d’investissement pour les entreprises et d’une de consommation pour les ménages, que les effets réels de ses évolutions d’anticipations sont trop momentanés pour avoir de réels impacts.

 

 

 

 

 

     1.  Cycle électoral et retournement de conjoncture.

 

 

 

        L’OCDE en 2002 (OCDE 2002) a publié une étude portant sur 22 pays depuis 1960 où sont distingués les « points de retournements » : des points bas et hauts  établis à partir de l’indice mensuel de la production industrielle et du PIB en valeur trimestrielles.

Nous avons repris la synthèse trimestrielle de cette étude pour 20 pays, au travers du tableau 1. Nous avons réparti ces points bas et hauts en fonction de la chronologie électorale.

         Une mandature comprend en général 4 années, soit au total 16 trimestres : 1-1 signifie le premier trimestre suivant les élections, 4-4 est le dernier trimestre de la quatrième année, il prend en compte plusieurs trimestres lorsqu’il s’agit d’un mandat de 5 ans.

Nous constatons que les statistiques ne sont pas distribuées de façon uniforme.

        La droite commence ses mandats par des politiques de refroidissement, surtout lorsqu’elle succède à la gauche : ainsi 15% des premiers trimestres de sa deuxième année de pouvoir constitue un point bas de la conjoncture. En cas de reconduction, les points bas sont plus tardifs, la politique de refroidissement étant moins vigoureuse.

Inversement la gauche, surtout lorsqu’elle accède au pouvoir, entame ses mandats par des politiques de relance. Le premier trimestre de la seconde année constitue dans 12,82% des cas un point haut. En cas de reconduction le nombre de points hauts est le même que celui de points bas, soit 13,63%.

       Ainsi, les retournements ont généralement lieu en cours de mandat, pour l’essentiel au début des deuxièmes et quatrièmes années. Ils sont plus rares dans la phase d’euphorie du trimestre de l’élection (4-4) ou dans celui de l'état de grâce et des effets d’annonce du pouvoir (1-1).

       Cela nous amène dès à présent à relativiser la portée concrète ou immédiate des impacts psychologiques.

      On observe donc un paradoxe : l’existence de points de retournement en fonction du cycle électoral souligne qu’il n’est pas irrationnel de prendre la chronologie politique  pour prévoir l’avenir. Donc les ménages ont raisons de prévoir une relance lorsque la gauche accède au pouvoir, une récession dans le cas de la droite, mais ils ont tendance à surestimer l’immédiateté de l’impact car il faut prendre en compte les délais d’ajustement de plusieurs mois.

 

 

 

 

    2. Mesure de l’impact psychologique.

 

    A)  Méthode

 

 

        Afin de mesurer les changements psychologiques qui s’établissent à l’occasion des élections, nous avons repris les enquêtes de conjonctures auprès des entreprises et des ménages  (OCDE 2007).

      Ces enquêtes de conjonctures ont pour objectif de prévoir des évolutions à venir. C’est pourquoi nous procédons à une régression de ces indicateurs de confiance sur l’indice de la production industrielle avancé d’un trimestre. Au-delà, la justesse de leurs prévisions est moins bonne, pour l’investissement nous pouvons cependant porter le décalage à deux trimestres.

      Les premières régressions effectuées sans apports de variables politiques (tableaux 2) nous montrent que les anticipations des entreprises sont meilleures que celles des ménages. Les régressions de leurs anticipations sur les résultas effectifs ont de bons R2. Cela est aisément compréhensible du fait de leur niveau d’information économique.

