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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 07:37

Statut et contrat.

 

Résumé :

Nous avons été jusqu’aux années 1980 dans une société de statut, hérité de l’histoire. Nous passons à une société du contrat et de l’instantané. Front national et front de gauche sont dans la nostalgie de l’héritage des racines pour l’un, des droits des salariés pour l’autre.

Le macronisme consacre le rapprochement entre une droite favorisée, dont les intérêts sont défendus par l’équilibre instantané du marché sans entrave étatique, et d’une gauche sociétale qui se retrouve dans l’hédonisme personnel du désir du moment le « jouir sans entrave » de 68 et dans le contrat qui se font et se défont la défense des libertés.

La souplesse d’adaptation à de nouvelles règles y gagne, mais on entre ainsi dans une société où il existe plus de liberté…mais aussi de risque…

Les deux fronts incarnent ceux qui sont nostalgiques des ces statuts hérités, le macronisme dans cet apologie d'une flexibilité fonctionnelle d'adaptation ne méconnaît-il pas cependant que le désordre ne profite que que rarement au plus faible ?

 

 

 

 

A droite, le statut hérité, la lignée, les racines, la transmission du patrimoine. Tout un héritage des générations, matériel mais également immatériel à travers le respect des traditions, de la religion hérité, des valeurs traditionnel.

A gauche, une vision également historique, mais progressiste, le fameux « il existe un sens et une fin de l’histoire », marxiste, mais également plus concrètement la défense de statuts obtenus à travers les luttes sociales. Une société bien ordonnée, non par le respect de la tradition et de la hiérarchie (respect dû aux anciens, au « pater familias », aux patrons, au responsable religieux) mais par la structuration en classes et le conflit entre prolétaire et capitaliste.

C’est peu de dire que cette société du statut et de l’histoire a volé en éclat, sous les coûts de butoirs économiques de la modalisation qui passe à la moulinette la protection sociale héritée par la mise en concurrence des salariés et des fiscalités, mais aussi des évolution technique qui permettent et sont la conséquence de nouvelles aspiration des modes de vies socio-économiques. On observe une individualisation des consommations avec la tablette personnelle plutôt que la télé des soirées familiales, une fragmentation d’un temps devenu chaotique (le micro-onde qui personnalise consommation et horaire en lieu et place du soupée collectif de 18 heures). A ces évolutions économiques, techniques, s’ajoutent les revendications hédonistes et nihilistes de 1968. S’impose ainsi, progrès indiscutable de la liberté personnelle, l’envie du moment, sans contrainte, tout comme le marché recherche l’optimum walrassien débarrassé des pesanteurs des réglementations étatiques. Nihiliste, cet état peut le devenir, car le marché instantané a-t-il un sens autre que lui-même….les projets gaulliens ou de la société sans classe sont bien morts !

Foin des racines et du sens de l’histoire, place à l’équilibre instantané du marché, mouvant et plastique à l’adaptation, flexibilité nécessaire mais transférée de la finance à la sphère réelle. Foin des pesanteurs, des traditions et des intérêts collectifs, fussent de la classe ou de la patrie, place à l’hédonisme, le fameux jouir sans entrave de 1968, place aux aspirations personnel du moment  en lieu et place des mouvements collectifs de l’histoire. Le Vide d’une part des églises et de l’autre des manifs du 1 er Mai en sont la consécration.

Si droite et gauche voient perdues leurs visions traditionnelles, centre droit et centre gauche peuvent se reconvertir, c’est ça le macronisme : synthèse du libéralisme économique de la droite et du libéralisme sociétal de la gauche, l’individu et l’instant l’emporte sur le groupe et l’histoire, la liberté et l’adaptation y gagne, le risque également.

Nous sommes dans une société où nous sommes plus libres choisir, on choisit son métier, qui ‘n’est plus directement hérité des parents, son conjoint dans un cadre autrement plus large que le village, son lieu de vie en cessant de vivre dans les villages de ces ancêtres. Mais fruit de ces adaptations permanentes, métier, mariage et lieu d’habitation en sont plus garante…plus de choix, mais plus de risque, telle est notre société.

Ces société héritées de l’histoire sont justement présentées comme des « carcans » rendant impossible des adaptations…leurs idéologies et règlements ont été  définis par et pour une période.  Le macronisme c’est aussi le chant de la flexibilité économique et sociétale, sans l’aptitude à l’adaptation une société dépérie et meurt. C’est souvent du chaos que naissent de nouvelles régulations, économiques sociales. Ensuite apparaissent des périodes de stabilité.

La société doit s’adapter aux changements dictés par les technologies. Mais de cette plongée dans la dérèglementation pour gagner en souplesse d’adaptation, un marxiste verra la capacité des puissants à dicter les nouvelles règles de leur choix, fût-ce leur absence qui leur profita tant au milieu du 19 éme et aida à la transition économique. Dans la droite traditionnelle, on considéra comme le disait Lacordaire, que « l’ordre protégé les faibles ».

S’il existe donc « une casse sociale » comme le disait le PC, un « Munich social » comme le disait Philippe Seguin, cependant  les droits des minorités progressent, l’intérêt d’ « En Marche » pour la situation des femmes, des réfugiés, n’a d’égal que son ignorance des plus pauvres. Dédain assez général, car c’est  même jusqu’au  terme de  « nouveaux pauvres » qui a fini par disparaitre de notre vocabulaire.

Les tenants de l’intérêt général regrettent cette fragmentation de la société qui risque d’entrainer la prééminence des forces centripètes sur les centrifuges. Mais c’est ainsi que marché et individu sont libres de s’adapter sans forces capables d’imposer un cadre.

 A droite, on ne peut que regretter cette société qui coupe l’homme de ses racines, lui fait perdre sa dimension spirituelle pour le transformer en consommateur et producteur vagabond. Mais son électorat le plus favorisé est heureux de voir consacrées, pour ne pas dire imposées comme horizon indépassable, les politiques libérales.

Ainsi le macronisme consacre ce passage d’une société du statut à celle du contrat, contrat de travail, de pacs…qui se lie et se délie, « la santé est précaire, l’amour est précaire, pourquoi le travail ne le serait-il pas » disait finement Laurence Parisot, responsable alors du MEDEF.

Une Droite libérale et favorisée, une gauche hédoniste défenseuse  des minorités, les bobos comme on les a trop souvent brocardés,  peuvent s’y retrouver. Un mouvement politique pour s’enraciner à besoin de reposer sur un socle sociologique certes  (la France qui gagne contre la France qui perd, des villes métropoles contre la France périphérique),  mais doit aussi reposer sur des valeurs. A cet égard avec sa recherche de l’équilibre instantané du marché et de l’individu, cadre flexible qui rend possible les adaptations, le macronisme peut durer, tant en tous cas que les composantes plus traditionnelles se réfugient dans l’abstention et que le vote protestataire par lesquelles elles peuvent être tentées ne franchisse pas certains seuils…le second tour de la présidentielle à cet égard a trop éclipsé le premier tour chez les éditorialistes... la leçon pourrait revenir en 2022, ou deux trois points de plus pour les uns, de moins pour les autres pourraient changer du tout au tout les résultats des présidentielles…tout mouvement de fond socioéconomique entraine forcément son contre poids…

Le Front national et de Gauche sont les survivances de cette France des statuts, hérités de l’histoire, avec les valeurs traditionnelles et les racines aux FN, les droits des salariés à gauche. Là encore ce passage du statut au contrat, de l’histoire à l’instantané, peuvent fournir des socles durables.

 

 

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