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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 13:48

Une nouvelle méthode de prévision boursière :

La méthode des corrélations.

 

  

          Les investisseurs boursiers, un peu à l‘instar du bon sens populaire, aiment à faire des prévisions en fonction d’une situation présente: quand les uns disent noël au balcon, pâques au tison, les autres répondront que janvier indique la tendance annuelle…..

      Quelle est la réalité du bon sens populaire ou plus exactement ici boursier, de ces accumulations d’expériences plus ou moins théorisées ?

       Peut-on vraiment à partir de l’évolution boursière d’un semestre anticiper ce qui se produira dans le suivant ?

      Notre réponse sera qu’en effet en fonction de leur situation dans la chronologie d’un mandat, certains semestres possèdent plus ou moins la capacité à prévoir des évolutions.

       Pour cela, nous découperons les mandats présidentiels américains de 4 ans en 8 semestres, nous tenterons d’établir des correspondances ou corrélations entre eux  à la lumière des 14 mandats accomplis de 1953 à 2009.

 

 

I)  Périodes de retournements et périodes de stabilités.

 

   

             Il existe clairement deux périodes de retournement boursier durant un mandat.

           Le tableau 1 présente les coefficients de corrélations entre un semestre et les suivants.

 

corel T1

 

 

          Dans la première ligne, cinquième colonne, nous observons que le coefficient de corrélation du premier semestre de la troisième année (3 A) de mandat est de -0,57 avec le semestre suivant. Les valeurs observées sont de encore de -0,35 par rapport à l’évolution dans 2 semestres (deuxième ligne) et de -0,46 par rapport à celle à l’œuvre dans 3 semestres (troisième ligne). Nous sommes donc clairement en face d’une période de retournement.

            En plus du milieu de la troisième année, il existe une autre période de retournement, certes un peu moins marquée : le début d’un nouveau mandat. En effet la 8 ème colonne qui présente les coefficients de corrélation du dernier semestre du mandat (4 B) par rapport aux évolutions à 6, 12 et 18 mois, laisse chaque fois apparaître des coefficients négatifs.

            Les retournements de milieu de 3 ème année sont particulièrement marqués lorsque la Droite est au pouvoir (tableau 2) et lors des alternances (tableau 4). Dans ces deux cas, on est alors au début du redémarrage après des débuts de mandats difficiles.

 

 

corel T 2

 

 

corel T 3

 

corel T 4

 

corel T 5

 

           S’il existe des périodes de ruptures, il en existe également de continuité. Ainsi les évolutions à l’œuvre au premier (1 A) et second (1 B) semestre du nouveau mandat sont rarement contredites les semestres suivants, pour calmer tout espoir vain, il s’agit en général de baisse…On observera cette même tendance à la prolongation mais cette fois ci de hausses, lors des débuts de reconduction (Tableau 5).

 

 

II) capacité à prédire à plusieurs semestres.

 

         Notre étude possède également une ambition, le développement de la prévision de moyen terme que nous considérons comme relativement possible à l’aide de la théorie du cycle électoral.

        Nous constatons dans nos divers tableaux que les coefficients de corrélation restent élevés à plusieurs semestres, les coefficients faibles sont épars et non dominant pour les prévisions à long terme. Ainsi  le second semestre de la troisième année (3 B) présente un coefficient de corrélation de 0, 62 pour ses prévisions à 6 semestres. Le semestre 2 A des présidents démocrate affiche des coefficients inverses de 0,40 en moyenne pour des prévisions portant jusqu’à 7 semestres. Le semestre 4 B possède des coefficients de corrélation de valeur proche de 0,90 pour des prévisions à 4 ou 5 semestres.

        Nous pourrions prolonger longtemps ce qui deviendrait une fastidieuse revue de détail. Rappelons cependant que chacun de ces tableaux est fait au minimum à l’aide de 5 mandats (prévisions pour la Gauche), il y en à 9 pour la Droite, 7 pour les alternances et autant pour les reconductions, ce qui donne tout de même une certaine significativité aux statistiques obtenues.

 

 

III) prédire et être prédit.

 

 

 

A) Capacité des semestres à prédire les suivants.