 

      Nous introduisons à présent les variables politiques. Nous cherchons à établir si les enquêtes de conjoncture ne surestiment  pas (valeur positive des dummies politiques) ou sous-estiment pas (valeur négative des dummies politiques) les évolutions avenir. Les régressions sont effectuées sur 1000 à 1600 individus selon l’indicateur, soit pour des mandats moyens de 16 trimestres, un échantillonnage compris entre 85 et 100 mandatures, ce qui permet de donner une certaine significativité à notre étude. A l’évolution chronologique allant du premier trimestre du mandat (1-1) au dernier (4-4) du premier tableau,  nous avons ajouté de façon apparente les distinctions politiques : D pour droite, G pour gauche. Nous distinguons également sommairement les numéros d’ordre des mandats : A pour alternance (il s’agit du premier mandat d’une majorité), R pour reconduction (majorité ayant déjà effectué un premier mandat). La dummy ‘4-4 élection’ prend la valeur « 1 » chaque fois qu’une élection est survenue à son terme légal.

 

               Nous avons procédé à deux types de régressions :

-         Une régression complète avec des valeurs retardées de l’indice de la production industrielle nationale s’échelonnant sur les quatre trimestres (indu pro t-1, t-2, t-3, t-4), la moyenne pour l’Europe (la lettre E apparaît alors) et celle de l’ensemble de l’OCDE  ou du G7 (ces mentions apparaissent alors à coté de la donnée).

-          Une régression simplifiée où seule apparaît la variable que l’on cherche à prévoir, qu’il s’agisses de  l’indice de la production industrielle avancée d’un trimestre (pro indu t+1) ou de l’évolution de l’investissement avancé de deux trimestres (inv. pro T+1). Ces versions simplifiées permettent de mettre davantage en lumière les ‘dummies’ politiques, qui perdent de la significativité lorsqu’on introduit des variables économiques retardées.

 

    

 

   B)  Résultats.

 

 

       Les tableaux 3-A et 4-A  nous donnent  la capacité des entreprises et des ménages à prévoir l’indice de la production industrielle. Deux autres tableaux livrent la capacité des agents à prévoir des évolutions qui leur sont propres : l’investissement pour les entreprises (3-B), la consommation pour les ménages (4-B). Plusieurs enseignements apparaissent à l’issu de la comparaison de ces statistiques:

-Les ménages sont gagnés par l’optimisme préélectoral quelque soit la majorité se représentant (4-4 élect.), alors que les entreprises se montrent plus sélectives, limitant leur optimisme au cas où la droite reconduite se présente à nouveau (DR 4-4 élect.).

- Les ménages semblent être gagnés par un pessimisme durable lorsque la droite accède au pouvoir (DA 1-1, 1-2, 1-3…) alors que les entreprises sont gagnées  par un doute plus fugace lorsqu’il s’agit de la gauche (GA 1-2). 

Soulignons qu’il existe un certain effet d’apprentissage car ces erreurs d’anticipation sont moins présentes à l’occasion des reconductions, les dummies politiques accompagnées d’un R pour reconduction sont beaucoup plus rares dans les tableaux. Les entreprises se font alors moins d’illusion sur la droite et les ménages sur la gauche.

On peut cependant faire apparaître des différences assez durables lorsqu’on soustrait l’indice de confiance des ménages à celui des entreprises, un solde positif indiquant un optimisme plus fort chez les entreprises. Dans le tableau 5, on voit apparaître de façon positive, ce qui est exceptionnel dans notre étude, la dummy « droite » qui est de valeur 1 sur l’ensemble des mandats de droite. Cela concrétise  la dilection des entreprises à son endroit, ou inversement celle des ménages vis-à-vis de la gauche. Les ménages, sensibles à l’arrivée de la gauche au pouvoir (GA 1-1) se montrent plus pessimistes lorsque la gauche reconduite procède à des politiques de refroidissement en début de mandat (GR 1-4, 2-1,2-2).

 

       Le problème des anticipations a été approfondi en économie dans sa relation avec l’inflation. Le fait d’anticiper une reprise de l’inflation pourrait favoriser celle-ci. On peut considérer que la crédibilité des différents partis est différente en la matière, et que la gauche souffre là dessus d’un handicap.

      Les entreprises ne se laissent pas perturber par les considérations politiques (Tableau 5-A). Leurs anticipations sont particulièrement bien corrélées aux évolutions de l’inflation du trimestre suivant.

