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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 06:51

L’Allemagne et la France, privilégiées de la BCE ?

L’Allemagne et la France, privilégiées de la BCE ?

On le sait, une des difficultés de l’Euro réside dans les déphasages de conjoncture entre les 19 pays membres.

Ainsi est-il difficile de choisir un seul taux d’intérêt qui soit pertinent pour les 19 membres aux position cycliques différentes: ainsi actuellement l’Italie est en quasi récession alors que l’Espagne connait une forte reprise, la France dans une reprise plus lente, et que l’Allemagne reste en haute conjoncture.

Alors existe-il des privilégiés parmi ces pays, c’est-à-dire des pays qui bénéficient d’une politique contra-cyclique, ou comme aux Etats-Unis on baisse les taux d’intérêt lorsque la production industrielle va faiblir, et on les augmente lorsqu’augmentant fortement elle risque de faire passer le pays en situation de surchauffe inflationniste ?

Si le problème de taux d’intérêt durablement trop élèves en zone euro a souvent été évoqués, conséquences du choix monétariste et germanique d’une inflation faible et d’une monnaie forte, on s’est plus rarement interrogé sur la manipulation conjoncturelle de ces taux.

On a certes évoqué la rigidité de la politique conjoncturelle de la BCE, étrange paradoxe d’une institution libérale, ne cessant d’appeler les pays membres à plus de flexibilité (précarité) sur le marché du travail, celle-ci devant pallier à la faible croissance du à des politiques conjoncturelle restrictives pour faire baisser le chômage. Celle-ci peut s’expliquer (s’excuser ?) en partie par la difficulté à choisir un taux pertinent pour tous.

Car s’il est certain que ces choix restrictifs ont pesé à long terme sur la croissance européenne, nous plaçant durablement sur la courbe de philipps à un niveau faible d’inflation et élevé de chômage au contraire des Etats-Unis et de la politique de la FED, constatons que conjoncturellement la BCE a assez bien agi.

C’est ce qu'à démontré le premier graphique.

L’Allemagne et la France, privilégiées de la BCE ?

La corrélation entre l’indice de la production conjoncturelle en progression sur un an et le niveau des taux d’intérêt à court terme est fortement négative d’an l’année précédente (ICT-12) : la hausse de la production industrielle a bien été impulsée par des taux faibles. Inversement un redressement de la production industrielle entraine bien 6 à 12 mois après (ICT + 6 ou ICT +12) une augmentation des taux. En matiere de maniement global des taux, la BCE, s’en tire bien, les corrélations négatives puis positives sont tout à fait semblables à celles rencontrées aux Etats-Unis pour la période allant de janvier 1999 à mai 2014.

L’Allemagne et la France, privilégiées de la BCE ?

Malheureusement, dans ce contexet de fluctuation non alignées il n’est pas possible faire plaisir à tous les pays en même temps , et certains sont choyés, notamment l’Allemagne et la France. Certes cela peut-très bien ne pas être le fait de décisions délibérées, mais le résultat par d’un effet de construction : comme il s’agit de deux nations au rythme de croissance assez bien corrélée, concourant ensemble à plus de la moitié de la production industrielle, ce centre de l’Europe voit simplement son taux de croissance être le taux de croissance de réferance de l’Europe, et donc bénéficiée de niveaux de taux d’intérêt choisi au mieux, le fameux ‘fine tunning’ vanté par les adeptes de la Policy-mix et autres stop and go du keynésianismes triomphant.

Ainsi au total la France et l’Allemagne bénéficient de corrélations quasiment négatives entre leur niveau de croissance et le taux d’intérêt à court terme.

L’Allemagne et la France, privilégiées de la BCE ?

On le constate, tous les pays n’ont pas cette chance. En quelque sorte, plus ils sont en déphasage conjoncturelle, plus leur production industrielle est faible, impactant faiblement le niveau global de croissance européen et plus ils présentent une corrélation positive entre taux d’intérêt et production industrielle, c’est-à-dire que ces pays de la périphérie, géographique et de fait dans la hiérarchie européenne, subissent plus des politiques pro-cycliques que contra-cycliques. La Grèce est la triste recordman des politiques pro-cyclique avec un coefficient global de +0.30.

L’Allemagne et la France, privilégiées de la BCE ?
L’Allemagne et la France, privilégiées de la BCE ?

En conclusion nous pouvons indiquer que de façon délibérée ou non, il existe-bien une inégalité entre les pays membres de la zone euro dans l'appétence de la politique monétaire de la BCE avec leur rythme de croissance, la France, à l'abri de l'Allemagne, tire comme souvent correctement son épingle du jeu...mais combien de temps les pays de la périphérie pourront-ils supporter des politiques pro-cycliques dont on connait les ravages notamment en Grèce...l'Europe n'est pas une ZMO, et plus que jamais des divergences croissantes tant conjoncturelle (la désynchronisation des conjonctures) , que structurelles (écart de productivité) font courir à long terme un risque mortel ) l'Euro...

C. Guy – Août 2016.

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