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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 10:01

La fiabilité à éclipse

des enquêtes de conjoncture.

 

La campagne électorale va-t-elle pas altérer la vision qu’ont les acteurs économiques de l’avenir ?

 

 

 

 

     Résumé

 

            La trop forte sensibilité des entreprises aux mouvements conjoncturels, notamment lors de l’enlisement de la relance préélectorale, en fait globalement un indicateur moins fiable que les ménages. Ces derniers voient cependant leurs prévisions perturbée par l’effet euphorisant des campagnes électorales, ce qui ne peut certes qu’agir positivement sur leur comportement.

 

 

 

       Thèse

 

       En cette période d’incertitude sur l’évolution de la conjoncture, les regards sont braqués sur les enquêtes de conjonctures auprès des ménages et des entreprises.

      Celles-ci permettent asses bien de prévoir l’évolution de la production  , le coefficient de corrélation étant de 0.60 avec l’indice de la production industrielle avancé de 6 mois.

      Cependant, notre étude tend à démontrer, au travers de l’exemple des Etats-unis de 1979 à 2011, que globalement l’enquête réalisée auprès des ménages se montre plus fiable que celle effectuée auprès des entreprises.

     C’est à l’extrémité des mandats, 1ére  et 4 éme années, que les enquêtes réalisées auprès des consommateurs se montrent les plus efficaces. Cette période est celle d’une stabilisation sur le plan économique, les entreprises sont déçues par le ralentissement de la reprise préélectorale de 3 éme année et ont tendance à sur réagir. Inversement, les ménages plus placides, sont plus proches de la réalité des évolutions….au détail près qu’ils sont sensibles à l’effet euphorisant des campagnes électorales (‘yes we can’ aux Etats-unis en 2008 ‘‘ensemble tout devient possible’ en France en 2007).

       Inversement, en milieu de mandat, période de forte fluctuation entre la chute de croissance de la seconde année et la reprise de la 3 éme, les entreprises font jeu égal avec les consommateurs dans leurs qualités prédictives .Leur tendances à sur réagir, leur meilleur degré d’information pour elles qui sont à la source de la production, en font un indicateurs assez fiable pour cette période heurtée qu’est le milieu de mandat.

 

 

 

        Démonstration

   

 

        Le document 1 nous montre les évolutions des résultats des enquêtes de conjoncture auprès des ménages et des entreprises, ainsi que l’évolution de la production industrielle avancée de 6 mois. C’est en effet pour ce degré d’avance que les cœfficients de corrélation sont les meilleurs.

 

 

 

opinion Doc 1

 

 

       Les alternances politiques dans un contexte de crise (1980-81, 2008-09) sont l’occasion d’une vive reprise de confiance qui va au-delà de la réalité de la reprise effective 6 mois plus tard. Les ménages se montrent particulièrement sensibles à l’effet euphorisant des campagnes électorales, il existe même un cas, en 1988, ou ils vont jusqu’à prévoir une reprise qui n’arrivera pas, les entreprises étant cette fois là plus réalistes.

 

 

       Le document 2 reprend ces informations, mais sous forme du solde 'opinion des ménages – opinion des entreprises'. Ce solde montre encore de façon plus manifeste l’optimisme élevé des ménages dans les périodes électorales (indiqué d’une flèche jaune) : en décembre 2008, janvier 2009, ils anticiperons une reprise qui sera beaucoup plus tardive que prévue par eux. Le pessimisme des entreprises après le pic de la reprise de 3 éme année (flèches bleues) est assez systématique.

 

 opinion D 2 vrai de vrai

 

 

      Le document 3 présente la synthèse de ces évolutions en fonction du calendrier électoral. La  courbe des ménages est supérieure à celle des entreprises jusqu’au début de la deuxième année et 3 mois avant les élections : c’est l’effet euphorisant des campagnes électorales puis l’impact de l’état de grâce post électoral (lune de miel dans la littérature anglo-saxonne).

      Il est possible qu’un plus grand optimisme des consommateurs ne soit pas sans résultat effectif sur la croissance. Inversement, il serait souhaitable de prévoir des mesures en faveur des entreprises en début de 4 éme année, période où après le pic de la reprise de 3 éme année elles sombrent dans le pessimisme.

 

 

opinion D 3

              1-1 premier mois de la première année de mandat

                     4-11 : 11 éme mois de la 4 éme année, soit le mois des élections.

 

 

      Le document 4 nous donne les coefficients de corrélation entre la production industrielle avancée de 6 mois et l’indice de confiance des chefs d’entreprises et des ménages, chaque fois en progression sur 1 an.  Globalement les enquêtes auprès des ménages présentent des coefficients de corrélation plus élevés,  cela étant encore plus vrai pour celles réalisées à l’extrémité des mandats (1 ère et 4 éme année) . Les entreprises ne font jeu égal avec les ménages que pour les prévisions en milieu de mandat.

 

 

                            corrélation sur l'ensemble des mandats

 

D 4 tout

 

 

 

                           corrélation sur les 4 ème et 1 ère années

 

opinion D4 vrai de vrai

                           

                             corrélation sur les 2 et 3 éme années

 

opinion D 4 2 et 3

 

 

 

      Le document 5 montre les erreurs de prévisions en fonction du calendrier électoral. Nous avons additionné en valeur absolue (afin que les sur et sous estimations s’additionnent au lieu de se neutraliser) les différences entre les résultats d’enquêtes de conjoncture et l’évolution de la production industrielle avancée de 6 mois. Globalement, les erreurs se situent en fin de 3 éme année et sur l’ensemble de la 4 éme, période de stabilisation. Inversement , les périodes de mouvement ( 2 éme et début de 3 éme année) , sont mieux anticipées. En quelque sorte, plus les évolutions sont marquées et plus ménages et entreprises y sont sensibles et savent les prévoir avec justesse.

 

 

 

opi D5

 

 

 

      Le document 6 présente les cycles électoraux des soldes de notre étude :

  -  le solde ‘opinion des ménages – opinion des entreprises’ (en bleu) rappelle l’optimisme plus grand des ménages dans les périodes pré et post électorales perçu dans le graphique historique (document 2).

  - le solde des valeurs absolues des erreurs  (en rouge) montre que c’est à l’extrémité des mandats que les entreprises et surtout les ménages commettent le moins d’erreurs de prévision. 

 

 

   opi doc 6-copie-1

 

 

 

        Conclusion

 

 

               Retenons de cette étude la nécéssité qu'il faudrai prévoir des mesures en faveur des entreprises en fin de relance préélectorale ( début de la 4 éme année) , ainsi que la qualité plus grande des enquêtes en milieu de mandat, lorque les évolutions sont plus heurtées.

       Tout comme on désaisonnalise des séries statistiques, il conviendrait de les ‘dépolitiser’ afin d’enlever le biais statistique qu’occasionnent les élections, notamment par le ‘sur ‘ optimisme des ménages.

 

                                      Christian Guy -  Septembre 2011

                                            Docteur en Sciences économiques

                                                                      Agrégé de sciences sociales

 

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