     Les ménages cumulent « à priori » politique et « rigidité économique » dans leur anticipation de l’inflation. Lorsque la droite accède au pouvoir, ils prévoient plus rapidement que les entreprises, dés le second trimestre ; un déclin de l’inflation… (Tableau 6–B). Mais quand celle-ci décline effectivement, en général lorsque la droite est reconduite, ils continuent à l’estimer élevée (tableau 5-B)

     Dans le Tableau 7, on régresse l’indicateur de confiance des ménages sur un certains nombre de variables économiques et politiques. Il est décomposé en deux parties, distinguant la période 1960/89 et la période 1990/2007. On observe que les R2 ajustés sont sensiblement proches, et que chaque fois les variables politiques  sont présentes. On ne peut donc conclure à une plus grande rationalité des ménages, en tous cas dans leur aptitude à ne pas laisser troubler leur rationalité par des considérations politiques.

 

 3) Réalité des impacts des anticipations.

 

              Notre seconde partie a permis de souligner qu’il existait bien un optimisme plus grand autour des échéances électorales. Mais il nous reste à mesurer si ménages ou entreprises concrétisent cet optimisme par plus de consommation ou d’investissement.

             Le tableau 8 établit des fonctions d’investissement et de consommation à partir des valeurs retardées de ces statistiques nationales (notées Variable), européennes (notées E) ou agrégées au niveau du G7 (notées G7). Ces fonctions sont certes assez rudimentaires, mais ont atteint tout de même des R2 ajustés de 0.59 (fonction d’investissement) et de 0.77 (fonction de consommation).

            Nous constatons à nouveau que les entreprises se montrent beaucoup moins sensibles aux variables politiques. Tout au plus peut-on avec prudence observer un sur -investissement lorsqu’au terme d’un mandat d’alternance de droite, revient l’optimisme après des débuts souvent restrictifs (DA 4-4). On peut aussi déceler une tendance à une reprise de l’investissement une fois que la gauche accédant au pouvoir a développé la panoplie de ses mesures de relance (GA 1-3).

             Les ménages se montrent sensibles aux états de grâce, que l’on observe lorsque la gauche accède au pourvoir (GA1-1) et même lorsque la droite est reconduite (DR 1-1), celle-ci fraîchement réélue annonçant souvent moins des mesures restrictives que lors des alternances.

             Mais, globalement les « student » sont faibles, les variables politiques peu nombreuses. On peut donc douter de la portée effective des changements d’anticipation, qui étaient d’ailleurs dans les tableaux précédents trop ponctuels, limités à un seul trimestre pour avoir des effets réellement durables…Voila qui ne risque pas d’inciter à l’optimisme les responsables politiques qui, en mal d’argumentation, placent leur espoir dans le simple changement d’état d’esprit que provoquerait leur élection…

 

 

 

 


         Conclusion

 

 

       Confirmant un présupposé largement répandu, nous avons établi que les entreprises formulent de meilleures anticipations que les ménages, elles se montrent moins sensibles aux variables politiques. Elles ont cependant une tendance à préférer la droite, et peuvent à l’occasion se laisser gagner par l’optimisme préélectorale. Réalistes, elles semblent même répondre au désir de relance de la gauche, une fois deux trimestres de méfiance passés. Les ménages ont inversement une dilection pour la gauche.  En plus des périodes préélectorales, ils sont assez sensibles aux états de grâce post-électoraux. Cet optimisme, dépassant le seul impact psychologique, peut se concrétiser par une hausse de la consommation.

      Que ce soit pour les entreprises ou les ménages, chaque fois un effet d’apprentissage apparaît, les majorités reconduites sont beaucoup moins victimes ou bénéficiaires des à priori.

       Les ménages font preuve d’une certaine rigidité dans leurs anticipations inflationnistes lorsque la droite est reconduite alors que l’inflation a été largement maîtrisée. Malgré leur préférence pour la droite, les entreprises sont plus réalistes dans leurs anticipations de l’inflation lorsque la droite parvient au pouvoir, alors que les ménages font immédiatement crédit à la droite d’une réduction de l’inflation…non encore effective.