 

 

        Les capacités de prévision des semestres sont-elles équivalentes ? L’avant dernière ligne de chacun des tableaux fait état de la valeur absolue moyenne des coefficients de corrélation. Ainsi 0,29 pour la colonne 1 A signifie que le début du premier mandat possède en moyenne des coefficients de corrélations, parfois inverses, de 0,29. C’est  élevé, il y a donc quelque vérité à prétendre s’aider du début du mandat pour prévoir les évolutions futurs, voire l’ensemble du mandat à venir (tableau 6). Le record est pour 3 B qui monte à 0,30, ce semestre se distinguant rappelons-le par ses capacités à long terme. Par contre les vertus prédictives de 1 B, presque toujours orienté à la baisse, et de 4 A, souvent stagnant sont assez réduites. Globalement ainsi que nous le montre la dernière colonne, les capacités prédictives vont en se déclinant avec le temps sauf pour les prévisions à 3 ou 4 semestres aux coefficients plus élevés qu’à 2, notamment pour les démocrates ou les reconductions : on retrouve ici le cycle des affaires.

 

B) Capacité des semestres à être prédit par les semestres antérieurs.

 

 

         Après la capacité prédictive, intéressons nous à la capacité à être prédit. Nous établissons dans la dernière ligne, les coefficients de corrélations des 8 semestres antérieurs par rapport à un semestre à prévoir. Ainsi dans le tableau 1, nous constatons nous obtenons pour la colonne 4 A  un coefficient de 0,32...c’est le record de ce tableau.  Il faut dire qu’il est une fois encore peu risqué de commettre des erreurs pour un semestre ordinairement assez atone. La gauche, qui aiment à pratiquer des politiques contra cycliques et se montre plus réactive possède globalement des coefficients plus élevés et détient quelque record tant pour la capacité à prédire qu’à être prédit, on observe plusieurs coefficients dépassant les 0,40. De même, les mandats de reconduction  présente globalement des coefficients plus élevés que ceux d’alternance, mais l’opposition est moins nette qu’entre droite et gauche.

 

 

IV) Prévoir l’ensemble d’un mandat.

 

      

         Le tableau 6 nous le montre, pour des statistiques reprenant l’ensemble des mandats depuis 1949, il existe de fortes disparités entre l’aptitude des différents semestres à prévoir l’évolution des mandats. Ainsi que nous l’avions suggéré, les premiers semestres, et singulièrement le premier, constitue un bon indicateur….voilà qui incite à l’optimisme pour la mandature actuelle…nous reprendrons cela dans un prochain article.

 

 

corel T 6

 

 

V) La portée théorique de ces constats.

 

             Mandat de gauche et de reconduction se prêtent donc mieux que ceux de Droite et d’alternance à la prévision par la méthode des corrélations.   C’est heureux, car ce sont justement des mandats moins facilement prévisibles par celle de la transposition linéaire d’expériences passées (voire publication précédente).

          Sur le plan théorique, cela souligne que la Droite part d’avantage de présupposés : elle applique de façon assez systématique les politiques restrictives en début de mandat à des fins de lutte contre l‘inflation, stratégie qui est également la plus opportuniste électoralement car garantissant normalement une fin de mandat expansionniste propre à aider à la réélection. Pour la gauche, l’intervention de l’Etat dans l’économie est quelque chose de plus naturelle. Les Démocrates cherchent à stabiliser sur un sentier d’expansion l’économie en permanence, d’où des coefficients de corrélation plus significatifs, les semestres étant perpétuellement ajustés les uns par rapport aux autres.

          De même, en période de reconduction, où l’idéologie, et souvent les impératifs économiques dans un contexte de croissance fort sont moins forts, la politique cherche d’avantage à s’ajuster ou aléas ponctuels plutôt qu’à appliquer de façon doctrinaire tel ou tel programme de lutte contre l’inflation ou le chômage.

 

 

VI) La mandature de  B. Obama.

 

 

 

           La mandature de B. Obama, qui diverge dans son timing, plus que dans ses formes, des mandats conventionnels d’alternance démocrate, pourrait se prêter à notre analyse par les corrélations. Rappelons que le second semestre de la troisième année (3 B)  qui nous aidera à prévoir la période allant du  1 er juillet 2011 au 31 Décembre 2011 présente un coefficient inverse de 0,60 par rapport aux semestres précédents en tant que  mandat d’alternance, et de  -0,91 en tant que mandat de Gauche….Nous sommes donc probablement en cet été 2011 à une période d’inversion.

 

 

         Conclusion.

 

          Notre méthode des corrélation nous semble donc  particulièrement indiquée lors des mandats de reconductions, ou lorsque les démocrates son aux affaires, ces mandats reproduisant moins systématiquement les expériences précédentes.

         Elle est également propre à aider la prévision lorsque les évolutions s’écartent des évolution attendues, on peut alors espérer qu’à défaut de répéter linéairement des expériences passées, ces évolutions évolueront les unes en réaction des autres.

 

 

                   Christian Guy – juin 2011

               Docteur  en  sciences  économiques

                   Agrégé de sciences sociales

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