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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 11:43

13 crashs et reprises depuis 1929

 pour comprendre et prévoir.

 

 

 

         Résumé

 

        Les crises les plus graves, (systémique ou de fin de cycle) surviennent à l’extrémité des mandats, c'est-à-dire au début (1 ère année) ou à la fin (4 ème année). Leur sortie est plus longue, plus incertaine à prévoir, généralement à l’extrémité d’une mandature.

       Par contre, les crises qui surviennent en milieu de mandat, liées à la mise en place de politiques restrictives ou à l’épuisement d’une relance,  sont généralement d’amplitude et de durée moindre. Leurs reprises sont plus intenses et leurs dates plus faciles à prévoir, en quelques mois on a déjà rattrapé  50% des  pertes.

      Faut-il interpréter la chute de juillet août 2011 comme l’essoufflement bénin d’une relance, la reprises viendrait alors assez rapidement, ou comme une rechute de la crise systémique apparue en 2007-2008…dans ce second cas la date de la reprise est à la fois plus incertaine et son intensité sera probablement moins intense 

 

 

 

 

 

             Nous présentons une étude de 13 crashs boursiers survenus aux Etats-unis depuis 1929.

      Pourquoi 13 ? Cela permet de reprendre des crashs différents : baisse subite en une seule journée comme les 24 octobre 1929, 19 octobre 1987, ou 15 septembre 2008 ; phénomène d’érosion continue sur un mois tel en août 2011, ou sur plusieurs mois comme  en 1956, 1980 ou 2000.

      Nous privilégierons comme toujours une analyse politico économique, en interprétant les évolutions en fonction du calendrier électoral, l’objectif étant de repérer des régularités pour mieux prévoir les reprises.

      Seules les crises boursières dont la baisse en glissement annuel à excédée 12 % ont été reprises, ce qui exclus par exemple les baisses de 1949 ou 1998. Ont été également exclus de l’analyse les mouvements apparus durant la seconde guerre mondiale aux dimensions fortement militaire.

 

 

 

 

            I) les crises : les graves à l’extrémité des mandats, les faibles au coeur des mandats.

 

 

       Le graphique 1 nous montre l’évolution moyenne du dow jones industriel de 1929 à 2008 en fonction d’un mandat présidentiel américain. On observe qu’après un pic en milieu de première année, la bourse baisse sous l’impact de mesures restrictives de début de mandat, le point bas étant atteint en fin de seconde année. S’ouvre alors un période de vigoureuse reprise qui s’étend sur l’essentiel de la troisième année, on anticipe la relance préélectorale. Enfin la quatrième année est assez atone. 

 

 

                                        Graphique 1

 

 

mil crash 

 

 

         Nous avons porté sur ce graphique les points hauts de la bourse, par exemple août 1929. A coté de cette date figure l’intensité de la baisse et sa durée avant l’atteinte du point bas. Pour la crise de 1929 particulièrement intense et  longue, ce sont les chiffres  -88,76 % et 34 mois.

        Dans notre présentation, plus la durée de la crise a été longue et plus sa date a été grossie. On observe que ce sont les crises apparues au début d’un mandat (29, 73) ou en fin (80, 2000) qui possèdent les durées les plus importantes. Elles sont éloignées du point de reprise traditionnel qu’est le second semestre de la deuxième année. Elles sont par leur essence plus graves : elles marquent souvent la fin d’un cycle de croissance, de 8 ans en moyenne aux Etats-unis (69, 2000), ou une crise systémique (29, 2007-08).

      Après la durée de la crise, étudions son intensité. Les crises qui surviennent en milieu de mandat, soit les deuxièmes  et troisièmes années, sont non seulement rapides mais en plus de faible intensité.  Leur baisse entre le point haut (début de la crise) et le point bas (fin de la crise) est inférieure à 20 %. Les crises enregistrant des baisses inférieures à 20 % sont colorées en blanc, couleur concentrée sur la seconde année. Ces faibles baisses s’expliquent par le fait que ces crises sont peu éloignées du point de reprise que constitue la fin de la seconde année. Elles sont souvent la conséquence de politiques restrictives de début de mandat (46, 66, 80-81). La couleur rouge qui identifie les crises dont l’ampleur est comprise entre 20 et 30 % montre qu’elles surviennent un peu à n’importe quelle date, à l’exception de la seconde année. Quand aux crises fortes, aux baisses supérieures à 30%, identifiées par la couleur rouge, on observe le même constat que pour la durée : elles sont pour l’essentiel localisées aux extrémités des mandats.