       Notre étude a montré qu’il existait quelques biais politiques dans les enquêtes de conjonctures. Tout comme on désaisonnalise des séries statistiques, il conviendrait de dépolitiser les enquêtes de conjonctures…

 

      Dans une étude précédente, nous observions qu’au déclin des cycles nationaux répondait la montée en puissance du cycle électoral européen. Observons à présent que si nombre d’évolutions à l’œuvre réduisent les marges de manoeuvre des gouvernements, le cycle électoral pourra perdurer du fait du maintien, fût-il faible, de son impact psychologique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Abréviations:

 

Droite….droite politique

4-4 élection…trimestre de l’élection.

1-1……..premier trimestre de la première année d’un mandat

3-2……. deuxième trimestre de la troisième année d’un mandat.

D, G …..Droite, Gauche,

A, R ……mandat d’alternance, mandature reconduite.

DA2-3….troisième trimestre d’une seconde année d’une majorité de droite venant d’accéder au pouvoir.

GR 4-4….quatrième trimestre de la quatrième année (trimestre de l’élection) d’une majorité de gauche qui  avait été reconduite.

Ména, indu…indicateur de confiance des ménages, des entreprises.

Indu-ménage….solde des indicateur de confiance, de prévision d’inflation, industriels moins ménages.

Pd indu pro…..indice de la production industrielle en progression annuelle,  moyenne trimestrielle.

Conso pro…..évolution de la consommation privée en progression annuelle,  moyenne trimestrielle.

Inv. pro…….. Évolution de l’investissement en progression annuelle,  moyenne trimestrielle.

Coéf……..coefficient de corrélation linéaire.

Stud…….. student

 

Ressources

 

Statistiques diffusées par l’OCDE dans son portail statistique, valeurs trimestrielles en progression sur 1 an, sauf pour les prévisions de l’inflation où  il s’agit de la balance.

Selon les pays, les enquêtes de conjoncture sont disponibles pour des dates différentes. Nous donnons successivement les dates de début de l’enquête auprès des entreprises, puis auprès des ménages  : Allemagne ( 86,74), Australie ( 67,96) , Autriche ( 86,96) ,  Belgique ( 86 , 95), Canada ( 93,91) , Espagne ( 88,87) , Etats-Unis ( 51,74), France (86,74) , Grèce ( 86,86) , Irlande ( 86,75) Italie ( 85,74) , Japon ( 75,83) , Luxembourg ( 86,03) , Nouvelle-Zélande ( 62,79) , Portugal ( 88,87) , Royaume-Uni ( 86,74) , Suède ( 96,96) , Suisse ( 67,74).

Pour les anticipations d’inflation, elles ne sont données que pour les pays européens, avec démarrage en 1985.

 

 

 

Méthodes :

 

Régressions linéaires par panel sur des variables trimestrielles procédure de sélection automatique des variables auxiliaires par la méthode ‘stepwise’ du logiciel ‘statlab’

Seuls les mandats législatifs, à l’exception des Etats-Unis pour lesquels il s’agit du mandat présidentiel, sont pris en compte. Les mandats de 4 ans sont décomposés en 16 trimestres. Pour les pays ayant, à présent (Australie, Nouvelle-zélande) ou dans le passé (Suède 1970/1994) des mandats de 3 ans, les douze trimestres sont répartis sur 16 unités, les premiers de chaque année comptant double. Pour les pays ayant des mandats de 5 années, les cinq derniers sont compris dans le dernier trimestre noté « 4-4 ». Alors que la variable 4-4 prend en compte toutes les fins de mandats, parfois plusieurs trimestres dans le cas de mandat supérieur à 16 trimestres, la variable « 4-4 élection » ne prend en compte que les trimestres où surviennent des élections. Les élections anticipées ne sont pas prises en compte.

Etude portant su 19 pays de l’OCDE, sur un champs chronologiques allant du premier trimestre de 1960 au deuxième de 2007 selon les disponibilités statistiques.

 

Sources statistiques :

 

  OCDE : portail statistique.

 

 

 

Bibliographie :

 

 

Alésina A ; N Roubini 1992  « Political cycles in OECD economies ». Review of economic studies. 

Drazen, A. 2000 “ The political business cycle   after 25 years “ National bureau of Economic Research Macroeconomic" Annual 2000.

Fair R 1996 « econometrics  and presidential election » Journal of economic perspective 10.

Frey B. F. Schneider 1978 «  An empirical study of politico-economic interaction in the united states »  The review of economics and statistics.60.

Hibbs D. 1977 “Political Parities and Macroeconomic Policy” American Political Science Review, 71 .

Hibbs D. 1994 «  The partisan model of macroeconomic cycles : more theory and evidence for the united states . Economic and politics 6.

Nordhauss William D. 1975 “The political business cycle” Review of economic studies 42 (2)

OCDE 2002. Composite Leading Indicators for Major OECD member economies.

OCDE 2004. Composite Leading Indicators for Major OECD non-member Economies and recently new OECD member countries

 

 

tab 1

 

 

tab 2

 

tab 3

 

 

T 3 B

 

 

Tab 4

 

 

T 4 b

 

 

T 5

 

T 6

 

 

T 7

T 8

             

 

 

 

                                                   Christian Guy

                                   Docteur en Sciences économiques

                                  Agrégé de sciences sociales

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 09:36

 

       

 

Existe-t-il un cycle électoral de l'arbitrage pétrole / dollar ? 

 

 

        Nous présentons des prévisions pour un arbitrage entre le pétrole et le dollar.

 

 

 prétro dol hsito V

 

 

       Cet historique depuis 1982 est réalisé à l’aide de données en glissement annuelle, celle du dollar est cœfficientée par un facteur 10.

       Nous observons une divergence régulière à mi mandat.

    - Le dollar est orienté à la baisse depuis la seconde année afin d’aider la croissance américaine à repartir. Les autorités poursuivent cette pratique sur plusieurs trimestres (flèches jaunes) afin de s’assurer de la pérennité de la reprise, en vue de la relance préélectorale de fin de mandat.

    - Par contre le pétrole est une variable très sensible à la conjoncture, les simples perspectives d’une fin de récession suffisent à entraîner de nouvelles hausses (flèches verstes).

     Notre arbitrage repose sur ce déphasage, cette différence de délai de réaction à la fin de la récession de deuxième année.

      Le déphasage est maximum au deuxième trimestre de la troisième année de mandat ainsi que nous le montre ce graphique.

 

 

pétro dollar mandat

 

 

    Que peut-on prévoir pour les trimestres à venir ?

 

 pétro dollar prev

 

 

       Si nous comparons le début de mandat en 2009 et 2010 par rapports aux statistiques moyennes depuis 1982 , nous observons des évolutions plus marquées, ce qui est logique comparativement à des moyennes, procédure qui lissent forcément les évolutions.

    Cependant, le contexte récessif marqué de 2009 à  rendu plus précoce la chute du dollar et a au contraire reporté la hausse de fin de première du pétrole. Celle-ci déplacée sur la deuxième année a été plus marquée qu’à l’habitude compte tenu du contexte spéculatif de ces dernières années.

     En cette année 2011, nous sommes dans la troisième année de mandat, c’est précisément au deuxième trimestre de cette année, donc d’avril à juin, que le différentiel entre dollar bas et pétrole élevé devrait être à son apogée.

      Par la suite, la reprise du dollar devrait voire réduire le différentiel…il reste cependant une inconnue sur les évolution pétrolière consécutivement aux révolutions dans le monde arabe.  

 

 

 

                                    Christian Guy -  Mars 2011

 

 

                 

            Ces prévisions sont exprimées :

-  toutes choses égales par ailleurs  (évènements non prévisibles tels les chocs pétroliers, les crises financières non pris en en compte)

-  la précision visée est semestrielle

 

 

 

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Published by Christian Guy - dans or - pétrole....
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