 

 

 

 

 

          II) Les reprises : la seconde année, moment privilégié des reprises vigoureuses.

 

    

     

           Etre proche du second semestre de la seconde année garantie une reprise rapide….mais également forte, c’est ce que nous allons voire à présent.

     Le graphique suivant aborde le problème des reprises, en affichant les points bas, c’est à dire le mois précédant celui d’une reprise des cours.

 

                                      

                                            Graphique 2

 

 mil reprises

 

 

         Sous chacune des dates, après la mention de la durée séparant le point bas du précédant point bas, nous avons porté le nombre de mois nécessaires pour que 33 % de la baisse ait été rattrapés (premier chiffre), 50 % (deuxième chiffre)  et enfin 100 % (3 ème chiffre). Lorsque moins d’une année a été nécessaire pour compenser 50% de la perte, la date de la reprise est figurée en blanc. La couleur jaune est utilisée pour les reprises plus lentes (entre 1 et 2 ans pour reprendre les 50 % perdus) et la rouge figurent les reprises laborieuses (plus de 2 ans).

       La couleur blanche concentrée sur la deuxième année montre qu’une reprise qui s’amorce à cette date sera fulgurante, alors que les reprises de premières et  troisièmes années de couleur jaune seront plus poussives, quand à celle amorcée en quatrième année (1929-32), il valait mieux être patient….

        Les crises les plus graves, nées souvent à l’extrémité d’un mandat, ne trouvent leur réponse qu’à une autre extrémité. La vigueur de la reprise en est directement affectée car on rate le ‘coche’ de la seconde année.

 

 

                          Conclusion

 

 

            L’une des relations mise à jour par notre étude est celle existant entre date de la crise et  date de la reprise : les crises survenant en fin de première année ou au  début de la seconde sont généralement rapidement résorbées. Pour celles présentes aux extrémités, l’issue est plus incertaine.

       Qu’en conclure pour la crise apparue fin juillet 2011 ? Positionnée un an avant, notre optimisme serait presque sans réserve. Mais sa position en milieu de 3 ème année nous invite à exprimer une opinion plus réservée. Elle est voisine d’une crise intense mais rapidement surmontée (1987), mais aussi de la date de son propre début à l’été 2007.

          Alors, faut-il l’amalgamer aux crises bénignes de seconde année ou au contraire à celles systémiques de quatrième ? Faut-il l’interpréter comme un essoufflement assez classique d’une relance de début de mandat, essoufflement intervenant ici assez tardivement mais la reprise le fût aussi, auquel cas l’optimisme est de rigueur ?  Ou faut-il au contraire interpréter la crise de l’été 2011 comme le dernier avatar de la crise systémique entamée en 2007 – 2008, auquel cas la reprise est beaucoup incertaine, tant dans sa datation que dans son intensité.  Telle est la question….qui détermine la qualité des prévisions…

         Sur la plan théorique, l’intensité de la relation mise à jour entre la date de début de mouvement de reprise et son intensité, les reprises de secondes années étant les plus prometteuses, fait qu’il va être difficile pour certains de continuer à proclamer qu’il n’existe aucune relation entre cycle électoral et mouvements boursiers, sauf à faire preuve d’une rare mauvaise foi….et de vouloir passer à coté d’opportunités !

 

 

 

 

                                                               Christian Guy -  Août  2011

                                                                  Docteur en sciences économiques

                                                                                                       Agrégé de sciences sociales

 

 

 

                 Annexes : 13 crises boursières depuis 1929

                                   Indice 100 pour l’année 2005

 

 

mil 29

 

 mil 37

 

 

mil 46

 

 

 mil 56

  

 

mil 62

 

 

mil 66

 

 

 

mil 69

 

  mil 73

 

 mil 80

 

 

mil 87

 

 

mil 90

 

 

 

mil 2000

 

 

 

mil 2007

 

 

 

 mil 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Christian Guy - dans LES ESSENTIELS
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